C. NATURE DES LÉSIONS
Le type du projectile et sa manière d'agir ne peuvent, en aucune sorte, faire présager la nature de la lésion. Cependant, dans presque tous les cas, cette lésion prédomine dans les régions correspondantes au pôle de l’œil le plus proche du traumatisme.
Sous l'influence des tiraillementsconsidérables causés par l’'ébranlement général, les tissus délicats de la choroïde sont dilacérés plus ou moins. À un premier degré, les capillaires se rompent, le sang s’épand à travers les mailles connectives distendues. Si le choc est plus violent, il se produit, non plus une rupture capillaire, mais une rupture totale accompagnée aussi d’hémorragie, laissant cette fois une cicatrice indélébile. « La choroïde distendue et peu extensible, dit Fage!, en raison des vaisseaux qui la relient à la sclérotique, se déchire dans un sens perpendiculaire à celui de la traction. »
La rétine se décolle, se déchire parfois ; ses éléments cellulaires sont plus ou moins contusionnés et ses vais-
! D' Facr, d'Amiens, les Ruptures de la choroïde {Société française d'Ophtalmologie, mai 1897).
seaux donnent aussi lieu à des hémorragies. Il arrive que certaines de ces hémorragies franchissant les membranes internes produisent un épanchement dans le vitré. Ce fait suffit parfois à désorganiser complètement les milieux. Mais il ne s'agit souvent que d’un phénomène passager : la résorption sanguine permet bientôt l'examen du fond.