‹ Henri de Bernières, premier curé de Québec [microforme]Chapitre 23 sur 60 · EN |. FES · texte numérisé non relu

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mères les traités conclus avec ces barbares, et l’on eut bientôt mille raisons de laisser de côté le titre que l’on avait songé à donner à Notre-Dame de Québec.

Avant d'entreprendre la construction en pierre de la nouvelle église, il fallait décider définitivement dans quelle direction on la bâtirait, L'ancienne église de Notre-Dame de Recouvrance, la rue Buade (1), le terrain des Jésuites, tout cela était dans l’alignement de la rue La Fabrique : on changea cet alignement, de manière à donner à l'église la position qu'elle occupe aujourd'hui, faisant angle avec la rue La Fabrique: et la façade de l'église fut tournée vers le sud-ouest.

L'édifice fut commencé le 23 septembre 1647, comme le témoigne l'inscription suivante :

« Le 25 septembre (2) 1647, le R. P. Hiérosme Lalemant, supérieur de la mission, et M. de Monimagny., gouverneur, ont mis la première pierre de l'église de Notre-Dame de la Conception à Québec, soubs le titre de Notre-Dame de la Paix. La dite première pierre est au coin de la croisée de main gauche en entrant à l'église, du côté et coin qui est le plus proche du grand autel. I y a un nom de Jesus el Maria gravé en ladite pierre avec une plaque de plomb (3). »

Le P. Poncet fit la bénédiction de la nouvelle église, et y célébra la première messe la veille de Noël 1650. IT y célébra également la messe de minuit. Mais l’église était loin d'être terminée, et ce ne fut qu'à Pâques 1657 qu'on commença à y faire les offices régulièrement (#).

Elle était en forme de croix latine, avec un sanctuaire demicirculaire : sa longueur était de cent pieds, et sa largeur de MES trente-huit.

LU Il y avait un clocher sur le transept (5). Dès l'automne de 1648, (LE on y monta une cloche, pesant environ cent livres, que le gouver-

(1) C'est-à-dire la rue que l'on appela plus tard Buade, du nom de Frontenac.

(2) Le Journal des Jésuiles, dit : « Le 2% (septembre) la {re pierre à l’église avec les cérémonies du Pontifical ajustées comme il se put, » — Le 24 septembre est le jour de la fête de Notre-Dame de la Merci

(3) Mss de l'abbé Beaudet,

(4) Journal des Jésuites, pp. 146, 208.

(5) Le charpentier Charles Boivin, au service des Jésuites, travailla durant Ë trois mois à ce clocher, (Catalogue des Bienfaileurs). 3

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neur M, de Montmagny (4) donna à l'église de la part de la Compagnie des Cent-Associés. Deux ans plus tard, Robert Hache en donna une de mille livres (2). D'après M. de Latour, il y avait trois cloches en 166%, et l'évêque en fit cette année-là la bénédiction, Suivant le même auteur, elles avaient été fabriquées dans le pays (3).

Outre le maitre-autel (4), dédié sous l'invocation de la bienheu-

(A) I y avait aussi une cloche au fort, (Jugements du Conseil Souverain, L, 1, p. 353).

(2) Catalogue des Bienfaileurs.

(3) Mémoires sur la vie de M. de Laval, p. 172.

(4) Voici, au sujet de cet autel, une lettre tout-à-fait inédite, trouvée dans les vieux papiers de la fabrique de Québec, Elle est adressée « de Quebek en Canada, le 28 sept. 1655, à M, Tranier, peintre, à Xaintes, » et intitulée Mémoire du Dez de la paroisse de Québec :

« Monsieur, le résit que j'ai oüi faire de votre mérite, et ce que j'ai même vu de votre main, en notre paroisse, quoique petit, m'a fait jeter les yeux sur vous pour vous recommander un Dez ou Ciel à mettre dessus notre grand autel, que vous designerez tel que votre industrie et votre dévotion vous suggéresont, selon que communément on le pratique parmi nos églises.

«I doit être peint sur de la toile, qui, après, s'attachera sur un châssis de bois de la longueur de onze pieds, et de six pieds et demi de largeur. Si vous avez quelque belle invention de pentes pour mettre à l'entour, de même étofte nature de toile, peinte avec de belles figures, fleurons ou moresques, avec têtes de chérubins où autres inventions que je laisse entièrement à votre industrie et designation, je les aimerais mieux que des pentes d'étoffes. Il me semble en avoir vu quelque part comme je viens de dire, qui étaient par le bas à dentelle et petits flocons, et qui avaient bonne grâce. Le dit Ciel ou Dez sera élevé au-dessus du plancher d'en bas de la hauteur de vingt-six pieds; c’est ce que j'ai jugé à propos de remarquer, cela étant important pour la proportion qu'ensuite doivent avoir les traits de l'ouvrage.

« Si de plus vous avez quelques belles pièces à nous envoyer pour garnir nos gradins ou degrés qui soutiennent notre Tabernacle, — celles que vous nous avez autrefois envoyées, ou que nous apporta ici M. Robert Hache, venant de votre main, commencent à vieillir — nous les recevrons volontiers, Voici les longueur et largeur de nos gradins : la corde ou ficelle est la longueur d'un. Il en faut trois en tout, de pareils; mais deux seront brisés par In moitié : le papier dans sa longueur est la hauteur des gradins (9 3/8 pouces).

« Pour le prix de tout cela je m'en rapporte entièrement au R. P. Procureur de notre collège de La Rochelle on de Xaintes, qui auront de quoi vous salisfaire, selon droit et raison. Il vous faudra envoyer le tout en sorte qu'il ne puisse être gàté pendant la traversée. Si cela nous réussit, nous pourrons avec le temps faire quelque chose de plus. En attendant, je prie Dieu de vous conserver en sa sainte grâce. C'est, monsieur, votre bien humble scrviteur indigne, Hiérosme Lazemanr, de la Compagnie de Jésus. »

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reuse vierge Marie et de saint Louis, il y avait deux chapelles, l'une dite de Saint-Joseph. du côté de l'épitre, l'autre de Sainte-Anne, du côté de l'évangile, I y avait aussi la chapelle du Scapulaire, où fut enterré, en 1668, Jean Bourdon, l'un des citoyens les plus estimés de la colonie.

Voilà l’église que M# de Laval et M. de Bernières trouvèrent à Québec, lorsqu'ils y arrivèrent en 1659,

Le prélat écrivant au Saint-Siège en 166% : «I y a ici, disait-il, une basilique construite en pierre : elle est grande et magnitique. L'office divin s'y célèbre suivant le Cérémonial des évêques: nos prètres, nos séminaristes, ainsi que dix ou douze enfants de chœur y assistent régulièrement, Dans les grandes fêtes, la messe, les vêpres et le salut du soir se chantent en musique, avec orchestre, et nos orgues (1) mélent leurs voix harmonieuses à celles des chantres. Il y a dans la sacristie (2) de très beaux ornements, huit chandeliers d'argent; et tous les calices, ciboires, burettes, encensoirs, ete, sont ou dorés où d'argent pur (3). »

Nous avons vu que la fabrique faisait les frais d'entretenir chez les Jésuites quelques enfants de chœur, afin d'être toujours sûre d'en avoir, Elle payait également un chantre, qui fût toujours prêt à soutenir et à diriger le chœur : on lappelait « le principal chantre de l'église. » Ce fut longtemps Martin Boutet qui remplit cette fonction : il recevait cent-vingt livres par année (#). IT était aussi « clerc de la fabrique, » et s'occupait de la vente des bancs dans l'église (5). C'était un frère donné des Jésuites (6).

(4) Nous avons cherché en vain qui a été le premier organiste de la cathédrale de Québec,

(2) C'était un Frère jésuite qui avait soin de la sacristie de la paroisse, (Cataloque des Bienfuileurs).

(3) Mandements des évèques de Québec, t. 1, p. 36.

(4) Archives paroissiales de Notre-Dame de Québec.

(5) En 1651, il donna à la fabrique « Ja somme de soixante livres pour être employée en livres d'église pour le chœur, » (Catalogue des Bienfaiteurs).

(6) Martin Houtet de Saint-Martin, originaire de Xaintes, habitait Québec dès 1648, et demeurait sur la rue Sainte-Anne. Après avoir marié l'ainte de ses filles à Charles Philippau, en 165%, et placé l’autre chez les Ursulines, il entra chez les Jésuites en qualité de frère donné. I y était en 1655. Le recensement de 1667 nous le donne comme âgé de 50 ans. Arpenteur de profession,

il inaugura au collège de Québec, en 1671, à la prière de Talon, un cours de mathématiques et d’hydrographie, Il était l’homme de confiance des Jésuites : à plusieurs reprises on le voit comparaître au Conseil Souverain comme leur

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Les orgues dont parlait Mér de Laval en 166%, il les avait apportées de Paris l’année précédente. Si l'on en croit M, de Latour, elles ne tardèrent pas à développer chez les canadiens un talent remarquable pour la fabrication de ces instruments : « Sur ce modèle, dit-il, un Ecclésiastique, qui a du génie pour la mécanique, en à fait dans plusieurs églises avec du bois seulement, qui rendent un son fort agréable (4). »

L'église paroissiale de Québec était bien pourvue d’ornements et de tous les objets nécessaires au culte, Mais que de peine on s'était donnée pour cela! que d'appels à la générosité des citoyens de Québec et des amis du Canada en France! On a la liste de tous les principaux dons qui furent faits à l'église de 1632 à 1658. Ce cahier tenu avec soin par les supérieurs de la Mission mériterait d'être gravé en lettres d'or ad perpetuam rei memoriam. Le titre seul du document est une invitation à la reconnaissance : « Cataloque des Bienfaiteurs de Notre-Dame de Recouvrance de Kebec, pour qui id faut prier de les recommander aux prières du peuple. » Mentionnons quelques noms et quelques offrandes,

Avant tout, il est juste de dire que le premier don offert à l'église canadienne lui vint de la France entière représentée aux États-Généraux qui se tinrent à Paris dans l'automne de 1614 : « Je fus trouver aux Estats, écrit Champlain, Nosseigneurs les Cardinaux et Evesques.. pour les supplier et les esmouvoir à donner, et faire donner à autres, qui pourraient y être émulés par leur exemple, quelques aumosnes et gratifications..… Les aumosnes qu'on amassa pour fournir aux frais de ce voyage (des Récollets), se montèrent à près de quinze cents livres, qui furent mis entre mes mains, et furent dès lors employés en la despense et achapt des choses nécessaires, tant pour la nourriture des Pères qui

« procureur, » (Jugements du Conseil Souverain, t. 1, pp. 99, 112, 177, 212). Le 26 novembre 166%, il va de leur part déclarer, € qu'ils n'ont fait jamais aucune profession de vendre, et n'ont jamais rien vendu, mais seulement que les marchandises qu'ils donnent aux particuliers ne sont que pour avoir leurs nécessités... » (1bid., p. 300), L'été précédent, il avait été employé pendant deux mois pour explorer une mine qu'avait découverte le sieur Lépinay; et le Conseil lui alloua cent livres, (/bid., p. 276). Quelques mois auparavant il fut même appelé au Conseil pour occuper temporairement la place d’un Conseiller, ({bid., p. 176). Sa fille Marie, entrée toute jeune aux Ursulines, y prit le saint habit le 22 janvier 1659, et devint « la Mère Marie Boutet de Saint-Augustin, » (1) Mémoires sur la vie de M. de Laval, p. 172.

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feraient le voyage en la Nouvelle-France, qu'habits, linges, et ornemens qui leur estait de besoing, pour faire et dire le service divin (1). »

’armi les différents bienfaiteurs de l’église paroissiale de Québec sont les gouverneurs Champlain, Montmagny et de Lauson. Champlain « laissa par testament quelques meubles, dont la vente à fait ; la somme d'environ neuf cents livres. De cette somme on a eu le soleil et calice vermeil doré, avec les burettes et le bassinet (2). » Montmagny, outre « le vase de cuivre ciselé qui sert pour l'eau baptismale, » et beaucoup d’autres offrandes, « donna vingt-cinq eseus (3), qui ont été cmployés au tabernacle doré qui est à présent (1645) sur le grand autel, apporié en lan 164%. » M. de Lauson, écrit le P. Lalemant, « nous a fait tomber entre les mains, en diverses rencontres, plus de trois cents liv,es. »

Bon nombre de tableaux et d'images ornaient le chœur de Kotre-Dame de Recouvrance : ils avaient été donnés par M. Castillon, lun des Cent-Associés, et MM. Duplessis-Bochart et De L'Isle, qui furent tous deux gouverneurs des Trois-Rivières.

Les familles Giffard, Legardeur de Tilly et de Repentigny (%), Godefroy, Couillard. Bourdon, Joliet, Juchereau, Noël Morin, Ù Sevestre, Mme de la Peltrie, Mme de Monceaux, Melle Wance contribuèrent à maintes reprises à l'achat des ornements #t autres objets nécessaires pour le culte.

Le 26 avril 1657, Marie Favery, veuve de Pierre Le Gardeur de Repentigny donne à la fabrique de Québec des ornements pour la valeur de trois cents livres, « pour fonder une grand'messe avec Lres Ct 2mes vôêpres et sermon: » le don est accepté par le P. Poncet, curé, et les marguilliers Guillaume Couillard, Jean Juchereau $

(4) Œuvres de Champlain, p. 49%.

(2) Par son testament, du 17 novembre 1635, Champlain avait légué aux Jésuites, pour Péglise du Canada, outre ses meubles, une somme de quatre Q milie livres à prendre sur ses immeubles. Les parents intentèrent un procès aux légataires: le prévôt de Paris confirma le testament; mais ce jugement fut cassé en appel. (L'Abeille, vol, vit, n° 18).

{3) Un ëcu valait quatre livres. (Jugements du Conseil Souverain, t, 1, p. 205).

(4) La famille Le Gardeur fut anoblie en 1510, et les lettres de noblesse enregistrées à Ja Cour des Aydes en Normandie en 1556, puis au Conseil Souverain le 23 juillet 1667.

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de Maure, Jacques Loyer Latour, substitut de Jacques Maheu, et Henri Roquet, substitut de Martin Grouvel (1).

Du couvent de la Visitation de Paris arrivent à Québec en ditférents temps de magnifiques chasubles, des dalmatiques, « six beaux vases de faïence figurée. avec leurs bouquets, » et plusieurs surplis.

Jean Bourdon et Martin Grouvel, arrivés en Canada dès 163%, font à eux deux presque tous les frais de l’ornementation de la chapelle Saint-Joseph; le premier à son banc dans cette chapelle. Martin Grouvel est établi « au lieu diet La Grande-Rivière, audessus du Cap-Tourmente, dans la seigneurie de Beanpré. » C'est un navigateur : lui et M. Godefroy ont chacun une barque, et voyagent entre les Trois-Rivières et Tadoussac « pour faire fort'ine par la voie ce ja navigation et du commerce (2). » La maison de Martin Grouvel à la Grande-Rivière a servi d'église pendant quelque temps dans les commencements de la colonisation de Beau pré (3). En 1655, Gil fait don de sa terre » à l’église paroissiale de Québec; « mais les seigneurs, n'ayant point voulu laisser cela en wain-morte, obligèrent la paroisse de s'en deffaire, et elle fut vendue sept cents livres à Charles Cadieu dit Courville

A ce don généreux fait à l'église paroissiale de Québec, Martin Grouvel ajoute encore, l’année suivante, © un devant d'autel, denx pavillons de droguet blanc à fleurs rouges, quatre chasubles (deux blanches, une rouge et une noire), un voile rouge et un blanc, deux bourses, deux Agnus Dei, un petit tableau, deux encensoirs, une navette de cuivre, trois corporaux, deux voiles de reseau, un petit bénitier de cuivre, deux bréviaires, une nappe

d’autel, une aube et un amict (#4). »

La Basilique de Québec, aujourd'hui si bien ornée, si brillante dans les grandes solennités, a eu, comme on le voit, d'humbles commencements: elle s'est édifiée peu à peu, comme toutes les églises, par la générosité des fidèles qui lui ont apporté le contingent de leurs offrandes.

Malgré l'autorité de la parole de M£r de Laval, il ne faudrait pas

(4) Vieux papiers de la fabrique, aux archives de l'archevêché de Québer. (2) Journal des Jésuites, pp. 137, 141.

(3) Ibid., p. 147.

(4) Calalogue des Bienfaileurs.

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prendre trop à la lettre ce que dit le Prélat, dans son rapport de 166%, de l'ampleur et de la magnificence de sa cathédrale (D). Ces mots, du reste, ont une signification tout à fait relative.

Ce qui est certain, c'est qu'à cette date, elle n’était pas terminée à l’intérieur, et qu’elle avait même besoin de réparations urgentes. Talon écrit à la Cour :

« L'église paroissiale de Québec est menacée de ruine, faute de couverture, ce qui fait que mon dit sieur évêque demande cent milliers d’ardoises et deux cents milliers de clous pour faire couvrir la dite église, faute de quoy les murailles ne pourront pas résister (2), parce que la couverture n’est que de planches, qui ne rejettent que la grosse pluie, et n'empêche point que les murailles n'en soient minées.…

« Si la Compagnie voulait faire les avances de cette dépense l’année prochaine, elle ferait une grande charité, Je ne crois pas qu'il faille plus de deux mille livres, parce que lardoise se peut prendre à Nantes ou à La Rochelle à assez bon compte.

€ Si la Compagnie prend cette résolution, il faudra acheter l'ardoise toute prête à mettre en œuvre, et la faire encaisser; de cette façon il ne s'en perdra point, et elle pourra servir de leste au navire... (3). »

On se mit résolument à l'œuvre pour terminer l'intérieur de l’église paroissiale et la couvrir en ardoise: les travaux furent poussés avec tant de vigueur qu’elle fut en état d’être consacrée par M£r de Laval dans l'été de 1666 (%).

[I n'y avait encore de clocher que sur le transept de Péglise. En 1680, il était hors de service. Voici ce que M£: de Laval écrivait

(4) « Basilica nune ibi lapidibus constructa cernitur, et magna sanè et magnifica, » — La Bulle d’érection reproduit à peu près les mêmes expressions : « Parochialem ecclesiam.. amplæ et magnificæ structuræ., »

(2) En 1666, on paya une certaine somme à La Brière « pour des liens de fer à soutenir les poutres de l'église. » (Archives paroissiaies de Notre-Dame de Québec).

(3) Archives du Canada, Etat des aMaires qui sont à régler, 1665.

(4) Les deux couvreurs en ardoise 2": ppelaient Jacques Bernard et Robert Penin: le menuisier qui couvrit Péglise en planche pour recevoir Pardoise était Lespérauce. Ces ouvriers travaillaient à fa journée, et la fabrique payait en sus leur nourriture. L'année suivante, on eut encore à payer à Robert Pépin huit journées de travail « pour réparer la couverture, » (Archives paroissiales de Notre-Dame de Québec).

au Roi à ce sujet : « Le clocher de Québec, n'étant que de bois, s’est trouvé entièrement perdu et ruiné par les neiges et la rigueur des saisons de ce pays: il ne se peut réparer, ce qui fait que l'on se voit dans la nécessité d’en construire un en pierre... Il y a plus de dix-huit mois que l’on ne sonne les cloches, de crainte que le clocher ne tombe sur l'église dont il fait partie (4). »

On se décida donc à le rebâtir et à le mettre sur une tour en pierre à la façade de l'église. Les travaux furent commencés en 168%. M. Renaud-Baillif en fut l'architecte, et M. Lemire, le charpentier (2). Le roi donna pour ce clocher quatre mille livres en 1683, deux mille livres en 168%, et quatre mille cinq cents en 1685 : cette dernière gratification fut apportée par M#' de Saint- Vallier lui-même.

En 1687, l’année même de la démission de M. de Bernières comme curé de Québec, les marguilliers voyant que léglise était trop petite, se décidèrent à l’allonger de cinquante pieds. Cette addition fut terminée en 1689, Il y eut pour ces travaux une gratilication royale de neuf mille livres monnaie de France, valant douze mille livres du Canada. L'architecte fut Hilaire Bernard de la Rivière, engagé à Paris le 16 février 1688 (3).

(1) Archives du Séminaire de Québec, Lettre du 10 novembre 1683.

(2) C’est un nommé Lalime, de Batiscan, qui entreprit de fournir le bois de chêne nécessaire pour ce clocher,

(3) Voici quelques notes extraites des comptes qu'il rendit à la fabrique, « en La salle du palais épiscopal, Mer l'évêque présent, » le 2 avril 1689 :

« Engagés venus de France en 1688 : — Joseph Charpentier; Jacques Huteaux dit Laverdure: Pierre Carré, charpentier; Jean Gallot: Pierre Janson, tailleur de pierre; Sébastien Marinier; Joseph Liée; Nicolas Chastel, — Tailleurs de pierre et maçons à la journée : — François Olivier; Simon Dauvié; un polonais, maçon; Jean Hède dit Crequy; André Desnoyers; Urbain Girard, — Les manœuvres au mois : — Pierre Lavoie; Nicolas Feron; Jean Pinsot: Louis Annié; La Code; Jean Bertrand; Nicolas Dauphin; La Chambre; Deslauriers ; Gabriel Roger; Ignace Le Roux: Gilles Rousseau: La Magdeleine; Jean Gc:geau:; Jean Martel: Charles Rogueville; La Batterie, — Les matereaux : —- Mue Earent, chaloupier; Jacques Parent, chaloupier; La Berge, chaux; Dupret, chaux; Pierre Maufait, sable; Pierre Riopel, tonnelier; La Rouche, taillandier ; Hervieux, forgeron; Louis Le Mercier, serrurier; La Ferrière, taillandier; La Récompense, pelles de bois. — Payé aux ouvriers gratis pour la bienvenue de Mer l'Evôque, — Payé pour un grand poêle pour Péglise, 200 1. — Payé pour le port des hardes des engagés, de Paris à La Rochelle, la somme de 100 1. de France. — nonné à Gatien, dit Tourangeau, pour lui et ceux qui lui ont aidé à monter la croix sur le elocher, 4 livres. — Payé au dit Tourangeau

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L'église fut allongée de nouveau en 1697, du côté du portail, en avant des tours : M. Le Pailleur avait été nommé par la fabrique deux ans auparavant « pour recouvrer toutes les vieilles dettes. »

Charlevoix, qui vit la cathédrale de Québec ainsi agrandie (4), en fait uns description qui ne la recommande guère à notre admiration : que n'aurait-il pas écrit s’il l'eùt vue dans les dimensions exiguës de sa construction première ?

« La cathédrale, dit-il, ne ferait pas une belle paroisse dans un des plus petits bourgs de France; jugez si elle mérite d'être le siège du seul évêché qui soit dans tout l'empire français de l'Amérique, beaucoup plus étendu que n’a jamais été celui des Romains. Son architecture, son chœur, son grand autel, ses chapelles sentent tout à fait l'édifice de campagne. Ce qu'elle a de plus passable, est une tour fort haute, solidement bâtie, et qui de loin a quelque apparence. »

De l’église primitive de 1647, celle qui existait du temps de M. de Bernières, il n’y à aujourd'hui que les fondations des lourds piliers de la nef. Tout le reste date de 1745, époque où l’église paroissiale fut rebâtie. Pendant le siège de la ville en 1759, toute la partie en bois fut incendiée, et les murs furent endommagés par les boulets et les obus (2): mais elle fut réparée sur les mêmes plans que précédemment (3).

LE REVENU DE L'ÉGLISE PAROISSIALE DE QUÉBEC, — LES MARGUIL- LIERS, DU TEMPS DE M. DE BERNIERES.

Le principal revenu de léglise paroissiale de Québec était la somme d milie livres (4) que lui versait annueilement le gouver-

pour le temps qu'il a employé à mettre et remettre au haut du clocher le coq et la verge qui soutient le coq, 40 livres, »

(4) Il était à Québes de 1703 à 1709.

(2) Knox's Historical Journal, t. 1, p. 333.

(3) Mss de l'abbé Beandet.

(4) En 1688, les 4,000 livres de France valaient 1,333 1. 6 s. 8 d. monnaie du

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nement d'alors (1), savoir, « le Conseil du pays, » par les mains de l’Intendant (1666), ou bien. « les messieurs de la Compagnie Royale des Indes Occidentales, par leur agent (2), » tant que dura cette Compagnie, laquelle fut supprimée en 1674.

En retour de ce don généreux, il y avait des banes dans l'église à l’usage des Conseillers et de MM. de la Compagnie ou de leurs agents (3). Plus tard on en donna un à M#' de Saint-Vallier, pour ses domestiques, « par reconnaissance de tous ses bienfaits à la dite église. »

Dans un édifice aussi peu spacieux qu'était originairement la athédrale, il y avait ainsi plusieurs bancs qui, pour une raison ou pour une autre, ne payaient pas (#4). Il n’y avait en tout, en 1666, que dix-sept bancs payants : ils rapportaient annuellement la somme de 193 livres. Il y en avait dix-neuf en 1673 : ils donnaient 233 livres. Après que l'église eut été agrandie en 1687, on y comptait ving-neuf bancs, dont sept ne payaient pas : ceux-ci étaient occupés par € M. le Major (5), Madile Charon, M. de Granville pour feue Mme Couillard, M. de Villeray comme agent de la

(1) Cette somme avait été volée par le Conseil äu pays dès 1651. En 1664, les marguilliers de Québec s'adressèrent au Conseil Souverain pour la réclamer de nouveau, et elle leur fut continuée. (Jugements du Conseil Souverain, t. 1, p. 175).

(2) Archives paroissiales de Notre-Dame de Québec, Comptes des marguilliers.

(3) MM. de la Chenaie, Bazire, de Villeray fureat à tour de rôle agents ou commis de la Compagnie. — De Villeray occupait un banc dans l'église, « au nom de MM. les Fermiers du Roy, » « Le sieur de Villeray, lieutenant particulier à Québec, qui est un des meilleurs habitants de ce pays, et un fort honnête homme, » (Manuscrits de la Nouvelle-France, 2 série, Correspondance de M. d'Argenson, t, 1, p. 400). — Charles Bazire, « receveur des Droits et Domzines du Roy, » fils de Jean Bazire, de Saint-Vincent, évêché de Rouen, était marguillier en charge en 1673, et mourut à Québer le 45 décembre 1677. Mille messes d'un franc furent dites au Séminaire pour le repos de son âme, (Archives paroissiales de Notre-Dame de Québec), — Aubert de la Chenaie, Bazire et Pierre Denys de la Ronde étaient seigneurs ‘le lile Percée, Le 22 novembre 1676, ils donnent à Frontenac, pour les Récollets, quatre arpents de terre sur quarante, dans la rivière Saint-Pierre, et une maison à l’ile Percte, près de la grève où les Pères étaient déjà établis. (A travers les Registres, par Mar Tanguay, p. 61).

(4) Ceux de Jean Bourdon et de la famille Couillard, par exemple.

() «IT y a au fort üe Québec un homme à qui on à donné l'empioi de major avec 4,200 L. d’appointerments... » (Archives du Ministère des Colonies, Canada, correspondance générale, vol. 11, Mémoire sur le Canada, 1669).

Compagnie, Mme Bourdon, Madiie de Maupou, M. Rossebelle (4). »

Voici les noms des dix-sept propriétaires de bancs payants, en 1666, l’année de la consécration de la cathédrale : M. Poirier (2), Me Maheu, M. Le Gardeur, M. D’Auteuil, M. Madry, M. Lambert, M. Soulart, M. Duquet, M. Gloria, Mme Duplessis, M. de Tilly, M. Denys le père, M. Denys le fils, M. Chartier, M. Roger des Colombiers, M. La Vigne, M. Loyer de la Tour.

Une autre source de revenu pour l’église, c’étaient les quêtes; mais elle était, naturellement, variable, plus ou moins abondante suivant les années, et les besoins de l’église, proportionnée aux instances plus où moins pressantes du curé, M. de Bernières. En 1666, l'année des grandes réparations, le produit des quêtes « faites à la paroisse suivant la recepte de tous les mois, » fut de 726 1.2. 11 d.: il n'était que de 520 1. 17 s. 5 d. l’année suivante.

La fabrique de Québec possédait « la terre du Cap au Diamant (3), » qui avait huit arpents en superficie : elle était affermée en 1663 à Antoine Le Boesme à raison de 36 livres par année (#); elle fut affermée ensuite au bedeau Jacques Boissel (5); une terre

(4) Il y avait aussi à Québec et à Montréal le banc du gouverneur. A Montréal, il parait, d'après une lettre de Mer de Saint-Vallier, que les bancs du gouverneur et autres officiers publics avaient coûté très cher à la fabrique : «€ On y a fait des théâtres plutôt que des bancs, » écrit-il. Il auroit voulu que ces officiers les fissent au moins construire à leurs frais. (Documents de Paris, t. 1, p. 120).

(2) Vincent Poirier de Bellepoire, originaire de Saint-Ni olas-des-Champs, de Paris. Le 2 août 166%, il est condamné par le Conseil à payer 6 1, 175, qu'il doit à la fabrique. (Jugements du Conseil Souverain, t. 1, p. 249).

(3) Le 5 juillet 1655, Martin Boutet fait l'arpentage du « fief du cap Diamant, » En 1678, M. Boisbuisson arpente deux fois l'emplacement des terres de la fabrique. (Archives paroissiales de Notre-Dame de Québec).

(4) En 1662, le gouverneur D’Avaugour, malgré les réclamations de Le Boesme, permit, sans plus de façon, aux soldats de la garnison de cultiver le lopin de terre de la fabrique. Dans l'automne de 1663, les marguilliers poursuivirent Le Boesme pour recouvrer la rente de leur terre : celui-ci n’eut pas de peine à prouver au Conseil que le gouverneur lui en avait enlevé la jouissance. Le Conseil l’exempta de payer cette année de rente, laissant aux marguilliers, pour toute consolation, « à se pourvoir sur les blës provenant de la dite terre, si aucuns sont trouvés, » (Jugements du Conseil Souverain, t. 1, p. 62).

(à) Le bedeau recevait cent livres par année pour son salaire. Julien Brûlé remplaça Jacques Boissel en 1675, et on lui donna un aide l’année suivante, dans la personne du nommé Ardré. Le bedeau était obligé de sonner les cloches; mais dans les occasions extraordinaires, comme par exemple, « la nuit de

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au Cap-Rouge, louée au sieur Gauthier; et une « maison vis-àvis des Ursulines, » occupée successivement par Richard Grouard dit Larose (1), par le sieur Brunet et par Jean Dubuc : tout cela

Noël, » ou « à l'enterrement de M. Bazire, » ou « le jour du Te Deum pour la paix (1679), » il se faisait aider aux frais de l'église; et la fabrique donnait quelquefois aux sonneurs « un petit coup d’eau-de-vie, » — Le bedeau devait s'occuper également de préparer le bois « pour le feu de la Saint-Jean, » et les feuillages pour les reposoirs « le jour de la Fête-Dieu, » ainsi que « la petite Fête-Dieu; » mais la fabrique payait pour faire charroyer ce bois et ces feuillages; et nous voyons qu'en 1678 elle donne dix livres « à un homme qui a fendu le bois du feu de Saint-Jean, le bedeau étant blessé d’une main, » — En 168%, Dubeau était bedeau toujours à cent livres de gages par année, et Louis Chapelain, aide-bedeau et carillonneur, avec un salaire de soixante-cinq livres.

(4) Il était charretier; et nous voyons qu’en 1679 la fabrique lui paie une certaine somme « pour les voyages qu'il a faits, tant pour l'Avent que pour le Carême, pour aller quérir le R. P, Récollet, prédicateur, » Les Récollets demeuraient encore à Notre-Dame-des-Anges. On s'y rendait par la côte du Palais, comme aujourd'hui, puis à travers les bois qui recouvraient alors l'emplacement du vaste faubourg Saint-Roch.

Si l’on voulait traverser au nord de la rivière Saint-Charles, c’est là qu'était « le passage. » Il y avait, sur le terrain des Jésuites, une houblonuière, dont parle quelque part Mer de Laval; et celui qui la cultivait était le passager : « J'ai examiné le passager, dit-il, l'été dernier, quand je revins du cap Tourmente, de ce que les Jésuites lui donnent pour cultiver cette grande houblonnière qu'ils ont au passage, Il me dit le prix, qui me parut fort médiocre, » (Archives du Séminaire de Québec, Lettre de Mer de Laval, 1685),

La paroisse Saint-Roch doit son nom, croyons-nous, à une chapelle Saint-Roch qui fut construite au commencement du xvure siécle après une grande épidémie de picote qui décima la petite ville de Québec dans l'hiver de 1702-1703. (Histoire de l'Hôtel-Dieu, par sœur Juchereau, p. 403 : « La mortalité fut si grande que les prêtres ne pouvaient suffire à enterrer les morts et assister les mourants. ») Les Récollets, qui la construisirent, la mirent sous ie vocable du Saint que l’on invoque dans les temps de calamité. Voici ce qu'écrit l'abbé Beaudet au sujet de cette chapelle :

« Elle était dans l'angle du terrain formé par les rues Saint-Roch, Saint-Paul et des Fossés.

« Le # novembre 1693, Louis de Buade, comte de Frontenac, gouverneur, et Jean Bochart de Champigny, intendant, concédèrent aux Récollets trois arpents de terre « proche la maison du Palais, pour y bâtir un Hermitage ou lieu « de retraite, sur le bord de l'eau, où ils puissent avoir un petit débarquement « de leur chaloupe et canot, et un jardin d'où ils puissent tirer les légumes et « racines nécessaires à leur subsistance, » conformément à la permission donnée en 1692 par Mer de Saint-Vallier, lors de l'échange de Notre-Dame des Anges,

« Vers la fin du xvue siècle ou au commencement du xvine, les Récollets y

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