‹ Hémoptysties ArthritiquesChapitre 5 sur 21 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

Avant de commencer l'étude d'une des manifestations viscérales de l'arthritisme, 1l nous a semblé qu'il y avait lieu de passer rapidement en revue l'histoire de ces manifestations en général.

Si les complications viscérales du rhumatisme ou de la goutte sont connues depuis longtemps, il n'en est pas de méme, des accidents produits par la diathèse arthritique en dehors de toute attaque aiguë de goutte où de rhumatisme.

Entrainés, et avec raison, par l'opinion de Baïllou (1560- 1566) qui, le premier sépara le rhumatisme ct la goutte de ce chaos d’affections très diverses qu'on avaient réunies sous

l'épithète d'arthritis, les auteurs Sydenham, Bæœrhave et son commentateur Van-Swieten, parlent bien des localisations pulmonaires, mais tous n'étu lient ces cas que comme une complication de l'attaque rhumatismale. Après eux, Stork (1), Musgrave (2), Chomel (3) et même des auteurs plus modernes, tels que Bouillaud (4), Trousseau (5), ne font que dire en passant, que le rhumatisme peut débuter par les viscères.

Enfin, nous sommes plus heureux avec les auteurs qui ne se sont pas spécialement occupés du rhumatisme.

Vulpian (6), en parlant des pneumonies secondaires, dit que la pneumonie peut se déclarer sans être précédée par une affection des jointures ; mais il a soin d'ajouter que, pour faire le diagnostic, il faut qu'il y ait eu d'autres accidents rhumatismaux auparavant. |

Il est une phrase, dans l'article de M. Besnier (7) sur le rhumatisme, qui se rapporte au sujet que nous traitons et que nous devons citer :

« On peut voir aussi manifestement des pneumonies congestives, ne différant pas nettement de la pneumonie franche, et dont la nature rhumatismale peut être déduite de la rapidité de l’évolution ; mais il est évident que la réalité de cette origine, ne peut être démontrée que dans des cas d’alternance, de coïncidence, de succession avec d'autres manifestations définies et incontestables.

(1) Srork. —- Amsi med. secundi, 1759.

(2: MusGraAvE. — De arthritide anomala sive interna. (8) CHOMEL. — Thèse de Paris, 1814.

(4) BouiLLauD..— Traité du rhumatisme, 1819.

(5) TRrouSsSEAU. — Cliniques médicales.

16) VuLPIAN. — Agrégation, 1860.

(7) BESNIER. — Dictionnaire Dechambre. Ait, rhumatisme,

» Toutefois, la récidive répétée de ces pneumonies chez un sujet à hérédité arthritique, rend leur nature extrêmement vraisemblable, alors même qu'il n'y a pas eu RATS détermination positive. »

D’autres auteurs, Woillez, Andral, émeltent la même opinion, et dès lors on est obligé d'admettre que le rhumatisme et la goutte, ou mieux que l’arthrisme peut débuter par le poumon et s'en tenir même à cette manifestation.

Nous devons une mention spéciale au docteur Fuller (1) qui donne, dans ces quelques mots, un résumé des idées alors admises :

« Des cas se rencontrent assez fréquemment, dans lesquels il n'y a pas de rhumatisme extérieur, et dans lesquels cepen: dant toute la suite des symptômes permet de rapporter, sans aucun doute, la maladie au poison rhumatismal. De même que l'affection cardiaque peut être la première et parfois la seule manifestation du rhumatisme, de même je suis persuadé, que la bronchite, la pleurésie, la PRENONS peuvent le faire. »

Mais il faut en arriver à une époque très Re de la nôtre, pour entendre parler des hémoptysies arthritiques.

En effet, il n'y a pas longtemps encore pour tous les médecins, et aujourd'hui même pour beaucoup d’entre eux, touté hémoptysie survenant sans fièvre, avec quelques signes stéthoscopiques localisés au sommet du poumon, était due à Ia tuberculose pulmonaire et devait amener dans un temps plus ou moins long une terminaison fatale. Trousseau a été le premier à réagir contre cet espèce de fatalisme qui pesait sur l'hémorrhagie broncho-pulmonaire depuis les affirmations

(1) Fuzzer. — On rheumatism.

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