DE LA CHAMBRE SYNDICALE DE LA B. J. O
Mesdames, Messieurs,
La corporation des Joailliers et Orfèvres de Paris perd aujourd'hui l'un de ses membres les plus éminents.
Sous le coup de l'émotion intense soulevée par ce douloureux événement, et persuadé d'être le fidèle interprète de la pensée de tous, j'ai tenu à manifester nos sentiments de vive condoléance à la famille de notre cher et regretté confrère.
Son nom restera parmi nous comme celui d'un travailleur infatigable, d'une intelligence ouverte à tous les progrès de son métier.
Associé dès la première heure aux travaux de celui qu'il qualifiait si affectueusement d'oncle bien-aimé, Charles Christofle, il a concouru à l'épanouissement de cette maison qui représente si pleinement nos industries parisiennes, en France et dans le monde entier.
Dans toutes les branches de la direction, son action personnelle se faisait sentir; aucune œuvre ne lui paraissait parfaite : c'est avec la conscience du véritable artiste qu'il perfectionnait sans cesse, s'entourant des collaborateurs les plus précieux et obtenant d'eux, non seulement leur concours intellectuel, mais grâce à des qualités enviables, un travail en commun où les cœurs s'unissaient.
Si l'ambition de l'homme est de laisser une trace de son passage sur cette terre, une œuvre qui subsiste après lui, Henri Bouilhet a pu, en fermant pour la dernière fois les yeux, avoir la vision d'une vie noblement remplie!
D'ailleurs, il se survit à lui-même! Comment, en effet, pourrait-on oublier ses travaux sur l'orfèvrerie française, en particulier son magnifique livre sur les xviu"^ et xix' siècles, qui restera pour tous un si précieux enseignement?
Henri Bouilhet prendra place dans la postérité auprès de ceux qui se sont illustrés dans nos arts, et l'on se souviendra de lui comme d'un homme éminent, dont les qualités de cœur égalaient celles de l'esprit!
DISCOURS
DE