‹ Henri de Bernières, premier curé de Québec [microforme]Chapitre 17 sur 60 · A AUS · texte numérisé non relu

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Le fondateur du séminaire, M£f' de Laval, les six directeurs que nous avons nommés, ainsi que les séminaristes, tous habitaient la « maison presbytérale » que venait de construire M. de Bernières. Celui-ci fut nommé supérieur du séminaire : lui et M. de Maizerets ont exercé cette charge à tour de rôle plus d’un demi-siècle.

Le séminaire était donc établi et installé. Mais la situation était précaire : on n’était pas bâti chez soi, et si l’on avait besoin de s’agrandir, on n'avait aucun terrain pour y asseoir de nouvelles constructions.

M. de Bernières, qui faisait les fonctions curiales à Québec, convoqua une assemblée des marguilliers anciens et nouveaux de la paroisse. Elle eut lieu à la sacristie le dimanche 30 décembre 1663, en présence de M#r de Laval. Les marguilliers qui y assistaient étaient Jean Bourdon (1), Ruette d'Auteuil (2), Tuchereau de la Ferté, Huboust des Longchamps (3), Mathieu Damours, Jean Gloria, Jean Madry et Delestre le Vallon.

Le séminaire, représenté par MM. de Bernières, Ango de Maizerets et Dudouyt, demanda à la fabrique la permission « de bâtir sur l'emplacement du presbytère tous et tels logements qu'il jugerait nécessaire pour son établissement; » et à raison des grandes dépenses qu’il serait obligé de faire, il voulait demeurer libre « de se retenir le dit emplacement avec tous les bâtiments et augmentations, en faisant bâtir un autre presbytère en lieu commode pour desservir la dite église, valant la somme de six mille livres,

si dans la suite des temps l’on avait besoin d’un presbytère séparé du dit séminaire (4). »

Tout fut accordé par la fabrique, et ratifié, séance tenante, par M: de Laval.

C'était une affaire d’or pour le séminaire : elle n'était pas si

(1) Voir sa biographie dans la Revue catholique de Normandie, t. 11, p. 241.

(2) M. D’Auteuil montrait pour les Jésuites un si grand attachement, que Frontenac disait de lui : « 11 est comme leur frère donné. » Il ajoutait : «Il vaudrait autant avoir mis dans le Conseil (Souverain) le Père Supérieur des Pères Jésuites et le Père Ministre que les sieurs de Villeray et D’Auteuil. » (Manuscrits de la Nouvelle-France, 2 série, t. 11, p. 69).

(3) Mathieu Huboust dit des Longchamps : il était originaire de Menil Durand, en Normandie, et marié à une anglaise. (Diclionnaire généalogique de Mer Tanguay).

(4) Archives de l’archeyêché de Québec, Documents de Paris, Eglise du Canada, t. 11, p. 183.

brillante pour la paroisse, qui n'avait plus un seul pouce de terrain dans le voisinage immédiat de l’église. Les inconvénients restaient dans l’ombre tant que la paroisse était administrée par le séminaire, et que l'union de la cure au séminaire était forte ment soutenue par l'évêque. Mais du moment que cette union était menacée, la situation était embarrassante, le séminaire prétendant qu'on lui avait « cédé le terrain sur lequel était bâti le presbytère, composé du logement du curé, du lieu pour les petites écoles, et autres logemens servant à lusage de la sacristie de l’église, cours et jardins et lieux appelés aujourd'hui cimetière de la Sainte-Famille et de Sainte-Anne. »

Il est vrai que le séminaire s'était engagé à bâtir un autre presbytère « en lieu commode », et valant .a moins six mille livres, dans le cas où « l'on aurait besoin d'un presbytère séparé du séminaire. » Mais où trouver ce lieu commode? N’avait-on pas déjà construit le presbytère dans le vrai « lieu commode » pour l'église?

Quelques années plus tard (1675), Frontenac ayant eu occasion de citer les marguilliers de Québec devant le Conseil Souverain, critiqua sévèrement la faiblesse de leurs devanciers, qui avaient consenti à toutes les demandes du séminaire. Ils avaient laissé enclore « un petit cimetière qui était à côté de l'église, dont on avait fait un jardin après avoir exhumé les corps. » Ils avaient abandonné le terrain que Couillard et sa femme avaient donné à la fabrique « pour faire les processions autour de l'église. » Le séminaire avait également enclos ce terrain, en laissant dans la clôture « deux grandes portes pour faire les processions. » Mais, disait Fontenac, ces portes ne s'ouvrent « que pour le charroi du bois de chauffage » du séminaire; et il ne serait pas décent d'y passer en procession : de fait les processions ne s’y font plus (1).

Les paroissiens de Québec n'avaient pas été convoqués à l’assemblée du 30 décembre 1663 : les marguilliers seuls y avaient pris part. M£r de Saint-Vallier ne voulut jamais reconnaître la validité de cette assemblée ni des résolutions qui y avaient été prises. Tout fut annulé dans une assemblée générale tenue le 22 avril 1703 dans le palais de l’intendant; et le séminaire, « pour le bien de Ja paix », renonça à toutes ses prétentions sur le terrain de l’église.

(1) Jugements du Conseil Souverain, t. 1, pp. 908, 910.

M# de Saint-Vallier était alors absent en Europe. Le vieil évêque, Mer de Laval, vivait encore; mais il était « retenu à sa chambre », au séminaire, par les infirmités et la maladie. Les messieurs du séminaire, qui ne faisaient rien sans lui, exprimèrent le désir « qu'il honorât de sa signature le présent acte, » comme il avait fait pour celui de l'assemblée du 30 décembre 1663. On le lui porta à sa chambre, et il signa le premier, et de bon cœur (1).

Le séminaire avait joui durant près de quarante ans du terrain de l’église et des bâtiments qui y étaient construits.

M. DE BERNIÈRES, CURÉ DE QUÉBEC. — UNION DU SÉMINAIRE DE QUÉBEC AU SÉMINAIRE DES MISSIONS-ÉTRANGÈRES.

Ce n'était pas assurément pour leurs fins personnelles que que Mir de Laval, M. de Bernières et les autres prêtres du séminaire s'étaient fait donner par la fabrique le terrain de l’église ; c'était uniquement pour ce qu’ils croyaient être le bien de l'Eglise du Canada. Il y a dans le désintéressement de ces hommes apostoliques je ne sais quel parfum de vertu qui semble nous venir des âges héroïques de foi.

Au presbytère de Québec, devenu séminaire, on vivait dans le plus parfait esprit de pauvreté, chacun renonçant à son bien propre et mettant dans la caisse commune tout ce qu’il possédait (2),

(4) Acte de l'assemblée générale des paroissiens de Québec, tenue au palais de l’intendant le 22 avril 1703. Cet acte fut rédigé et signé par le notaire royal Louis Chambalon. A la suite de cet acte est la « Ratification, le 8 juin 1703, par MM. le marquis de Vaudreuil et de Beauharnais, des conventions faites entre le séminaire et la fabrique de Québec. » (Documents de Paris, Eglise du Gauada, t, 11, p. 183). — L'assemblée du 22 avril 1703 avait été convoquée et tenue « par permission de Mer de Callières, gouverneur de la Nouvelle-France. » M. de Callières mourut le 26 mai suivant: et c'est son successeur, M. de Vaudreuil, qui ratifia le 8 juin la résolution de l'assemblée.

(2) On lit dans un arrêt du Conseil Souverain, signé par Frontenac : » Il ne parait aucun titre ni bien temporel à pas un des ecclésiastiques qui composent

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biens de famille, bénéfices, pensions (1), présents et même hono- LE | raires de messes (2).

M. Dudouyt fut nommé procureur de la communauté et il exerça a cette charge à Québec jusqu’en 1676; puis il fut envoyé à Paris, ll où il remplit les mêmes fonctions jusqu’à sa mort arrivée en | j DIE 1688 (3).

| jl « Nos biens étaient communs avec ceux de l’évêque, écrivait \ Ango de Maizerets à M. de Denoville. Je n’ai jamais vu faire parmi 1 nous aucune distinction du pauvre et du riche, ni examiner la | k naissance et la condition de personne, nous regardant tous comme ji frères (4). »

! | 1 « Le détachement est l'essentiel, écrivait à son tour Mx de FA LE de Laval; c’est en cela que consiste l'esprit de grâce qui soutient DIE le séminaire (5). »

ju Le presbytère ou séminaire de Québec, c'était vraiment l’ermi- ; tage de Bernières de Louvigny transporté sur les rives du Saintdl Laurent.

le séminaire de Québec, lesquels vivent tous en commun sur les revenus qui sont affectés au dit séminaÿre. » {Jugements du Conseil Souverain, t. 1, p. 866).

| 4) MM. de Bernières et Ango de Maizerets reçevaient chacun nne pension de 12 leur famille, le premier par son frère, M. de Gavrus, le second par M. de

Lamothe, d'Argentan. (Lettre de Msr de Laval, nov. 1688). « MM. de Bernières (l ') et de Maizerets, qui étaient fort riches, rapportaient leur revenu à la mense. » (Documents de Paris, Eglise du Canada, t. 1, p. 92). M. Dudouyt avait tnt une terre près de Périer, à quelques lieues de Coutances : elle était louée à En M. de Montfort. M. Dupré avait un petit bénéfice dit la chapelle de M. Dupré, LL affermé pour la somme annuelle de 180 1. (Lettre de M. Tremblay, 169). | il M. Dufort, M. de Brülon, M. Petit avaient également des biens en France. Â

(Lettre de M. Dudouyt, 1677). Tous les revenus allaient au séminaire de Québec. jf Ë La charge du Procureur du séminaire, en France, qui devait administrer ces eRNUNE différents biens, sans compter les abbayes et leurs prieurés, n’était pas une | sinécure.

RU (2) L’Abeille du petit séminaire de Québec, vol. 11, n° 16.

1 £ (3) Mer de Laval, qui était en France depuis l’automne de 1684, apporta avec | if lui à Québec, au commencement de juin 1688, le cœur de M. Dudouyÿt, et on lui fit à la cathédrale, le 26 du même mois, les honneurs d’une magnifique it sépulture. — Le séminaire perdit à cette époque en peu de temps trois sujets il | précieux, Jean Guyon le 10 janvier 1687, Thomas Morel le 23 septembre de la

même année, et Jean Dudouyt le 15 janvier 1688. (4) Lettre citée dans les Mémoires de la vie de M. de Laval, p. 34. (5) Archives du Séminaire de Québec, Lettre du mois de mai 1685.

Ms de Saint-Vallier (4) y demeura plusieurs mois, lors de son premier voyage dans la Nouvelle-France : « Il me semblait, dit-il, voir revivre dans l'Eglise du Canada quelque chose de cet esprit de détachement qui faisait une des principales beautés de l'Eglise naissante de Jérusalem du temps des apôtres... Les prêtres du

séminaire aiment la pauvreté, et vivent dans un parfait abandon à la Providence (2). »

Un demi-siècle plus tard, le gouverneur et l’intendant du Canada constataient au séminaire le même esprit de ferveur : « Ils sont fort unis entre eux et fort désintéressés ; ils remettent à la masse

(4) Il raconte lui-même, dans un mémoire adressé en 1707 au P. La Chaise (Les Jésuiles et la Nouvelle-France, t. 111, p. 316), qu'il voulut, au commencement de son épiscopat, « essayer de la désappropriation du Séminaire, » et faire partie de la Communauté, comme son prédécesseur. Mais il est évident, par son propre aveu, qu’il n'avait nullement de vocation pour cet état : « Je leur fis remettre, dit-il, la somme de 45,000 francs, dont je fis don au Séminaire de Québec, en relenant seulement l'usufruit ma vie durant. » Au séminaire, on ne se dépouillait pas seulement du capital, mais on en abandonnait encore l'usufruit à la Communauté. Le pieux prélat ne tarda pas à s’apercevoir qu'il n’était pas fait pour « la désappropriation; » et l’on sait que non seulement i se sépara bientôt du séminaire, mais qu'il travailla ensuite autant qu'il put à empêcher ses curés de s’y attacher.

Son prédécesseur en éprouva d'autant plus de chagrin, qu’il avait entretenu de magnifiques espérances en Mer de Saint-Vallier. Ecrivant au pape Innocent XI, il n'avait pas assez d'éloges pour celui que le Roi venait de lui donner pour successeur : « Nominatus est à Rege Illustrissimus vir D. de Saint-Vallier, vir inquam in ipsà Aulà non Aulicus, in sammäà juventute gravis, in splendore natalium, scientiarum virtutumque modestus; tanto dignior episcopali throno in Nova Francia, quante magis timuit esse Præsul in Veteri, in quà nimirüm omnes Ecclesiæ talem Episcopum ultro ambierint, ipse autem non solüm non ambiret ullam, sed nullam non refugeret, imo (si credi potest) non formidaret, digno sanè aureis sæculis exemplo. »

Puis il ajoutait : « Spes maxima est fore, ut düm novus Gubernator (De Denonville), novusque Præsul (Præsul inquam ex vestrà gratià facturus), qui hâc tempestate simül navigant Quebecum, feliciter resarcient quod fortè ab aliis, et præcipuë à Nobis hucusquè peccatum est, novi in eà regione Cœli fiant, nova Terra, nova omnia... (Archives de l’archevêché de Québec, Documents copiés au Vatican, Lettre inédite de Mer de Laval à Innocent XI, 20 mai 1685).

Nova omnia! Le pieux prélat ne se doutait pas, lorsqu'il exprimait ce souhait, que la première chose que son successeur allait réformer, c'était son œuvre de prédilection, à laquelle il avait voué sa vie et ses biens, le séminaire de Québec.

(2) État présent de l'Eglise et de la Colonie française dans la Nouvelle-France, par M. l’'Evêque de Québec. Paris, Robert Pepie, 1688.

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commune le revenu de leurs bénéfices et de leur casuel (1). »

D'après le mandement de M#r de Laval, toutes les paroisses étaient unies au Séminaire de Québec. L'évêque choisissait parmi ses prêtres ceux dont il avait besoin pour les desservir : les curés ou missionpaires recevaient la dime, le casuel et autres droits, et en rendaient compte au séminaire (2).

La première paroisse qui ait été érigée en titre est celle de Notre-Dame de Québec : elle le fut le 15 septembre 166%, et Mar de Laval nomma immédiatement curé M. de Bernières, qui la desservait depuis l'automne de 1660, et était en même temps supérieur du séminaire. Elle comprenait « la haute et basse ville, la Canardière, qui a une demi-lieue d'étendue, la Petite-Rivière jusques à une lieue et demie de Québee, la côte Sainte-Geneviève et Saint-Michel distant d’une lieue. » Il y avait en 1683 sur ce territoire 239 familles et 1354 âmes (3).

La dime et les droits curiaux dus à M. de Bernières étaient remis au pr.eureur du séminaire de Québec, Son casuel, en 1667, était de 133 livres, et de 185 1. 3 s. 4 d. en 1668 : sa dime, en 1668, rapportait 90 livres. En 1689, le revenu du curé de Québec était encore peu de chose, d’après une déclaration officielle de Mer de Laval en date du 11 novembre : « Le curé de Québec, qui ne peut se passer de vicaire, n’a encore à présent pour revenu que vingt-cinq à trente minots de blé, et très peu de chose de son casuel (4). »

Le séminaire des Missions-Etrangères de Paris fut fondé presque en même temps que le séminaire de Québec. Mgr de Laval ayant appris, au printemps de 166%, son établissement définitif, écrivit aux directeurs, qui étaient tous ses amis, pour les inviter à s’éta-

(1) Lettre de MM. de Beauharnais et Hocquart au ministre de la marine, 10 octobre 1734, Documents de Paris, Eglise du Canada, t. 1, p. 94.

(2) Le systéme de cures unies au séminaire fut approuvé à Rome, au moins comme système provisoire. Le cardinal Barberini, secrétaire de la Propagande, écrivant à Mer de Laval le 43 avril 1669, lui dit que l'affaire de l'érection de l'évêché de Québec est en bonne voie et arrivera à bonne fin; puis il ajoute : « Tune provideri quoque poterit Parochiaram erectioni eû utilins, quô nune expedire magis videtur Sacræ Congregationi, ut eodem stylo regantur, quo huc usque taatà tuà cum laude administratæ fuere. » (Archives du séminaire de Québec). |

(3) « Plan général de l’estat présent des missions du Canada, fait en 1683, » publié dans l’Abeille du petit séminaire de Québec, vol. 1, n° 18.

(#) Archives du séminaire de Québec.

blir aussi à Québec, de manière à faire de son séminaire comme une branche de leur institution, Il voyait, en effet, qu'il ne lui serait pas de sitôt possible de trouver au Canada les prêtres nécessaires pour conduire son établissement : « Venez done, leur disait-il, nous vous recevrons avec joie. Vous trouverez un logement préparé et un fonds suffisant pour commencer un petit établissement qui ira toujours en croissant, je l'espère. »

Sur cette invitation, les directeurs demandèrent une permission authentique de faire l'établissement projeté. Mar de Laval leur répondit, le 16 octobre 166%, qu’il agréait leur demande. L'union des deux séminaires eut lieu le 29 janvier 1665 (4).

Désormais, le séminaire de Québec ne fut qu’une branche de celui de Paris, Mgr de Laval et les messieurs de Québec appartenaient au séminaire des Missions-Etrangères au même titre que les messieurs de Paris.

Et d’abord, Mer de Laval trouvant trop petit le terrain acquis de la fabrique en 1663, et prévoyant peut-être que cette propriété pourrait bien un jour lui être disputée, acheta, le 10 avril 1666, de Guillemette Hébert, veuve de Guillaume Couillard (2), le terrain. d'environ seize arpents qui joignait celui du séminaire et s’étendait jusqu’à l'Hôtel-Dieu. Puis, le 5 octobre suivant, il le céda au séminaire de Paris pour le séminaire de Québec.

Peu de temps après avoir acquis ce vacie {crrain, on commença « sur l'emplacement de l’église, » tout près du presbytère dont elle n’était que l'agrandissement, une maison en bois, destinée à servir de grand séminaire, en attendant que l'on püt élever un édifice permanent sur le terrain Couillard. Cette maison en bois portait l'inscription S. M. E. (Seminarium Missionum Errterarum) (3). Une belle avenue conduisait de cette résidence au bord de la colline, où M. de Tracy, arrivé au Canada l’année précédente, avait fait planter une grande croix (#).

(1) Toutes ces formalités furent renouvelées après que Msr de Laval fut devenu évêque de Québec en titre en 1674.

(2) Guillaume Couillard était mort à Québec le # mars 1663 : il fut enterré dans l’église de l'hôtel-Dieu.

(3) Mss de l'abbé Beaudet.

(#) Elle s'appelait « la croix du Saut-au-Matelot ». L'endroit où elle s'élevait (probablement la terrasse du jardin) était si délicieux, que Mer de Saint-Vallier aurait voulu l'acquérir du Séminaire. Ses désirs échoutrent devant les résistances de M. Tremblay. (Lettre de M. Tremblay, 1695).

Par une convention entre le prélat et le séminaire des Missions- Etrangères, en date du 6 octobre 1666, Mer de Laval s’obligeait à mettre le séminaire en possession de la maison qui se construisait, « avec tous les meubles, le 29 septembre 1667, auquel jour le dit séminaire se chargera des pensionnaires, sans qu’il puisse être obligée en quelque façon que ce soit eu aucune dette contractée avant le dit septembre 1667, soit pour le regard de la bâtisse de la dite maison, soit pour quelque autre chose quelconque, » Mer de Laval s'obligeant de satisfaire « à toutes les susdites précédentes dettes et nommément à celle de Denis Roberge, qui est portée par le mémoire joint à son contrat de donation au séminaire (4). »

En même temps que l’on construisait cette maison en bois pour le grand séminaire, on faisait des travaux de réparation à l’église paroissiale, qui fut consacrée cette même année 1666. M. de Bernières, comme curé de Québec et supérieur du séminaire, eut sans doute à s'occuper de tous ces travaux pour en surveiller l'exécution.

Les différentes compagnies du régiment de Carignan envoyées au Canada pour aller, sous les ordres de M. de Tracy, porter la guerre dans le pays des froquois, arrivèrent à Québec dans l'automne de 1665. Plusieurs v passèrent l'hiver, et l'on se prépar: durant tout l'été de 1666 à marcher contre l'ennemi.

Cette année 1666 fut évidemment pour le curé de Québec une année féconde en occupations de toutes sortes.

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