‹ Hémorragie de l'orbite: par contre-coupChapitre 24 sur 30 · E — DE · texte numérisé non relu

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vale qui fait défaut, ceux que nous avons décrits pour l’'épanchement sanguin rétro-bulbaire. On ne pourrait d'ailleurs établir un autre diagnostic pour expliquer la raison d'un pareil exorbitisme.

Le diagnostic est beaucoup plus complexe si l’on veut expliquer la cause de l'hémorragie, car-si en raison de l'état même du malade qui pendant toute la durée de son séjour à l'hôpital, n’a cessé de se lever, de marcher, n'a éprouvé aucun vertige, aucune défaillance, on ne peut songer à une fracture du crâne (M. Rollet), comment expliquer l'arrêt du sang dans sa marche de la profondeur à la surface, et la disparition des perceptions auditives. Pour nous, nous pensons quil serait nécessaire de faire un examen plus complet de l'oreille du malade et de son acuité auditive pour connaître la cause véritable de sa surdité, pour que nous puissions considérer avec certitude l'exorbitisme comme lié à une hémorragie rétro-oculaire par contre-coup, bridée à la région postérieure de l'orbite par des tractus aponévrotiques de la capsule de Ténon plus résistants que l’on ne les rencontre ordinairement. Le sang se serait coagulé sur place avant d’avoir pu imbiber les éléments de l'obstacle qui le retenait en arrière du bulbe oculaire, explication suffisante pour expliquer l'absence de l’hémorragie à la surface de la conjonctive.

Les ecchymoses palpébrales qui sont sans importance dans les coups portés directement sur la zone oculaire sont ici importantes. A la suite d'une chute, d’un coup porté sur le crâne elles peuvent être révé-

latrices d'épanchements intra-orbitaires. Il ne s'agit pas dans ces cas de ces hématomes volumineux que l’on observe chez les boxeurs. Dans ces cas la collection sanguine se produit immédiatement après le traumatisme et l'œil se trouve caché derrière les bourrelets violacés formés par l’œil contusionné.

Dans le cas qui nous intéresse, l’ecchÿmose se produit secondairement, les paupières n'ont pas été contusionnées par le traumatisme, le sang qui sy infiltre ne provient pas des vaisseaux des paupières déchirés sous l’influence d’un choc mais il a gagné de proche en proche. C'est en gagnant progressivement les tissus d’arrière en avant quil s'est injecté sous la conjonctive et de là dans la paupière en doublant les culs-de-sac conjonctivaux.

Friedberg, en 1864 (Wirchow Arch. f. path. Anat.; t. XXX, p. 370) a fait de nombreuses expériences à ce sujet, il accorde pour la production des ecchymoses une certaine importance à la disposition du releveur de la paupière supérieure et aux faisceaux de ce muscle. |

À côté de ces symptômes importants se placent quelques signes accessoires. La palpation du globe de l’œil montre l’irréductibilité de la saillie formée par la projection de l'organe visuel et la main qui palpe peut recevoir l'impression d'une masse molle dans le fond de l'orbite.

La douleur dépend plutôt de l'emplacement de l’hématome que de son volume; cependant, quand l’hématome devient excessif, s’il se reproduit à plusieurs reprises comme dans l’observation de Fischer

(Lehrb. d. Gesammit ; etc., Prague, 1845), la douleur peut devenir assez intense pour nécessiter une intervention.

Les signes oculaires fournis par les hématomes orbitaires ont été peu étudiés par les auteurs. Les observations connues d'hématomes par contre-coup sont muettes sur ce sujet. L'étude histologique du nerf optique n'a pas été faite; l'examen ophtalmoscopique a été rarement pratiqué.

On a noté du côté des pupilles de la mydriase.

La diplopie qui a été observée quelquefois est manifestement liée à la déviation du globe qui est repoussé par l'hématome. Ce ne sont plus des points identiques de la rétine qui sont impressionnés et le malade perçoit une double image. L'image fausse ayant une position qui dépend de la direction dans laquelle l'œil est dévié. La réduction du pouvoir accommodatif a été observée.

Enfin, des changements dans les conditions de réfraction de l’œil sont la conséquence des déplacements que l’organe visuel doit supporter.

Plusieurs observations consignent l'apparition d’une cécité partielle ou absolue définitive dans une hémorragie spontanée par atrophie de la papille (de Weckv), temporaire dans un cas de Panas.

Pagenstecher (Arch. f. Augenheilk., XII, p. 143) publie une observation dans laquelle on suit en quelque sorte pas à pas la compression des vaisseaux rétiniens entraînant une teinte porcelainée de la rétine, qui se dissipa par le rétablissement de la

circulation,

RTE

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