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matière, incolore en présence des acides, même de l’acide carbonique, vire au violet par un excès de base. Une foule d’autres substances pourraient être employées comme indicateurs ; nous citerons seulement la cochenille, le bois de campêche, l’acide rosolique, solutions qui devien nent violettes par les alcalis et jaunes par les acides ; l’orangé de diméthylaniline, héliantine de Poirrier, qui vire au rouge par les acides minéraux seuls et serait par suite inutilisable avec une solution d’acide oxalique ; la phénacétoline et le violet de méthylaniline; le bleu soluble de Poirrier qui, rouge en présence des alcalis libres, devient bleu en présence des carbonates et des sels à acides faibles et pourrait, par conséquent, utilement servir dans les dosages acidimétriques où, comme nous allons le voir, on traite le sang par une quantité de soude caustique dont on dose ensuite l'excès.
Enfin, avant de terminer, je rappellerai que les chiffres exprimant l’alcalinité du sang sont, par convention, rapportés et évalués en soude caustique, quelle que soit, en réalité, la base ou le mélange de bases sur lequel on a opéré. Ceci, je le répète, est une affaire absolument de convention et il nous semblerait préférable de donner simplement la quantité d'acide saturée, que de transformer cette quantité d'acide en son équivalent d’une base qui n'entre que pour partie dans la complexe masse des sels à réaction basique.
Des procédés quantitatifs.
Lœvy et Richter, dans des études où ils cherchaient à connaître les variations de l’alcalinité par rapport au
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nombre des globules blancs du sang, ont utilisé les méthodes alcalimétriques diverses et leur mémoire rappelle qu’il y a trois sortes de procédés de mesure : l'analyse des. bases contenues dans les cendres du sang et leur évaluation en poids; la détermination de l’acide carbonique libre ; enfin, les méthodes par liqueurs titrées, acidi ou alcalimétriques.
Nous ne voulons point présenter dans un ordre semblable les différentes descriptions et les manuels opératoires de l’alcalimétrie. Nous les diviserons plutôten deux classes, savoir : |
1° Les procédés de laboratoire ;
2° Les procédés de clinique et les longues considérations dans lesquelles nous sommes entré au sujet de la différence de but, de résultats, de besoins et d'applications nous permettront, croyons- nous, de justifier cette classification.
Procédés de laboratoire.— Nous nous attacherons peu à l’étude de ces procédés qui ne répondent pas aux besoins des recherches actuelles dans l’ordre pathologique. Le plus général de ces procédés est celui qui est employé généralement pour lanalyse totale du sang. Un volume déterminé de ce liquide est recueilli, pesé, mesuré quant, à sa densité; les parties figurées en sont séparées par un procédé quelconque : centrifugation, dépôt simple et spontané dans le liquide additionné de substances capables de s’opposer à la coagulation, telles qu’extrait de sangsue, paraffinage ou vaselinage du vase, etc. La séparation étant effectuée, on mesure à nouveau par la balance ou par les
‘volumes les deux parties constituantes, puis on procède à
une analyse de chacune de ces parties ; à cet effet, l’une et
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l’autre sont évaporées à siccité, le résidu sec cs! posé ; puis, par une suite d'opérations, on y recherche les éléments constitutifs. Ainsi ont été obtenus les tableaux cités au commencement de ce travail. |
Dans un second genre d’analyse, on Jaisse à la coagulation le temps de se produire puis, de même que précédemment, on dose les éléments dans le résidu sec du coagulum et du sérum.
On peut encore détruire par incinération la masse totale du sang et, reprenant ensuite les cendres par de l’eau distillée, y rechercher les sels.
Nous reviendrons plus particulièrement sur cette méthode de dosage qui permet de substituer à un liquide extrêmement riche en matières organiques et de considérable volume une petite masse de charbon tenant dans ses. pores les matières minérales dans toute leur intégrité.
Toutes les méthodes de volumétrie gazeuse rentrent dans cette catégorie de procédés de laboratoire. Nous croyons en avoir longuement et suffisamment montré les raisons : nécessité d’une masse considérable de sang,opération délicate et impraticable sur l’homme pour extraire ce liquide, manipulations compliquées et appareil instrumental, pour ainsi dire inamovible.
M. Schutzenberger dose la capacité acide du sang dans le sérum. À cet effet, il recueille une quantité assez consi dérable de sang, le mesure, le laisse spontanément coaguler. Il en sé; a c le sérum, en pèse un volume déterminé, puis y ajoute un volume connu de solution de soude caustique à un titre préalablement déterminé et tel que la quantité d’alcali y contenue soit plus que suffisante pour n’excéder la capacité acide présumée du sérum. Il transforme
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ainsi les phosphates disodiques en trisodiques, les bicarbonates et l’acide carbonique libre en carbonates sodiques neutres, les acides gras libres et les graisses en sels gras et en savons. Il titre ensuite avec une solution connue d'acide sulfurique l’excès de liqueur sodique qu'il avait ajoutée. Dans une variante de ce procédé, il prend un volume connu de sérum, y ajoute ensuite et progressive ment une liqueur de chlorure de baryum, après avoir versé la soude caustique : les phosphates et les carbonates sont précipités sous forme de sels barytiques insolubles, de la baryte caustique mise en liberté par l’excès de soude, et cette base terreuse est ensuite, après filtration, facilement dosée par l’acide sulfurique.
En employant ce procédé, M. Schutzenberger en arrive à estimer l'acidité du sang à une valeur variant entre 34,8 et 54,4 milligrammes de NaOH pour 50 centimètres cubes de sérum.
Procédés de clinique. — Ces procédés, ou plutôt ceux présentés comme aptes à satisfaire aux besoins de la clinique sont nombreux; mais, Comme on le verra, peu sont réellement applicables on suffisamment exacts. Il en est d’ailleurs un certain nombre que leurs auteurs ont imaginés en vue de recherches particulières et qui, par conséquent, ne répondent qu’imparfaitement à certains desirata que nous avons exprimés au sujet des applications de l’hémoalcalimétrie à la pathologie.
Nous avons déjà parlé des grossières évaluations de Liebreich.
Dès 1850, Cahen opérait comme il suit : un volume connu de sérum était recueilli, additionné d’une petite quantité de tournesol, puis traité par une solution à titre
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connu d’acide phosphorique jusqu'à virage net de la teinture. Un calcul simple faisait ensuite connaître la quantité d’alcali. Ce procédé avait l'inconvénient de nécessiter une assez grosse masse de sang; il fallait, en outre, attendre la coagulation et la rétraction du caillot; nous avons, d'autre part, suffisamment insisté sur l’utilité de n’agir pas seulement sur le sérum, mais, au contraire, sur la totalité du sang. Enfin ce procédé était, sinon inexact, du moins sujet à erreur, en raison de la tri-basicité du phosphate hydrique, le virage pouvant se produire avant la transformation totale des sels à réaction alcaline en phosphates mono-sodiques.
En 1867, Züntz se servait du procédé de Cahen, mais, cherchant à le simplifier, utilisait le sang total et non seulement le sérum. Les mêmes reproches sont applicables, au moins en partie, tant à sa modification qu’au procédé original de Cahen, sans compter que le virage pouvait être masqué par la couleur propre et l’opacité du sang.
En 1874, O. Lassar, de nouveau reprend ce procédé et n’y apporte qu'une peu importante modification. Au lieu d'acide phosphorique, il se sert d’acide tartrique en solution à 7 gr. 90 pour 1000. Nous ne saurions dire si l’emploi d’acide tartrique était un progrès.
En 1878, puis en 1880, M. le professeur Lépine, puis MM. Canard et Garel titraient l’alcalinité du sang de la manière suivante : une forte piqûre était faite au doigt du patient. 1 ou 2 centimètres cubes de sang étaient mesurés, recueillis et versés dans 2 à 3 centimètres cubes d’une solution saturée de sulfate de sodium. Une solution d'a cide tartrique ou d’acide oxalique à titre connu était versée dans une pipette graduée à un cinquantième de centimètre