‹ Hémorragies utérines et fibrome utérin: Quelques considérations pathogéniques et thérapeutiquesChapitre 18 sur 22 · QUE SE PASSE-T-IL LORS DES =: ÉMORRAGIES DANS L'ENDOMÉ · texte numérisé non relu

QUE SE PASSE-T-IL LORS DES =: ÉMORRAGIES DANS L'ENDOMÉ

TROSE HYPERTROPHIQUE SIMPLE OÙ KYSTIQUE ?

Il est des cas où la muqueuse utérine subit la double action de la folliculine puis de la progestérone. Celle-ci est discrète, atténuée, mas existe avant que n’apparaisse l'hémorragie.

Dans d’autres cas l’examen de la muqueuse ne montre aucune trace de période sécrétoire, d’action lutéinique; pas de glycogène, pas de cellules imprégnées par la coloration au carmin. Et cependant l’hémorragie survient dans ces cas à la date périodique approximative des règles. Ce fait n’est pas susceptible de se produire une fois par hasard maïs, au contraire, on peut décrire une forme avec pseudo-menstruation rythmée et cyclique.

L'existence de pseudo-menstruation amène à une première constatation, c'est que l’existence d’hémorragies même rythmées, pseudo-menstruelles, n’implique pas une évolution locale de la muqueuse en ces deux stades folliculiniques lutéiniques. L’hémorragie, de façon générale, nest pas due à l’état de la muqueuse. Mais serait sous la dépendance d’un facteur... hypophysaire encore imprécisé, agissant directement sur les vaisseaux de façon rythmée et synchrome ces autres facteurs hypophysaires qui président au cycle muqueux et œstral normal.

Dans le cadre plus étroit de l’endométrose hypertrophique on doit considérer l’hyperplasie de la muqueuse, non comme la cause des hémorragies utérines, mais comme un signe de l’hyperfolliculinie, au même titre que les hémorragies.

Déjà, FORGUE, en 1912, alors que l’on ignorait l’origine de ce que l’on appelait l’endométrie hémorragique, disait:

« L'association hyperplasie et hémorragie est fréquente, mais non constante. Il y a souvent hémorragie sans hyperplasie, il y a aussi hyperplasie sans hémorragie. » Il n’y aurait pas relation de cause à effet, mais deux états plus ou moins indépendants provenant d’une cause commune.

Et cette cause commune, à notre avis, est l’hyperfolliculinie.

Certes, on ignore le mécanisme intime de ces hémorragies comme on ignore celui des menstruations normales. Peut-être ici s'agit-il d’un facteur hypophysaire agissant sur les vaisseaux. Mais, en fait, il n’y a aucune relation étiologique entre l'hyperplasie elle-même et l’hémorragie.

D’autres arguments viennent à l’appui.

“Observ. — Deux jeunes malades, entre 28 et 30 ans, phésentaient des ménorragies abondantes et furent opérées, il y a 5 ans. L'opération consista en une résection de l'utérus (muscle, muqueuse); ia muqueuse était épaisse, à type d’endométrite végétante; malgré cette intervention, les hémorragies ne diminuèrent que de façon tout à fait transitoire et reparurent peu à peu de plus en plus abondantes. | Au cours du traitement hormonal, les signes fonctionnels, les hémorragies en particulier, cessent facilement, alors que le taux de la folliculine se modifie plus lentement (TURPAULT), alors que la muqueuse reste plus longtemps inchangée. | | A l'opposé, il est des cas sans hyperplasie, où le traite-

ment amène la cessation des hémorragies. Ceci nous

prouve encore la dissociation qu’il y a entre hyperplasie

et hémorragie par hyperfolliculinie.

Avant de terminer ce chapitre, ne peut-on pas soutenir que la même cause hormonale, l’hyperfolliculinie, déterminant l’endométrose d’une part, l’hémorragie, d’autre part. détermine aussi l'apparition et l’existence du fibrome. L’hyperfolliculinie entraînant tantôt l’hyperplasie seule, tantôt le fibrome seul, tantôt l’hémorragie ou,

d’autres fois, ces trois signes associés.

Nous ne pouvons nous retenir de citer les 44 observations de WITHERSPOON. Ces femmes venaient consulter pour ménorragie ou dysménorrhée, ne présentaient aucun fibrome, l’examen biopsique de la muqueuse montrait l’hyperplasie de l’endomètre. Après un intervalle de cinq ans en moyenne, ces femmes vinrent à nouveau consulter pour hémorragie. Toutes présentaient, outre l’hyperplasie de la muqueuse, des fibromes utérins typiques. Cela n'est-il pas en faveur du rôle de l’hyperfolliculinie comme cause du fibrome utérin.

Mais, n’allons pas plus avant dans cette discussion, et bornons-nous à conclure que les hémorragies en cäs de fibrome utérin, si l’on excepte les facteurs généraux hémogénie, hypertension, relèvent essentiellement d’hyperfolliculinie. Dès lors, toute la question du traitement des hémorragies chez les femmes dont l'utérus est le siège &u fibrome est à reprendre. La révision des conclusions classiques s’impose et la notion qui a pour base cet aphorisme que « tout fibrome qui saigne doit être opéré » est devenue caduque. C’est ce que nous allons exposer dans le chapitre suivant.

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