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CHAPITRE XVIII

M. DE BERNIERES, VICAIRE-GENERAL. — SUPE- RIEUR DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES

La distribution des /a/*»/.y.-L , officialité.-Les grands vicaires de l'évêque. — M. de Bernières, administrateur du diocèse, — Les Récollets à la haute ville. — M. de Bernjères, supérieur des Ursulines. — La Vénérable Mère de l'Incarnation. — La deuxième Mère de l'Incarnation. — A l'Hôtel Dieu.

On lit dans le Journal des Jésuites, à la date du 21 octobre 1661 :

« Le 21, partit pour sa visite des Trois-Rivières Mgr de Pétrée avec M. de Bernières ; et le même jour il déclara M. de Charny pour grand vicaire, M. de Bernières pour curé, et le P. Le Mercier pour vicaire.»

Cela ne rappelle-t-il pas vraiment la distribution des talents, telle qu'elle se pratique, chaque automne, à Saint-Sulpice ? En présence de son petit clergé réuni, constitué en communauté, comme autrefois celui de saint Ambroise, à Milan, celui de saint Martin, à Tours, ou celui d'Augustin, à Hippone, Mgr de Laval répartit à chacun, sa fonction : il proclame M. de Lauson- Charny son vicaire général ; puis il nomme M.

de Bernières curé de Québec, et lui donne un jésuite pour vicaire, à défaut de prêtres séculiers. M. Dudouyt remplaça le P. Le Mercier l'année suivante.

M. de Charny demeura vicaire général du diocèse jusqu'à son départ pour l'Europe en 1671. Il était en même temps l'official de l'Evêque : c'est lui qui réhabilitait les mariages, ou en prononçait la nullité ; et nous voyons l'officialité de Québec en fonctions dès les débuts de Mgr de Laval. M. Dudouyt en était le promoteur ; Germain Morin, et plus tard Romain Becquet, le greffier.

Le gouverneur et le Conseil affectent de ne pas la reconnaître ; ils la traitent de « prétendue officialité.» Mais le tribunal existe légitimement ; l'évêque l'a établi en vertu de la charge épiscopale qu'il a été appelé à remplir au Canada, non seulement par le saint-siège, mais aussi par la cour :

« Nous voulons, dit le roi, que le sieur de Laval, évêque de Pétrée, soit reconnu par tous nos sujets, en Canada, pour faire les fonctions épiscopales ...»

Et la reine mère Anne d'Autriche, écrivant à M. d'Argenson :

« Suivant l'intention du roi et la mienne, ditelle, vous avez à faire reconnaître le sieur Eve-

que de Pétrée en qualité de vicaire apostolique dans tout le Canada, et à tenir la main qu'il soit obéi dans toutes les fonctions épiscopales...»

La suite des événements prouva que Mgr de Laval, en établissant son officialité avant même d'être évêque en titre de Québec, n'avait pas dépassé les limites de sa juridiction, puisque dans l'affaire Fénelon le Roi avertit Frontenac que cette cause n'était pas du ressort du Conseil, et qu'on aurait dû remettre l'abbé entre les mains de son juge naturel, l'évêque ou son grand vicaire.

M. de Bernières devint vicaire général et officiai du diocèse après le départ de M. de Charny ; mais il était déjà grand vicaire, depuis le jour (1662) où il avait été nommé administrateur du diocèse, conjointement avec M. de Charny, lors du premier voyage de l'évêque en France. Rare exemple de confiance : M. de Bernières n'avait pas encore trois ans de prêtrise !

Outre ces deux grands vicaires, il y avait aussi le supérieur des Jésuites qui en avait le titre et en exerçait les fonctions. Nous savons même que tout Jésuite partant pour les missions sauvages recevait des lettres de grand vicaire ; de sorte que les prêtres séculiers, s'il s'en trouvait dans ces missions, devenaient ses

subordonnés. Il paraît cependant que « le général de la Compagnie de Jésus défendit aux missionnaires du Canada d'user de leurs pouvoirs de grand vicaire à l'égard des ecclésiastiques qui n'appartenaient pas à leur Compagnie (i). »

M. de Bernières fut nommé pour la deuxième fois administrateur du diocèse, lors du second voyage de Mgr de Laval en France, •dans l'automne de 167 1 ; et l'évêque lui adjoignit M. Dudouyt pour le remplacer en cas de de mort ou d'absence.

Dans l'automne de 1678, il devint pour la troisième fois administrateur du diocèse, à l'occasion du troisième voyage de Mgr de Laval : cette fois, c'est M. de Maizerets qui lui est donné comme adjoint ; et il est nommé «en même temps grand vicaire.

C'est comme vicaire général de l'évêque. et administrateur du diocèse que M. de Bernières ■eut à comparaître au Conseil, dans les affaires Fénelon et Morel, dont il a été parlé au •chapitre précédent.

C'est également en sa qualité de grand vicaire •qu'il accompagne Mgr de Laval au château Saint-Louis le 27 mars 1681. Frontenac, irrité â l'excès de l'opposition que lui fait l'intendant

(1) " I*es Jésuites et la Nouvelle- France, " t. 11, p. 345-

Duchesneau au Conseil Souverain, a décidé de le réduire par la force à ses volontés : le pays -est témoin d'une lutte vraiment scandaleuse ^entre ces deux dignitaires. L'évêque et le grand vicaire, mettant de côté tous les sujets de plaintes qu'ils peuvent avoir contre Frontenac, vont « lui offrir leur médiation et leurs soins dans des extrémités si fâcheuses (i). » Ils n'ont cependant que la satisfaction d'avoir fait acte de bonne volonté, car ils ne peuvent réussir à réconcilier le gouverneur et l'intendant. Ces deux hauts fonctionnaires furent rappelés en France l'année suivante.

Cette même année 1681, les Récollets obtinrent du Roi, par l'entremise de Frontenac, un terrain pour se bâtir à la haute ville. Dans l'acte de concession, le Roi disait : « Nous leur accordons une place inutile à notre service, située dans la haute ville de Québec, où était ci-devant la sénéchaussée . . . circonstances et dépendances, pour en faire et disposer ....

•comme de chose à eux appartenant ...»

Le terrain des Récollets s'agrandit, les années suivantes, d'un «emplacement donné par la damoiselle Denys, » et d'un autre accordé par le Roi. (2)

(1) Manuscrits de la Nouvelle-France, 2e série, vol. IV, Mémoire de Mgr de Laval, mars 1681.

(2) [Jugements du Conseil Souverain,] t. ni, p. 768.

Ils demandèrent à Mgr de Laval la permission d'y bâtir un hospice ou infirmerie ; et le prélat, « pour leur donner une marque de bonté, » envoya son grand vicaire M. de Bernières planter une croix à l'endroit où ils voulaient construire leur maison.

Plus tard, cependant, après que la maison est bâtie, il apprend que les Pères y installent un clocher, ce qui suppose qu'ils veulent fonder là un nouvel établissement et peut-être abandonner leur couvent de Notre-Dame des Anges pour se fixer à la haute ville ; et comme il est retenu au séminaire par la maladie, il envoie M. de Bernières les prier d'enlever ce clocher. C'est au printemps de 1683, après le départ de Frontenac ; mais ils se sentent encore soutenus par lui. « Au lieu de déférer à cet avertissement charitable, ils achèvent le clocher.» Le prélat leur écrit le 3 juin pour les prier « d'exécuter son ordre.» Le clocher reste à sa place ; et l'évêque apprend bientôt « qu'audessous du clocher il y a une chapelle, » qui a même été déjà ouverte au public. Il fait vérifier la chose par ses grands vicaires Bernières et Maizerets ; puis comme il ne peut faire renoncer les Récollets à créer un nouvel établissement à la haute ville, il leur enlève la permission qu'il leur a donnée de fonder un

liospice, et se voit même obligé de leur retrancher leurs pouvoirs (i).

Le Roi, sur les remontrances de Mgr de Laval, fit abattre le clocher ; mais la maison Testait : et lorsque, quelques années plus tard, Mgr de Saint- Vallier entra en arrangement avec les Récollets pour acquérir leur monastère de Notre-Dame-des-Anges, dans le but d'y installer l'Hôpital Général, ils se transportèrent à la liaute ville, remirent le clocher à sa place, et se logèrent définitivement dans leur nouveau couvent.

On connaît l'incident du sermon du P. Adrian. Malgré les remontrances de l'Evêque, le Père, prêchant l'Avent à la cathédrale, avait cru •devoir faire allusion aux différends qui existaient alors entre le gouverneur et l'intendant : c'était la répétition de la faute commise quelques années auparavant à Montréal par M. de Fénelon. Mgr de Laval en éprouva un vif chagrin ; et M. de Bernières, se montra en cette occasion comme toujours son soutien et son bras droit.

Quelques années plus tard, c'est Mgr de Saint- Vallier qui, à son tour, eut de graves démêlés avec les révérends Pères Récollets, à

(i) Documents de Paris, Eglise du Canada, t. i, p. 131, Mémoire sur un second établissement que les Pères Récollets ont fait à Québec, 1683.

Montréal. La Providence permet quelquefois de ces malentendus entre les meilleurs serviteurs de Dieu, pour éprouver leur vertu. La tempête passée, le bien se fait de part et d'autre avec plus d'humilité et de ferveur.

En 1681, M. de Maizerets accompagne Mgr de Laval, comme grand vicaire, dans cette longue visite pastorale où le Prélat s'occupe tout spécialement de dresser un plan général des paroisses à ériger dans son immense diocèse. M. de Bernières demeure toujours à son poste, à Québec, comme vicaire général de l'Eglise du Canada.

Il est nommé de nouveau, pour la quatrième fois, administrateur du diocèse, lorsqu'en 1684 Mgr de Laval se décide à passer en France pour aller porter sa démission au Roi ; et de la même manière qu'en 1678, M. de Maizerets lui est donné comme adjoint. Ils gouvernent conjointement l'Eglise du Canada, en l'absence de Mgr de Laval ; et lorsque Mgr de Saint- Vallier vient prendre possession du siège épiscopal en 1688, c'est M. de Bernières qui le reçoit au nom du clergé et lui présente une adresse. Mais l'année suivante (1689), M. de Merlac devient vicaire général de l'Evêque ; et dès lors M. de Bernières n'aura plus à s'occuper de l'administration du diocèse.

Nous avons vu que, tout jeune encore, il avait été nommé curé de Québec et grand vicaire de Mgr de Laval. Tout jeune également, il fut appelé aux fonctions importantes de supérieur des ursulines. Quelle ne dut pas être la joie de la fondatrice, Mme de la Peltrie, ainsi que de la vénérable Marie de l'Incarnation, lorsqu'elles virent la direction de leur communauté confiée au digne neveu de leur protecteur et ami, M. de Bernières-Louviguy !

« M. de Bernières, dit Charlevoix, fut donné pour supérieur aux ursulines. La Mère de l'Incarnation reconnut bientôt en lui le caractère de son oncle, et entra d'autant plus volontiers dans ses vues et dans celles de l'évêque> qu'elle voyait une parfaite conformité entre leur esprit et celui des premiers missionnaires.»

On peut juger de l'estime qu'avait le curé de Québec pour Marie de l'Incarnation, par celle que son oncle professait pour cette grande servante de Dieu. Claude Martin, qui avait vu les Mémoires du fondateur de l'Ermitage, en cite quelques lignes au sujet de cette sainte religieuse :

• C'est une grande âme, et solidement vertueuse, qui a une profonde humilité, une charité éminente, et qui ne perd point l'union actuelle avec Dieu, »

Au témoignage de Claude Martin, un ecclésiastique distingué aurait dit, également, lors du départ de France de Marie de l'Incarnation :

c La France ne sait pas la* perte qu'elle fait en perdant la Mère de l'Incarnation. Si l'on connaissait sa sainteté, et ce qu'elle peut auprès de Dieu, il n'y a personne qui ne s'opposât à sa sortie, et. qui ne fît son possible pour la retenir. »

La communauté des ursulines, du temps de M. de Bernières, était encore peu nombreuse.

Il n'y avait en tout que vingt-deux religieuses en 1670. Sept étaient employées à l'instruction des filles françaises, et quelques autres à celle des filles sauvages. Le fardeau était si lourd que Mgr de Laval songeait à faire venir deux autres religieuses de France.

M. de Bernières assista dans ses derniers moments la vénérable Marie de l'Incarnation :

« Si Mgr l'évêque eût été ici, écrit le P. Lalemant, il ne l'eût point abandonnée pendant sa maladie, tant il faisait état de sa personne : à son défaut, M.de Bernières, supérieur du monastère, lui a rendu tout ce qu'on peut attendre d ? uu bon pasteur, et notre Compagnie, les témoignages de respect et d'affection qui étaient dus à son mérite. Au reste, la. mémoire de la défunte sera à jamais en bénédiction en ces contrées.»

« Avant de mourir, dit Claude Martin, elle demanda pardon à M. de Bernières, son supérieur, au R. P. Lalemant, son directeur, et par eux à Mgr de Pétrée, qui pour lors était en France ...»

M. de Bernières présida lui-même à ses funérailles ; puis, avant de déposer les restes de la sainte religieuse dans leur dernière demeure, il permit à un artiste envoyé spécialement par le gouverneur de prendre le portrait de la défunte

C'est aussi M. de Bernières qui, Tannée précédente, avait assisté dans sa dernière maladie la pieuse fondatrice des ursulines. Mme de la Peltrie avait légué, par son testament, son cœur aux RR. PP. Jésuites : « La cérémonie du service achevée, le clergé, précédé de M. de Bernières, conduisit le cœur porté soûs un crêpe noir par un des principaux habitants du pays... Quand la procession fut arrivée à l'église des jésuites, M. de Bernières, exécuteur du testament, remit le précieux dépôt entre les mains du P. Supérieur, qui plaça ce cœur au pied des marches du grand autel.»

Durant son voyage en France,M. de Bernières fut remplacé comme supérieur des ursulines par M. de Maizerets. Le grand éducateur de la

(i) Les Ursulines de Québec, t i, p. 389.

jeunesse du Petit Séminaire était bien à sa place dans cette autre maison d'éducation destinée à former à la piété et à la vertu les jeunes filles du pays. Il resta supérieur des ursulines jusqu'au retour de Mgr de Laval en 1675.

On lit dans le vieux Récit des Ursulines:

« L'an de notre salut 1674, la chapelle des Saints a été érigée en notre monastère, sous l'autorité de M. de Bernières, vicaire général de Mgr de Laval, et M. de Maizerets, supérieur de la communauté. Après avoir visité la maison, ils firent en présence des religieuses l'ouverture de trois boîtes de saintes reliques, envoyées au monastère par le R. P. Bouclier, assistant général de France. Cette cérémonie étant finie, ils marquèrent la tribune du chœur comme étant le lieu le plus propre à construire une chapelle en Phonneur des Saints. »

L'annaliste ajoute :

« Cette chapelle des Saints inspirait beaucoup d'intérêt et de dévotion à deux grands évêques, illustres bienfaiteurs de ce monastère, Mgr de Saint- Vallier et Mgr Plessis. C'était là, comme sur les tombeaux des saints martyrs aux catacombes, qu'ils venaient célébrer leur dernière messe, quand ils avaient à entreprendre la longue et périlleuse navigation de l'Atlantique. 1

M. de Bernières redevint supérieur des ursulines après le retour de Mgr de Laval ; et, chose remarquable, il s'y trouva en présence d'une seconde Marie de l'Incarnation, continuatrice de la première, non seulement pour le nom, mais aussi pour les vertus.

Elle était fille de Noël Pinguet, l'un des premiers habitants de l'île d'Orléans, et de Marie-Madeleine Dupont, fille de l'ancien gouverneur de Vervins; elle était la nièce de Nicolas Dupont de Neuville, l'un des membres du Conseil Supérieur, et se trouvait alliée à plusieurs des meilleures familles de Québec.

Entrée au noviciat dans l'automne de 1676, elle mourut, après soixante-un ans de profession religieuse, le 1er août 1739, juste au centième anniversaire de l'arrivée des premières ursulines au Canada.

« Les deux premières Mères de l'Incarnation, écrit l'annaliste de la communauté, ont rempli le premier siècle de cette histoire : une novice de 1739 (la Mère Davanne, Saint-Louis de Gonzague) va étendre le troisième anneau de cette chaîne jusqu'en 1802. »

Il n'est pas sans intérêt de relater ici, d'après le vieux récit des ursulines, la vocation de cette deuxième Mère de l'Incarnation. On y verra la part discrète qu'y prit M. de Bernières,

et l'on pourra saisir sur le fait la sagesse et la prudence de ce saint prêtre dans l'exercice de ses fonctions sacerdotales.

« Catherine Pinguet était venue au pensionnat vers le temps où elle devait se préparer à sa première communion, et elle se plut tellement dans la maison de Dieu qu'elle se décida à n'en jamais sortir. Ses parents, qui n'étaient pas du même avis, s'empiessèrent de la rappeler à la maison paternelle. Mais la jeune Catherine, qui avait conçu dès sa tendre jeunesse un grand éloignement du monde et de ses pièges, tint ferme dans sa résolution première. Voyant les obstacles que le démon suscitait à sa vocation, elle résolut d'abord de se taire et de prier.

«Sur la fin de sa quatorzième année, elle prétexté un petit voyage à la ville et s'en vient trouver M. de Bernières, ami intime de sa famille et supérieur de notre monastère, et le supplie de s'intéresser auprès de ses parents pour lui obtenir la permission désirée. Le pieux abbé, n'embrassant pas d'abord sa cause avec toute l'ardeur qu'elle avait espérée, lui objecte son âge et la faiblesse de son tempérament. Notre jeune postulante ne se déconcerte pas ; elle se jette à ses pieds en disant : « M. le grand vicaire, donnez-moi, je vous en

« prie, votre bénédiction, et promettez - moi votre appui ; c'est tout ce que je demande ; ne me refusez pas ; Dieu saura bien faire le reste ! »

« Il était difficile de résister à de si touchantes, instances. M. et Mme Pinguet, apprenant ce qui s'était passé, craignirent de s'opposer plus longtemps à une vocation aussi marquée, et la nouvelle postulante fut bientôt en mesure d'être initiée aux pieux secrets de la perfection religieuse.

« M. de Bernières avait prédit que la vivacité de sa ferveur suppléerait à la faiblesse de son tempérament. Il ne se trompa pas ; la santé de la Mère Pinguet de l'Incarnation se soutint dans les offices les plus pénibles, même dans celui de Supérieure, qu'elle remplit de 1706 à 1712. »

C'est elle, par conséquent, qui était supérieure des ursulines, à la mort de Mgr de Laval, et qui eut le bonheur de recevoir dans son église les restes mortels du vénéré prélat, lorsqu'ils furent transportés processionnelle ment dans les différents sanctuaires de la ville, lors de ses funérailles.

M. de Bernières n'eut pas à s'occuper seulement des' ursulines, mais aussi de l'Hôtel- Dieu. M. de Charny fut supérieur de cette

communauté jusqu'en 1671, date de sou départ définitif pour la France ; et M. Dudouyt lui succéda. M. de Bernières remplaça à son tour M. Dudouyt, lorsqu'il passa en France en 1676, et demeura supérieur de l'Hôtel-Dieu jusqu'en

« A cette date, écrit la sœur Juchereau, Mgr l'évêque jugea à propos de changer notre supérieur. Il nous ôta M. de Bernières, très saint homme, et digne neveu de M. de Bernières, trésorier de France, et il nous donna en cette qualité M. Louis Ango des Maizerets, dont la vertu était aussi fort connue ...»

Les Religieuses Hospitalières changèrent à la fois et de supérieur et de confesseur :

« Le P. Chastelain, notre confesseur, étant extrêmement vieux et infirme, dit la sœur Juchereau, demanda à se décharger du soin de nous confesser. Il avait été confesseur de cette communauté environ trente ans, et dans toutes les occasions nous avait donné des marques d'une affection sincère. Il ne cherchait uniquement que la gloire de Dieu et le bien des âmes.

« Il nous choisit pour confesseur à sa place le P, Fremin, qui sortait des missions. Nous eûmes assez de peine à l'accepter, parce que nous ne le connaissions point, et qu'il passait

pour avoir été homme de guerre avant que d'être Religieux ; nous le regardions comme un vieux capitaine de cavalerie, dont nous avions peur, quoiqu'en vérité il n'eût jamais été enrôlé que dans la Compagnie de Jésus, où il était entré fort jeune. Sur le témoignage du P. Chastelain, qui nous assura que personne ne nous convenait mieux que lui, nous le reçûmes volontiers, et nous nous en sommes très bien trouvées. »

A partir de 1683, M. de Maizerets est à la fois supérieur de la communauté des ursulines et de celle des hospitalières, et M. de Bernières, laissé à ses seules fonctions de curé de Québec et de vicaire général du diocèse.

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