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l'on y célébrait régulièrement pour les Français de la colonie, « qui font déjà une petite paroisse, » et de la piété qui régnait parmi eux : « tels qui de trois, de quatre et de cinq ans ne s'étaient confessés en l'ancienne France, s'approchent maintenant, en la nouvelle, plus souvent que tous les mois de ce sacrement si salutaire (1). »
À côté de l’église, était la petite résidence des Jésuites, ou le presbytère : deux d’entre eux s'y tenaient régulièrement jour les besoins de la paroisse.
Jusqu'en 1637. la résidence principale des Jésuites était à Notre- Dame des Anges, à l'embouchure de la rivière Lairet. Le 18 mars 1637, un terrain de douze arpents leur fut concédé à la haute ville : ils y commencèrent des constructions en bois pour s'y loger temporairement, en attendant que les aligne:.ents de la ville fussent définitivement fixés, ce qui eut lieu en 1648 (2).
L'église etle presbytère de Notre-Dame de Recouvrance devinrent la proie des flammes le 15 juin 1640. Le gouverneur mit alors à la disposition des fidèles une maison appartenant à la Compagnie des Cent-Associés; elle était située à l'angle des rues Sainte-Anne et des Jardins, sur une partie du terrain occupé aujourd'hui par l’église anglicane. De leur nouvelle résidence les Jésuites n'avaient que la rue à traverser pour se rendre à cette maison : elle servit d'église paroissiale durant dix-sept ans.
Où trouver en eflet les fonds nécessaires pour bâtir une église convenable dans une petite colonie encore si peu nombreuse, si dénuée de ressources? Dès 1643 et 164%, « on fit une cueillette parmi les habitants, » et le produit des quêtes fut mis de côté pour la construction de l'église. Il en fut de mème du produit des castors apportés du pays des Hurons par les soldats : il fut décidé que la somme serait employée à la construction d’une
église paroissiale et d’un presby:ère près de l'église (3).
Il fut décidé, en même temps, que la nouvelle église porterait le titre de Notre-Dame de la Paix, en souvenir de la paix que l'on venait de conclure solennellement aux Trois-Rivières avec les Iroquois (1645). Hélas! on ignorait encore combien étaient éphé-
1) Relations des Jésuites, 1636, p. 75; 1637, p. 7. 2) Notre-Dame de Recouvrance, p. 8.
3) Voir plus haut, au chapitre VIT,