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M. DE BERNIÈRES AU SÉMINAIRE DE QUÉBEC

(Suite).

Mission des Tamarois. — Lettre de Mgr de Laval à M. de Bri • sacier. — Mgr de Laval et M. de Montigny. — Création de petites écoles à Québec par le séminaire.

Lorsque Mgr de Saint- Vallier revint de France, au bout de trois ans, ses sentiments à l'égard du séminaire parurent changés. M. de Bernières était encore supérieur, mais fut remplacé bientôt par M. de Maizerets. Ils profitèrent des bonnes dispositions de l'évêque pour réaliser, de concert avec Mgr de Laval, deux établissements importants, celui des missions du Mississipi, et celui des petites écoles à Québec.

M. Glandelet écrivant à Parchidiacre Boudon, dans l'automne de 1698 :

« Mgr de Québec est bien maintenant avec nous, lui disait-il, et nous sommes en paix, grâces à Dieu.

« Notre séminaire a commencé, cette année,, de. grandes missions aux nations sauvages qui sont à huit cents lieues d'ici, sur le fleuve Mis-

sissipi, proche la nouvelle Espagne. Trois prêtres y sont allés au nom du séminaire. Ce sont des peuples infinis, et tout-à-fait abandonnés. Messis quidem mttlta. Priez Notre-Seigneur, monsieur, et sa très sainte Mère pour le succès de cette entreprise, aussi bien que de celle que nous venons de faire à l'égard des sauvages de l'Acadie....»

Le séminaire des Missions-Etrangères de Québec était à cette époque une branche de celui de Paris. L'œuvre des missions était essentiellement son œuvre. « La conversion des sauvages, disait Mgr de Laval, est l'obligation principale et essentielle du séminaire (i). »

Il n'est donc pas étonnant que M. de Bernières et ses confrères, surtout depuis qu'ils n'avaient plus à desservir, comme par le passé, toutes les cures du diocèse, se soient décidés à travailler à leur œu\re principale, et qu'ils aient demandé à Mgr de Saint- Vallier « la permission d'envoyer des missionnaires chez les sauvages du Mississipi. & Ils le prièrent de leur confier également « les sauvages dits Tamarois, qui sont entre les Illinois et les Akansas,... attendu que les lieux où demeurent les Tamarois sont comme la clef et le passage nécessaire

(i) Lettre de Mgr de Laval au séminaire de Québec, 18 mars

pour aller aux nations plus avancées et s'en faciliter l'abord (i). »

Mgr de Saint- Vallier accorda la permission demandée, et tous les pouvoirs nécessaires, au printemps de 1698.

Il se trouva que les jésuites avaient déjà une mission établie aux Tamarois depuis deux ans par le P. Pinet, et que ces sauvages appartenaient à la tribu des Illinois dont les Pères de la Compagnie de Jésus avaient déjà entrepris l'évangélisation ; et l'on prête au séminaire, ainsi qu'à Mgr de Saint- Vallier, l'intention machiavélique d'avoir voulu leur enlever une partie de leurs missions et les frustrer du fruit de leurs travaux : la permission donnée par l'évêque au séminaire d'établir une mission aux Tamarois, était, assure-t-on, une « mesure arbitraire (2).*

En histoire,on prend les faits tels qu'ils sont : on accepte les écrits et les paroles, venant -surtout de personnages graves et importants domine Mgr de Saint-Vallier et Mgr de Laval, -dans leur sens naturel, et à moins de raisons ^évidentes on ne leur prête pas d'intentions contraires à leurs discours.

(1) Mandements des évêques de Québec, ti,p, 377, 381.

(2) " I^es Jésuites et la Nouvelle- France au XVIIIe siècle," par le P- de Rochemonteix, t m, p. 550 et suivantes-

Il est clair que dans l'idée de Mgr de Saint- Vallier les Tamarois n'appartenaient pas à la tribu illinoise, puisqu'il dit*: • Les Tamarois, qui sont entre les Illinois et les Akansas. . .»

Il ne savait pas non plus que les jésuites y avaient déjà une mission où • leur église, dit le P. de Rochemonteix, ne pouvait contenir la multitude des sauvages qui s'y rendaient en foule.» Ecrivant de Paris à ses curés pour leur donner des conseils, il avait un mot pour les Pères de la Compagnie de Jésus :

« Nous espérons d'apprendre, dit-il, la soumission volontaire et édifiante des jésuites qui se sont offerts pour la mission des Tamarois.

N'ayant pas été reçus par celui qui représente, quoique indigne, le Maître de la Vigne, qui doit donner entrée à ceux qui y peuvent travailler, ils seront employés à d'autres missions aussi grandes et aussi nombreuses que celle des Tamarois, que nous n'avons pu leur confier, parce que nous en avions donné le soin aux missionnaires des Missions - Etrangères de Québec... (i)»

Il n'est pas du tout prouvé que le séminaire, en cherchant à s'établir dans cette mission, savait qu'elle était déjà occupée par les Pères Jésuites.

(i) " Mandements des évêques de Québec," t i, p. 422.

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