‹ Hémo-AlcalimétrieChapitre 13 sur 16 · AR OR · texte numérisé non relu

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cube et de là projetée dans le sang dilué. L'opération était menée lentement et, de temps à autre, une gouttelette du mélange était portée sur un papier réactif indicateur au tournesol, L’expérimentateur s’arrêtait dès que la dernière gouttelette avait rougi le tournesol.

Ce procédé était, nous semble-t-il, un énorme progrès sur ce qui s'était précédemment fait. La quantité de sang à utiliser était relativement très petite, quoiqu'encore trop grande, plus grande qu’il v’eût fallu pour le doigt du patient. Nous nous permettrons seulement de rappeler ce que nous avons dit au sujet du tournesol : ce réactif nécessite un certain exces d’acide pour virer de sa modifi cation bleue à sa variété rouge, d’où peut-être des chiffres un peu forts comme résultats. De plus, l’emploi d’une pipette graduée à un cinquantième de centimètre cube, est un léger inconvénient.

Mya et Tassinari, en 1886, n’ont pas semblé apprécier ce qui nous paraît si louable dans le procédé de M. Lépine. Ces auteurs, eu effet, ont employé leditprocédé pour ainsi dire sans autre modification que d’user de 20 à 30 centimètres cubes de liquide sanguin qu’ils mélangeaient à 10 ou 20 centimètres cubes de solution dé sulfate de soude à 1 gramme pour 10 grammes d’eau. Il$ opéraient aussi par la médiocre méthode des touches successives ‘sur papier de tournesol bieui, et, partant, peu sensible.

L'année précédente, en 1885, M. Landois avait mis en

pratique un m#modus faciendi tout différent de ceux que

nous venons de voir. Il prenait d’abord dix verres de montre d’égale grandeur, les disposait les uns à côté des autres, puis versait dans chacun d’eux une même quantité, 6 millimètres cubes, de chacune de dix solutions

108) différentes d’acide tartrique graduées en titre croissant. Les choses étant ainsi disposées, il se procurait le sang à examiner, en prenait d’abord un certain volume et le versait dans le verre de montre qui contenait la solution du plus faible titre ; il essayait la réaction du mélange sur papier de tournesol, puis recommençait cette même opé-

ration sur chacun des verres en suivant leur ordre de progression croissante jusqu’à ce qu'il fûl arrivé à un verre où la réaction du mélange füt nettement acide.

Il nous semble que l'emploi de dix verres de montre u'était pas une merveille de simplicité; mais, de plus, l'opération était longue et, croyons-nous délicate. Le sang contenu dans un récipient quelconque avait tout le temps voulu pour S’altérer et varier en valeur alcalimétrique. Nous pensons aussi qu’on ne pouvait guère, dans ce procédé, compter sur autre chose qu’une mesure de variations et non sur une évaluation quantitative véritable, en raison de la difficulté à mesurer les petits volumes.

Quoi qu’il en soit, cela n’a pas empêché MM. Peiper, en 1888; Gräber, en 1890; John Jaffries, en 1889 et Rümpf, en 1891, d'employer à nouveau ce procédé, avec quelques insignifiantes modifications de détail.

Ge qui est mieux, c’est la proposition faite en 1887 par M. von Jaksh d’un procédé par lui imaginé. Cet auteur, non content de la complication causée dans le procédé Landois par l'usage de dix solutions différentes d’acide tartrique, toutes titrées, et de dix verres de montre, surenchérit encore; il propose de faire usage de dix-huit récipients semblables {il emploie lui-même les verres de moatre de Landoïis) ; de préparer en outre dix-huit solutions progressivement graduées d’acide tartrique; de verser ensuite

dans chaque récipient 1 centimètre cube de chacune des différentes solutions; ceci fait, il projette dans chacun de ces volumes acides un même volume de sang, savoir un dixième de centimétre cube. Le mélange étant effectué, von Jaksch prend une double série de petites bandelettes de papier tournesol, les unes rouges, les autres bleues. Il en place une paire dans les différents liquides. Il se trouve alors un verre de montre où les bandelettes ont chacune conservé leur teinte. Dans tous les autres, les hbandelettes ont viré à la même teinte : les unes rouges primitivement sont devenues bleues et les bleues sont réstécs bleues dans les verres où l’acide était de concentration insuffisante. Inversement, dans les verres où la solution acide avait été en exces pour neutraliser le sang, les bandelettes rouges avaient gardé leur couleur et les bandelettes bleues avaient viré au rouge,

En définitive, von Jaksch ne fait qu'augmenter la sensibilité du procédé de Landois, mais il en augmente parallélement aussi la complication. Les mêmes reproches lui sont applicables, et nous ne pensons pas que les dix-huit verres, les dix-huit solutions et les trente-six bandelettes de papier tournesol de von Jaksch puissent entrer dans la pratique courante du laboratoire d’un service clinique.

D’autre part, ce procédé nécessite l'emploi, au minimum de 4 c.c. 8/10 de sang, c’est-à-dire 2 centimètres cubes. Ne semblerait-il pas plus rationnel et probablement plus exact de faire servir directement ces 2 centimètres cubes de sang à un seul et même dosage ? Nous croyons qu’on y gagnerait en sensibilité et, partant, en précision.

MM. Swiatecki et Hugo-Winternitz ont cependant employé le procédé de von Jaksch..

Une variante de ce genre de procédés à été employée en 1889, par MM. John Haycrafft et Willamson, et aussi par M. Drouin, en 1890. Les deux premiers auteurs usaient de papier glacé découpé en bandes longues et étroites. Chacune de ces bandes était plongée dans un bain acide de titre différent et connu.

Le papier était ensuite séché et conservé. Puis, à l'instar de von Jaksch et de Landois, on portait du sang au contact de ces bandelettes préparées. Comme dans les liquides qui avaient servi à leur préparation était entré du tournesol, les bandes étaient rouges ; un certain nombre portaient après usage uu bleuissement marqué. La bandelette de titre immédiatement supérieur à celui de la : plus acide qui ait bleui, pouvait-être considérée comme neutre et donnait le chiffre alcalimétrique.

M. Drouin opérait semblablement. La seule différence était que son papier n’était point collé, et se préparait en laissant tomber sur des carrés dudit papier des gouttes en nombre variable d’une solution d’acide oxalique unique. Le premier carré recevait une goutte, le second deux, etc., le dixième dix gouttes. La solution oxalique était préalablement additionnée de teinture indicatrice.

La manière d'opérer de MM. Drouin, John Staycraft et Williamson, si elle est un peu plus simple que celle de Jallach, n’en a pas moins les mêmes inconvénients, avec peut-être un peu de précision en moins.

M. Drouin est encore revenu sur son procédé et l'a modifié légèrement et, ce faisant, l’a rendu idendique à celui de Landois, sauf un point qui à évidemment son

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mérite, mérite de simplification. L'auteur: se procure d’abord une plaque de porcelaine, comme celle dont on se sert pour la peinture à l’aquarelle, plaques qui sont creusées d’un certain nombre de godets, quinze par exemple. Une solution d’acide oxalique contenant 2 gr. 1 pour 1000 est préparée ainsi qu'une autre de sulfate de soude à 20 pour 100. Quelques pipettes ayant été effilées et paraffinées, on en choisit deux qui donnent des gouttes de volume sensiblement égal. Le paraffinage de l'extrémité de ces instruments a pour but de donner des gouttes plus petites et se détachant plus facilement de l'extrémité capillaire qu’elles ne mouillent point et à laquelle elles n’ont, par conséquent, pas d’adhérence.

Une goutte d'acide est alors versée dans le premier godet, deux gouttes dans le second, et l’on suit cette progression jusqu’au quinzième godet. Inversement, ce dernier reçoit une goutte de la solution de sulfate de soude, le quatorzième deux gouttes, le treizième trois gouttes, jusqu'au 1% godel qui en reçoit quinze, Chaque godet contient alors seize gouttes de liquide et contient un volume de liquide sensiblement égal. Un mélange de sang et de solution de sulfate de soude à volumes égaux est alors préparé : chaque godet en recoit 50 millimètres cubes puis, à l’aide de bandelettes de papier tournesol, la réaction de chaque mélange est successivement examinée.

Le même auteur propose aussi d’additionner du sérum en quantité connue, de la phtaléine du phénol et de doser directement son alcalinité avec une solution sulfurique à

1 gramme pour 1000.

Arrivons maintenant aux procédés de M. Kraus, Cet

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expérimentateur, en 1889 et 1890 a pratiqué de l’hémoalcalimétrie. En fait d’hémo-acidimétrie, R. Maly avait déjà proposé de mêler à du sang, en volume connu, une solution de soude caustique plus que suffisante, de précipiter l’excès par du chlorure de baryum, et de titrer en-

suite l’alcali surajouté par l'acide chlorhydrique à 1/1000

en présence de tournesol ou de phano-phtaléine. L'emploi de l’acide chlorhydrique, en raison de sa volatilité, n’était peut-être pas supérieur à celui d’un autre acide, si ce n’est qu’il n’amenait point de précipité supplémentaire en agis-

sant sur la baryte.

M. Kraus a agi tout différemment. Ses procédés, de facon générale, quoique présentés comme aptes à la clininique, nous semblent bien compliqués. Get auteur, pour mesurer l’hémo-acidité, propose de prendre 10 à 15 grammes de sang, de le mélanger avec quatre fois son poids d’alcool saturé d’acétate de potasse.

Ge réactif précipite toutes les matières albuminoïdes. Une filtration suffit à les éliminer.On mesure alors 20 centimètres cubes du filtratum, que l’on additionne d’un excès connu d’eau de baryte à saturation. La base surabondante est dosée alors avec de l’acide chlorhydrique en présence de phtaléine.

Quant à l’alcalinité, M. Kraus offre deux méthodes de dosage; le premier consiste en ceci : du sang et une solution de sulfate d’ammoniaque sont mélangés, puis soumis à la filtration; le liquide filtré est alors mesuré, puis dosé en présence du tournesol ou d’une matière colorante dérivée de la résorcine, que les Allemands nomment Lackmoid. Le second procédé ne comporte de modification qu’au premier temps opératoire, dans lequel le sang est addi-

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