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Il n'y a pas jusqu'à un ecclésiastique boiteux qu'on lui a représenté comme rôdant autour de La Rochelle, piêt à s'embarquer pour la Nouvelle-France, qui ne lui donne terriblement de l'inquiétude. Ecrivant de nouveau à Mgr de Laval :
■ L'on m'a dit avoir vu passer un ecclésiastique boiteux qui allait en grande diligence à La Rochelle pour s'embarquer pour le Canada. Je n'en ai pas appris davantage, je ne sais ce que c'est que cet ecclésiastique ; mais je vous demande en grâce de le laisser à La Rochelle, à moins que vous ne vissiez en lui tant de grâces que vous jugiez que ce fût un véritable gain pour le Canada.»
L'église cathédrale fut allongée de nouveau en 1697, du côté du portail, en avant des tours : M. Le Pailleur, notaire royal, originaire de Saint-Eustache de Paris, avait été nommé par la fabrique deux ans auparavant « pour recouvrer toutes les vieilles dettes. »
Charlevoix, qui vit la cathédrale de Québec ainsi agrandie (1), en fait une description qui ne la recommande guère à notre admiration :
que n'aurait-il pas écrit s'il l'eût vue dans les dimensions exiguës de sa construction première ?
(1) Il était à Québec de 1705 à 1709.
« La cathédrale, dit-il, ne ferait pas une belle paroisse dans un des plus petits bourgs de France ; jugez si elle mérite d'être le siège du seul évêché qui soit dans tout l'empire français de l'Amérique, beaucoup plus étendu que n'a jamais été celui des Romains. Son architecture, son chœur, son grand autel, ses chapelles sentent tout à fait l'édifice de campagne. Ce qu'elle a de plus passable, est une tour fort haute, solidement bâtie, et qui de loin a quelque apparence. »
Les chanoines du chapitre de Québec auraient bien voulu qu'il y eût une cathédrale distincte de l'église paroissiale : « Il n'y a point à Québec d'église cathédrale, disaient-ils dans un mémoire adressé à la cour. L'on se sert de la paroisse, qui est trop petite, et qui menace ruine. »
Ils avaient conçu tout un projet de loterie pour se procurer des fonds, et demandé à M.
de Léry de leur préparer un plan. Celui-ci écrivant au ministre le 29 octobre 1725 :
« Les messieurs du chapitre de Québec, ditil, m'ont assuré qu'ils travaillaient en France pour obtenir de Sa Majesté une loterie, comme on a fait pour la paroisse de Saint-Sulpice à Paris, pour que le revenant bon fût employé à la construction d'une cathédrale à Québec. Ils
m'ont demandé un dessin pour cet édifice. J'ai fait un plan avec toutes les élévations et profils, et j'y ai joint un Mémoire. J'ai l'honneur de vous les envoyer.»
Mais ni l'évêque, ni le gouverneur, ni l'intendant, ni les citoyens ue demandaient la construction de cette cathédrale distincte de l'église paroissiale : le chapitre seul paraissait en avoir besoin pour y avoir ses coudées franches. Le projet fut abandonné.
De l'église primitive de 1647, celle qui existait du temps de M. de Bernières, il n'y a aujourd'hui que les fondations des lourds piliers de la nef. Tout le reste date de 1 745, époque où l'église fut rebâtie sous Mgr de Pontbriand, qui déploya pour ces travaux une activité et une générosité vraiment admirables.
M. de Léry, écrivant au ministre le 28 octobre 1748 : « La cathédrale, qui sert de paroisse, dit-il, sera finie au 15 du mois prochain. Elle est deux tiers plus grande que l'ancienne. On a trouvé une inscription dans les fondements : il y avait quatre vingt seiee ans qu'elle était faite. C'était M. de Montmagny qui était gouverneur dans ce temps. Elle est faite comme sont celles de France, avec nef, bascôtés et tribunes. Elle est fort claire, y ayant trente-six grandes croisées ...»
Pendant le siège de la ville en 1759, toute la partie en bois fut incendiée, et les murs furent endommagés par les boulets et les obus (1) ; mais elle fut réparée sur les mêmes plans que précédemment (2).
[1] ''Knox's Historical Journal," t i, p. 333. [2] Mss de l'abbé Beaudet.