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Sen PR semble que cette manière d'agir diminue les chances d’exactitude en proportion de la dilution dé la liqueur. D’ailleurs, à propos de chaque procédé que nous présenterons au lecteur, nous aurons soin de montrer, aussi exactement que possible, les difficultés d'application et les reproches dont sont passibles ces différentes méthodes.
Partant d’un point de vue absolument différent du nôtre, un certain nombre d’auteurs ont mesuré non plus la capacité basique, mais au contraire la capacité acide du sang. est à ce genre d'évaluations qu’on a donné le nom d’hémo-acidimétrie. Leur étude ne rentre pas absolument dans le cadre de la présente dissertation, et cependant nous présenterons, ne fût-.ce que pour compléter nos recherches, quelques-uns de ces procédés. Nous avons longuement montré dans notre première partie ce qu’il fallait entendre par acidité du sang ; aussi bien le lecteur sait-1l que, quoique fort indépendantes l’une de l’autre, l’'alcalinité et l’acidité du sang ont un point commun, un lien qui les rend, dans une certaine proportion, connexes. Et ce point, ce lieu est l’acide carbonique.
Nous avons dit, en effet, que l’alcalinité du sang était due en partie aux carbonates et aux bicarbonates de sodium en dissolution. Mais, d'autre part, comme l'explique Schutzenberger, l'excès d’acide carbonique, des bicarbonates etle troisième atome d'hydrogène non remplacé par de la base caustique dans les phosphates disodiques dont l'acide est trivalent, créent au sang une capacité acide, un certain pouvoir de salifier ladite base caustique. Or donc, celui qui dose cette capacité acide au moyen de la soude, par exemple, obtient un renseïgnement, à coup sûr imprécis, mais néanmoins utilisable, sur la proportion exis -
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tante de bicarbonates et de phosphates disodiques ou dipotassiques qui sont précisément les éléments de l’alcalinité du sang.
Mais la grave objection de l’altération du sang au contact de l’air vient immédiatement se mettre en travers de l'application de cette méthode. Le sang aussitôt libre, l'acide carbonique peut, s’il est libre, se dégager et, de plus, les bicarbonates se dissocier. L'opérateur ne dosera plus alors que les phosphates et les acides gras que M. Berthelot a démontrés subsister en suspension dans le sérum. Ce ne sera plus alors de l’alcalimétrie indirecte, mais des recherches d’un autre ordre.
Or cette même objection de la perte facile du sang en acide carbonique est la pierre d’achoppement d’une classe de procédés alcalimétriques qui, jusqu'ici, ne sont pas entrés dans la pratique, comme nous l’avons dit plus haut ; ce sont les procédés de volumétrie gazeuse, chaudement recommandés par MM. Meyer et Raimondi particulie rement. Assurément, si la méthode était cliniquement possible, les résultats en seraient remarquablement intéressants ; mais hors du laboratoire et de l’expérimentation animale, Îes difficultés inhérentes à leur mise en pratique les feront forcément rejeter ; leurs auteurs considérant que la connaissance du titre des carbonates et phosphates alcalins est utile à avoir, en raison même de leur propriété de fixer de l’acide carbonique pour le dégager ensuite, proposent, d’une manière générale, de recevoir du sang dans un récipient, de le soumettre à l’action de la machine pneumatique, de la trompe ou de la chaleur, après précautions prises contre l’évaporation et le tout préalablement pesé; tous les gaz libres s’étant dégagés et les carbonates et
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phosphocarbonates alcalins dissociés, une seconde pesée du récipient serait faite et donnerait par différence avec la première le poids du ou des gaz libérés. |
Nous le répétons, la gazométrie ainsi comprise n’est pas applicable en clinique, il faut trop de sang ; les pesées sont choses fort délicates ; les appareils nécessaires sont compliqués et coûteux, une machine quelconque à faire de l'aspiration est indispensable, et nous ne voyons guère une trompe à mercure transportée au lit du malade,mais le point sur lequel il faut particulièrement insister est le suivant :
Si, dans ces procédés, on veut éviter les erreurs dues à la modification du sang à l'air libre, il faut de toute nécessité conduire directement ce sang de la veine dans le récipient, et, pour cela, phlébotomiser le patient et adapter une canule à son vaisseau. Tout ceci est impraticable. Et, de plus, les résultats ainsi obtenus seront forcément variables d'une veine à une autre, et seront modifiés par toutes les conditions physiologiques ou pathologiques qui font varier l’épuration respiratoire et les combustions organiques, sans que, d’une manière absolue, la quantité de sels alcalins que l’on cherche à connaître soit proportionnelle au volume de gaz extraits.
En résumé, l’hémo-acidimétrie, les procédés gazomé triques nous semblent passibles de graves reproches, et seuls restent aptes à nous donner les renseignements demandés, les méthodes d’après lesquelles on dose directement les sels alcalins dans le sang total.
Nous croyons avoir été déjà trop long dans ces considérations générales. Un mot encore sur les réactifs employés dans ces recherches et nous arriverons enfin à la description des procédés usuels.
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Ces réactifs sont de deux ordres. Les uns destinés à saturer la capacité basique ou la capacité acide du sang sont des solutions à différents titres d’acides ou d’alcalis caustiques. Ceux que nous aurons le plus souvent à rencontrer sont, comme acides : le sulfate hydrique, l'acide oxalique, l'acide tartrique qui tous déplacent l'acide carbonique de ses combinaisons ; comme solution alcaline, la soude caustique a seule été employée. D’une manière générale, ces solutions doivent être aussi exactement titrées que possible, puisque c'est d’après leur volume que sont déduits les calculs. De plus, il est convenable d’y faire entrer comme substance active des composés chimiques parfaitement définis, aussi purs que l’eau distillée qui leur sert d’excipient, et, en outre, peu altérables et complètement fixes. Les solutions d’acide tartrique, par exemple, donnent facilement lieu au développement de moisissures.
Les titres de ces solutions devront être non point déterminés simplement par une pesée, mais aussi contrôlés par un titrage volumétrique exécuté avec une grande préeision et sur une grande masse du liquide. Les erreurs dues à une mauvaise préparation de ces liqueurs acides ou alcalines seraient en effet multipliées par un coefficient d'autant plus fort que la quantité de sang employée serait plus minime, vu que les résultats sont ensuite rapportés au litre ou au kilogramme.
Quant aux réactifs colorés, comme nous l'avons rapporté au début, le tournesol est celle des matières colorantes à teinte sensible qui a été le plus souvent mise à contribution. Peut-être n’est-elle pas la plus sensible, mais la forte différence d'aspect qu’elle présente dans ses deux états acide et basique est un avantage. De plus, ses
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changements de coulenr sont aussi bien, sinon mieux visibles à l'éclairage artificiel. C'est, en outre, la plus facile à préparer, à conserver, à se procurer. Quelques Précautions sont cependant utiles à signaler dans son emploi. Et d’abord il en faut employer peu. Une trop forte coloration du liquide pourrait gêner dans l’appréciation du passage d’une teinte à une autre. D’autre part, on se sert généralement d’un tournesol amené à la teinte pourpre, état dans lequel, par une égale et minime quantité d’acide ou d’alcali, on l'amène à la modification rouge ou bleue. Mais cet état, favorable pour un essai qualitatif, nous semble cause d’erreur dans la recherche quantitative. Voici pourquoi : une masse quelconque de tournesol, pour être amenée du pourpre au rouge clair, sature une certaine quantité d'acide qui, dès lors, n’est pas employé à la neutralisation des sels basiques et est ensuite compté en trop. La réaction inverse se produit pour amener le tournesol pourpre à sa variété bleue. En fait, nous avons toujours trouvé, en opérant ainsi, des chiffres erronés, dans le sens que nous venons d'indiquer.
Mais, dira-t-on, il suffit de s’arrêter en ramenant un tournesol bleu au rouge, à la teinte pourpre. Cela serait vrai et l’erreur serait évitée si malheureusement cette teinte n’était inappréciable, du fait, particulièrement dans les recherches qui nous occupent, de la présence de l'acide carbonique qui donne une teinte vineuse au tournesol bleui. Nous proposons donc de rougir progressivement la teinture avec des additions ménagées d’acide fort, jusqu’à une teinte claire qui sera précisément celle à laquelle s'arrêtera l’expérimentateur lors du dosage.
La phtaléine du phénol a aussi été utilisée. Cette