LES MARGUILUERS, DU TEMPS DE M. DE
Reddition de comptes de la fabrique, de 1667 à 1689.— Frontenac nommé m argn illier d'honneur. — Ses difficultés avec M. de Bernières sur la préséance des marguilliers.
Charles Aubert de la Chênaie, «adjudicataire du droit sur les pelleteries et de la ferme de Tadoussac (i), » rendit ses comptes, dans un ordre parfait, le 25 mars 1670, pour l'année 1666-1667 où il avait été marguillier en charge. A cette époque, l'année d'office des marguilliers commençait avec l'année ecclésiastique, à V Avent : ils étaient élus vers la fin de novembre.
Voici les marguilliers qui, à la suite de M.
de la Chênaie, rendent leurs comptes sous la présidence de M. de Bernières :
Louis Rouer de Villeray, marguillier en charge pour l'année 1667-68, rend ses comptes le 2 janvier 1671 ; Bertrand Chenay de la
(1) La ferme de Tadoussac lui avait été adjugée à l'enchère par le Conseil le 23 octobre 1663 pour trois ans, à raison de 46,500 livres par année. "Jugements du Conseil Souverain," t. 1, p. 39.
Garenne (1668-1669) rend ses comptes le 27 mars 1672 ; Romain Becquet, notaire royal, rend « à Québec, en l'hôtel de Monseigneur, » le 27 mars 1672, les comptes de 1669-1670; Claude Charon (16701671) rend ses comptes en octobre 1672 ; Noël Pinguet (1671-1672) rend ses comptes « en l'hôtel de Mgr de Pétrée b le 1er novembre 1672 (1) ; Charles Bazire, « agent général de MM. de la Compagnie Royale des Indes-Occidentales, » marguillier en charge pour 1672-1673, rend ses comptes le 27 mars 1674 (2) ; Nicolas Dupont, «écuyer, sieur de Neuville, Conseiller du Roy au Conseil Souverain,» rend ses comptes (1673-1674) «en la salle du séminaire» le 10 août 1675; Jean Juchereau de la Ferté (1674-1675) rend ses comptes «en la salle du séminaire» le 15 mars 1676 ; Philippe Gauthier, écuyer, sieur de Comporté, rend ses comptes (1675-1676) «en la salle du séminaire» le 6 mars 1678; François Hazeur, marchand de Québec, rend le 10 avril 1681, les comptes de deux années : 1676- 1677 et 1677-1678 ; Charles Roger des Colombiers (1678-1679) rend ses comptes le 3 août
(1) Quatre marguilliers rendent leurs comptes en 1672, M. de Bernières, curé de Québec, les ayant avertis de son départ pour la France dans le cours de l'automne,
(2) Après le retour de France de M. de Bernières dans l'automne de 1673.
1682 ; Pierre Duquet, remplaçant Louis Jolliet, rend ses comptes de 1679-1680 « en la salle de la dite fabrique» le 19 mars 1684; Pierre Duquet (1 680-1 681) rend ses comptes le 4 avril 1684 ; Vincent Poirier (1681-1682), le 28 janvier 1685 ; Simon Mars (1 682-1 683), le 30 novembre 1685 ; Pierre Nolan (1683-1684), le 23 décembre 1685 ; Jean de Mosny (1684- 1685), I e 3 1 mars 1686; Timothée Roussel, 1 685-1 686, rend ses comptes le 30 janvier 1689 «en l'hôtel de Mgr l'Evêque;» Lucian Boutteville, 1686-1687, rend ses comptes le 17 mars 1689, «en la salle du Palais archiépiscopal, Mgr l'Evêque (Saint- Vallier) présent. »
M. de Bernières avait cessé d'être curé de Québec au printemps de 1687 : la dernière reddition de comptes à laquelle il assiste est celle de M. Roussel ; il signe avec le nouveau curé, M. Dupré.
M. Roussel et son prédécesseur Jean de Mosny étaient tous deux médecins-chirurgiens, le premier,de l'évêché de Montpellier,le second, de Grande, évêché de Lisieux. M. de Mosny demeurait rue Saut-au-Matelot : M. Roussel était domicilié à la haute ville ; il était chirurgien de l'Hôtel-Dieu, et beau-père du notaire Cham ballon.
La présence de l'évêque aux assemblées pour
la reddition des comptes de la fabrique est mentionnée pour la première fois à la reddition des comptes de M. Boutteville, riche marchand de la rue Sainte-Anne, qui eut un fils prêtre au séminaire de Québec, et une fille religieuse aux Ursulines: tous deux étaient nés à Paris, sur la paroisse de « Saint-Germain le Vieux.» I^eur père fit un jour une donation de deux mille livres aux Ursulines, « pour avoir part aux mérites et bonnes œuvres des dites Religieuses, et contribuer par ce moyen à soutenir le zèle qu'elles ont pour l'instruction des jeunes filles de ce pays.»
Mgr de Saint- Vallier, qui avait commencé à assister aux redditions de comptes des înarguilliers, devait inaugurer bientôt un autre usage, celui d'inviter le gouverneur lui-même aux assemblées de fabrique. Voici en effet ce qu'on lit dans le livre des délibérations de la fabrique de Québec, à la date du 3 mai 1693, sous le titre Election de Mgr le comte de Frontenac, marguillier d ^honneur :
• Mgr VEvêque a représenté à la Compagnie qu'elle avait besoin de soutien et de protection, et qu'étant nécessaire d'ailleurs de mettre les choses sur le même pied qu'elles sont en France, il croyait devoir faire remarquer qu'il n'y avait point de moyen plus sûr que de
songei à donner à l'église un marguillier d'honneur ; qu'entre ceux sur qui on pourrait jeter les yeux il serait à souhaiter que M. le comte de Frontenac voulût faire cet honneur à la Compagnie et ce bien à l'église. Cette proposition ayant été agréablement reçue de tout le monde, on a prié Monseigneur d'en vouloir parler lui-même à M. le comce pour l'y disposer. M. le curé l'y accompagnera, et on a nommé d'ailleurs cinq ou six des principaux marguilliers tant anciens que nouveaux pour lui en aller faire la prière au nom de toute la Compagnie.
« M. le comte de Frontenac ayant voulu faire Thonneur à la Compagnie de se rendre à la prière qu'elle lui a faite, il est venu le troisième jour de may à l'assemblée, où Mgr l'Evêque l'ayant remercié au nom de tous les marguilliers, il a bien voulu lui-même assurer la Compagnie et les particuliers qui la composent des dispositions où il est de la protéger et de la favoriser dans les occasions qui pourront se rencontrer.»
Frontenac fut d'autant plus flatté de se voir offrir le titre de marguillier d'honneur par Mgr de Saint- Vallier luî-même, que cette démarche de l'évêque était en opposition avec les sentiments de son prédécesseur : Mgr de Laval,.
voulant avant tout protéger l'indépendance et la liberté des fabriciens, avait décidé, dans les commencements de son épiscopat, que le gouverneur, en sa qualité de gouverneur, n'était ni marguillier d'office, ni marguillier honoraire ; que M. d' Ailleboust, autrefois, avait été ^lu marguillier honoraire, mais « pour le temps seulement de son gouvernement ; » que le titre n'avait pas été continué à ses successeurs, et que par conséquent M. d'Argenson n'avait pas droit d'assister, comme il faisait, aux assemblées de. fabrique (2).
Qui ne songerait, en voyant les marguilliers de Québec introduire Frontenac dans leurs affaires, à la fable Les grenouilles qui demandent un roi, et à cette autre, Le Jardinier et son Seigneur ?
11 De recourir aux rois vous seriez de grands fous ; Il ne les faut jamais engager dans vos guerres, Ni les faire entrer sur vos terres. "
Mgr de Saint- Vallier,dans les premiers temps, « était étroitement uni » à Frontenac : ce qui explique la politesse qu'il venait de lui faire. Mais l'amitié entre les deux personnages ne dura pas longtemps ; et « du depuis, écrit M. de Champigny, leur division est venue à un
(1) Archives paroissiales de Notre-Dame de Québec, Voir M Vie de Mgr de Laval," t. i, p, 217.
point qui me fait croire avec beaucoup de fon- -dement que le remède ne s'en peut trouver ■que dans l'autorité de Sa Majesté. »
Quatre ans plus tard, le pieux prélat qui avait fait au gouverneur la gracieuseté de le nommer marguillier honoraire, était obligé de se rendre au Conseil Souverain pour se défendre contre ses attaques : il apportait, dît le récit officiel, un écrit « contenant sept pages, les six premières paraphées an bas, et la dernière signée de lui, lequel écrit a pour titre : Réponse que fait PEvêque de Québec aux dires et écrits de M.' le comte de Fronte" nac (i).»
L'affaire fut renvoyée à la cour ; et le ministre écrivit au gouverneur de la part du roi :
* Dans les affaires du temporel, dans lesquelles les ecclésiastiques se trouvent mêlés, vous ne devez point faire de difficulté de leur parler en particulier avant que d'employer l'autorité contre leurs entreprises, s'ils en faisaient ; sans jamais vous mêler des affaires purement ecclésiastiques, si ce n'est par de simples remontrances de charité, et avec la discrétion convenable. »
Pour ce qui est de son titre de marguillier d'honneur, Frontenac tint sa promesse à l'égard
(i) Jugements du Conseil Souverain, t. ni, p. 918.
de la fabrique, et se montra le protecteur des intérêts de l'église. Il assistait régulièrement aux assemblées de fabrique, et signait les délibérations à la suite de l'évêque, mais avant le curé. Une de ces assemblées eut lieu, le 4 janvier 1697, tau château de cette ville, en la chambre de Mgr le comte de Frontenac, gouverneur et lieutenant-général pour Sa Majesté en ce pays ci, marguillier d'honneur de cette paroisse ...»
C'est ordinairement le moyen le plus simple de désarmer un homme à prétentions, et dangereux : le nommer à une place qu'il convoite. Nul doute que Frontenac, dans sa première administration (1), se montra souvent mal disposé envers le clergé et toujours prêt à s'immiscer indûment dans les affaires de la fabrique* Tantôt il accuse les marguilliers de * divertir les deniers de la fabrique pour en faire une autre application que celle à laquelle ils sont destinés, » tantôt il leur reproche de les confier au procureur du séminaire. Il veut que le procureur du roi assiste à la reddition des comptes, et il profite de l'absence de Pévêque,. le 14 mars 1679, P our rendre un arrêt à cet effet. Il ne néglige aucune occasion de faire
(1) Frontenac fut gouverneur du Canada à deux reprises : de 1672 à 1682, puis de 16S9 à 1698, année de sa mort
la leçon aux marguilliers et de les rabaisser dans l'exercice de leurs fonctions.
Mgr de Laval s'efforce, au contraire, de les relever dans leur propre estime et dans celle du public. Il a soin tout d'abord, « pour conserver parmi eux la paix, l'union, l'humilité chrétienne,» de bien régler l'ordre de préséance qui doit exister entre eux ; mais il veut aussi qu'à l'église et dans les cérémonies du culte ils soient les premiers après le gouverneur et l'intendant, et qu'ils aient le pas sur tous les autres fidèles.
Il y a tfn règlement de la cour qui ordonne « que dans les processions et autres cérémonies au dedans ou au dehors des églises, le gouverneur général ou le gouverneur particulier de chaque lieu marchera le premier, après lui les officiers de la justice et ensuite les marguilliers (i).> On interprète ce règlement aussi strictement que possible, et l'on tâche d'en limiter l'application, toujours en vue de ne pas nuire au prestige des marguilliers. Frontenac s'en plaint dans une lettre adressée au ministre, en date du 19 novembre 1673 :
« Il y a, dit-il, une difficulté avec avec M. le grand vicaire, pour le rang du Conseil Souverain, qu'il prétendait ne devoir point se trouver
(1) Jugements du Conseil Souverain, t. i, pp. 655, 904.
en corps à l'église les quatre fêtes solennelles, les jours de la Chandeleur, des Rameaux et du Vendredi-Saint, et ne devoir point précéder les marguilliers de la paroisse que dans les processions générales, qu'ils restreignent à celles du jour de la fête du Saint-Sacrement, de la mi-août, et autres extraordinaires comme pour les Te Deurn, dans lesquelles les marguilliers affectaient de ne point marcher comme marguilliers afin de n'être pas précédés.
« J'avoue que je fus étonné de cette contestation qui me marquait l'attachement qu'ils ont de relever jusque dans les moindres choses ce qui est de leur autorité, en essayant de blesser la royale, et que je crus que des ecclésiastiques devaient être bien aises qu'une Compagnie souveraine comme est celle-ci (le Conseil) donnât l'exemple aux peuples, en se trouvant les jours solennels au service, ce qui ne pouvait qu'en rendre la célébration plus auguste.
« Mais quelle que raison que je pusse alléguer pour leur faire comprendre qu'en France les curés se tiendraient honorés que les Parlements voulussent venir tous les dimanches en corps assister à leur service, et que je leur représentasse que si celui de Paris ne le faisait pas aux jours solennels, comme le Conseil Souverain souhaitait de le faire ici, c'était que la
ville était trop grande, et qu'il y avait plusieurs paroisses, au lieu qu'en celle-ci il n'y avait qu'une église, où il fallait de -nécessité qu'ils se trouvassent tous, ou comme particuliers ou en corps ; il fallut user de quelque sorte d'autorité y en leur déclarant que c'était une chose que je désirais absolument qui se fît par provision, et jusques à ce que vous en eussiez autrement ordonné, pour les obliger à faire présenter par leur bedeau à messieurs du Conseil Souverain les cierges et les rameaux aux jours de la Chandeleur et Pâques fleuries, et leur faire donner le pain bénit, l'encens et la paix devant les marguillers. ...»
M. de Bernières, toujours porté à la conciliation quand la chose était compatible avec son devoir, se conforma au désir du gouverneur.
Bien plus, à la demande de M. de Tilly, « doyen des Conseillers, » il accorda qu'ils recevraient les cierges et les rameaux bénits, non du bedeau,, mais de la main du célébrant (i).
Ce devait être un beau spectacle de voir, dans les grandes solennités, le gouverneur l'intendant, les membres du Conseil Souverain assister en corps aux offices de la cathédrale ; recevoir, les premiers après le clergé, le pain bénit, l'encens, la paix ; se présenter également
(i) Jugements du Conseil Souverain, t i, p. 922.
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les premiers à l'adoration de la Croix, le vendredi saint ; le jour de la Chandeleur et le dimanche des Pâques fleuries, se rendre à l'autel pour recevoir des mains de l'officiant les cierges ou les rameaux bénits ; puis dans les processions de la Fête-Dieu faire comme une garde d'honneur au saint Sacrement. Les marguilliers ne venaient qu'après eux.
Non content de cela, Frontenac veut faire passer devant eux tous les officiers de justice, juges et magistrats de toute juridiction, non seulement à Québec, mais dans tout le pays ; il veut qu'à Québec ces officiers aient un banc immédiatement après celui du Conseil, et, dans les autres églises, après celui des gouverneurs particuliers et des seigneurs ; et le Conseil porte un arrêt en conséquence le 4 mars 1675, et le fait publier dans tous les endroits de la colonie.
M. de Bernières prend en mains la cause des marguilliers : il cherche à maintenir leur droit à la préséance, dans l'église, sur les officiers de justice, et il essaie de faire revenir le gouverneur et le Conseil sur leur décision. Pour toute réponse, le Conseil ordonne que son premier arrêt « sera exécuté selon sa forme et teneur, tant à Québec qu'autres lieux de ce pays, à peine, sur le premier refus des curés et
ecclésiastiques, de saisie de leur temporel . . Le gouverneur se donnera la peine d'avertir le curé et les ecclésiastiques de cette ville qu'à l'avenir ils n'aient plus à éluder l'exécution des arrêts du Conseil . , . Le dit Conseil, par considération, et dans l'espérance qu'ils ne retomberont plus dans de pareilles fautes, a bien voulu ne pas punir en cette rencontre avec toute la sévérité que demandait un pareil mépris...»
Plus tard, Mgr de Saint- Vallier constatera les mauvais effets de cette politique qui donnait préséance à trop de personnes sur les marguilliers et tendait à rabaisser la condition de ces bons serviteurs de l'Eglise. Ecoutons-le exposer franchement son opinion au Conseil de la Marine, qui avait confirmé les règlements faits au détriment des marguilliers :
« Les églises du Canada, dit-il, sans en excepter la cathédrale et paroissiale de Québec, n'ayant aucun revenu par elles-mêmes, bien loin d'avoir de quoi faire des accommodements et les réparations nécessaires aux couvertures et ailleurs, n'ont pas même de quoi avoir du vin et le luminaire nécessaire. Ce ne peut être que par le soin de certaines personnes qu'on choisit pour marguilliers, qu'elles peuvent avoir ces choses nécessaires : ce qui a
toujours déterminé le premier évêque de Québec, soit dans les paroisses de villes, soit dans les paroisses de la campagne, de leur accorder quelques honneurs, pour les engager à prendre ce soin. Le retranchement fait, par le règlement, de ces honneurs pour tous les marguilliers de la campagne, auxquels il n'en est point accordé ni même fait mention d'eux dans les dits règlements, leur a fait prendre dans presque toutes les églises paroissiales le parti de se retirer du banc d'oeuvre et de ne vouloir plus faire les fonctions de marguilliers ; ce qui a mis les églises de campagne dans une telle disette qu'on a été. obligé de se servir de chandelles au lieu de cierges dans le temps des messes et autres offices de paroisse, ce qu'on n'avait point encore vu pratiquer.
« Si le Conseil m'avait demandé mon sentiment, comme autrefois on le demanda à mon prédécesseur, j'aurais supplié et pressé de laisser aux marguilliers l'honneur dont ils jouissaient autrefois après les seigneurs des paroisses dans les églises de campagne et dans les paroisses des villes. J'aurais représenté qu'il était encore important de leur laisser à Montréal et aux Trois-Rivières les mêmes honneurs dont ils jouissent à la cathédrale, c'est-à-dire, d'avoir les honneurs après le gouverneur général et
Tintendant, au lieu de les mettre après tous les juges des juridictions inférieures. Pourquoi ne pas leur donner, dans un pays où les églises n'ayant point de revenu ne peuvent se soutenir que par leur industrie, ce qu'on leur donne dans toutes les villes de France, où certainement les marguilliers vont les premiers, et les magistrats revêtus de robe rouge ne vont qu'après eux à l'offrande ? cela se pratique dans toutes les paroisses de Paris et autres villes de France. Le refus qu'on leur en fera les obligera tous à quitter le banc de l'œuvre et à laisser les paroisses des villes sans marguilliers, tout comme celles de la campagne. . . (i). »
C'est ainsi que les événements donnaient raison à la politique de Mgr de Laval, et condamnaient ceux qui avaient mis obstacle à ses sages règlements. Le pieux prélat et M. de Bernières eurent toujours à cœur de conserver aux marguilliers, dans les églises, le rang et les honneurs auxquels ils avaient droit: aussi étaient-ils vénérés de tous les fabriciens.
( i ) Documents de Paris, Eglise du Canada, t, i, p. 118. Lettre de Mgr de Saint- Vallier, 15 oct 1717, inséiée dans un arrêt du Conseil de la Marine sur les honneuis dans les églises du Canada, 1er février 1718.