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M. DE BERNIÈRES, DOYEN DU CHAPITRE. — SA MORT

M. de Bernières fut remplacé de nouveau par M. de Maïzerets

(4) Mémoire de Mer de Saint-Vallier au P. La Chaise, cité par le P. de Rochemonteix, Ibid.

(2) A Montréal, c'est également le séminaire de Saint-Sulpice, curé de la paroisse, qui tenait les petites écoles : « Les petites écoles de Villemarie sont tenues par un prêtre du séminaire du même lieu avec beaucoup de fruit, ce qui sera qui sera perpétué, puisque c'est cette maison qui en prend soin. » (Lettre de l’intendant Champigny au ministre, 20 novembre 4699, Archives du Ministère des colonies, vol. 17).

(3) Mss. de la Nouvelle-France, vol, 1x, 24 novembre 1701.

comme supérieur du séminaire en 1697 (1), l’année du jubilé sacerdotal de Mer de Laval (2), et ne fut plus jusqu’à sa mort que doyen du Chapitre.

L'histoire du chapitre de Québec est trop longue et trop compliquée pour entrer dans le cadre de cette étude. Il convient néanmoins de dire un mot de son origine et des principales phases qu'il eut à traverser.

chapitre de Québec fut érigé par Mer de Laval le 6 novembre 1684. Il était composé de cinq Dignités et huit chanoines; il y avait de plus quatre chapelains ou vicaires et six enfants de chœur. L’évèque nommait les chanoines et les Dignités, à l’exception du doyen, qui était élu par le chapitre. Le premier doyen, cependant, fut aussi nommé par l’évêque : ce fut M. de Bernières.

Mer de Laval attribua au chapitre les menses conventuelles des abbayes de Maubec, dans le diocèse de Bourges, et de Lestrées, dans le diocèse d'Evreux, abbayes que le Roi lui avait données pour le soutien de son église; le prélat se réserva les menses abbatiales. Il n’y avait encore que la mense abbatiale de Maubec qui fût unie à Québec en Cour de Rome (3).

Le séminaire, auquel l’évêque avait déjà donné la seigneurie

() Archives de l'évêché d'Evreux, Lettre de Glandelet à Boudon, 11 octobre 1697,

(2) Mer de Laval célébra en 1697 son jubilé sacerdotal. On n’a pas son acte d’ordination à la prêtrise; mais on sait par les informations canoniques, tenues en 14657, qu'il y avait alors juste dix ans qu’il était prêtre : il avait donc été ordonné en 1647. Or M. de la Colombière, dans son Eloge funèbre, dit d’une manière singulièrement précise : « Il prend l’ordre de prêtrise à l’âge de vingtquatre ans et un jour. » D'après la tradition et les historiens en général, -— car on n'a pas non plus son acte de baptême — il est né le 30 avril. Donc il fut ordonné prêtre le 4er mai 1647, jour de la fête de saint Philippe et saint Jacques, qui était un mercredi, et d'obligation à cette époque : et c’est bien en 1623, d’après les mêmes paroles de M. de la Colombière, et non pas en 1622, comme nous l'avons écrit nous-même, qu'est né Mer de Laval : « Il naquit, dit Latour, le 30 avril 14623, » Or Latour, qui arriva à Québec une vingtaine d'années seulement après la mort du saint prélat, devait être bien renseigné sur les dates principales de sa vie : « C’est sur de bons mémoires, dit-il, et sur le rapport d'un grand nombre de personnes qui avaient connu le saint évêque, que l’auteur, pendant son séjour à Québec, a rassemblé les divers faits dont il rend compte au public. »

(3) Par la bulle d’érection du diocèse de Québec, du 4+ octobre 1674.

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de la Petite-Nation, lui en remit une partie pour contribuer lui aussi à la fondation du chapitre.

La première assemblée capitulaire eut lieu le 12 novembre, sous la présidence de M£' de Laval. On y dressa avec sa coopération les statuts du chapitre, et le lendemain l’évêque rendit une ordonnance « commettant aux chanoines le soin d'expliquer et d'étendre le règlement (1). »

La deuxième assemblée capitulaire 5e tint le 24 mai 1685. On y régla qu'à toutes les messes conventuelles on chanterait après l'Agnus Dei le Domine salvum fac Regem pour le Roi.

M#r de Saint-Vallier, désigné pour succéder à M£r de Laval, vint à Québec dans le cours de l'été; et bien qu'il n’eüt pas encore ses bulles, et ne fût que grand vicaire de l’ancien évêque, dont la résignation n'avait pas encore été acceptée par le Saint-Siège, il fut « admis au chapitre pour y présider, » et « M. le doyen lui assigna en eflet la place du président (2). »

À la troisième assemblée capitulaire, le 7 mai 1686, l’archidiacre de Maizerets prononça un discours « sur l'excellence et les obligations des chanoines. »

On a vu qu’à la demande de Frontenac le curé de Québec, M. de Bernières, avait, dès 1675, accordé certains honneurs dans l'église au Conseil Souverain. Qu'allaient devenir ces privilèges avec le chapitre? Celui-ci dissipa bientôt les inquiétudes qu'on avait pu entretenir. Voici en effet ce qu’on lit dans le Registre, à la date du 24 janvier 1687 :

« M. Ango ayant représenté au chapitre le désir qu'avait le Conseil Souverain de Québec d'assister en corps au service de la cathédrale dans les fêtes solennelles de l’année et dans les cérémonies de la Purification, des Cendres, des Rameaux, de l’Adoration de la Croix, processions et autres cérémonies extraordinaires, la Compagnie a jugé la chose très avantageuse pour l'édification des peuples, pour conserver l'union entre l’état ecclésiastique et l'etat civil, et pour la faire paraitre en public : ce qui ne pouvait être qu’une source de bénédictions pour tout le pays. C’est pourquoi la Compagnie a résolu de rendre au Conseil Souverain, lorsqu'il sera assemblé en corps, les honneurs immédiatement

(1) Mandements des évêques de Québec, t. 1, pp. 129, 135, 140. (2) Archives de l’archevêché de Québec, Registre du chapitre,

après le chœur, à savoir l'eau bénite, l’encens et la paix, que tout le corps sera encensé de trois coups, que l’on donnera la paix aux deux premiers, qu’ils viendront à l’autel recevoir les cierges, cendres, rameaux, à l’adoration de la Croix et à l’otfrande, et qu’on leur rendra les saluts ordinaires au commencement et à la fin de l'office. »

Le Conseil succombait sous le fardeau des honneurs; il demanda en grâce qu'on l’exemptät de la paix et des encensements (1).

C'est cette année 1687 qu’eut lieu l'expédition de M. de Denonville contre les [roquois Tsonnontouans. Il y eut des prières publiques, à la demande du chapitre, bénédiction solennelle des drapeaux et des bateaux de l’expédit'on.

Nous venons de dire que le chapitre de Québec fut érigé le 6 novembre 1684. Il s’agit ici de l'érection officielle. Mais plusieurs années auparavant M£r de Laval avait prié les prêtres de son séminaire de réciter l'office en chœur dans sa cathédrale, pour acquitter les charges de ses abbayes, et établi un véritable chapitre, conformément à la bulle d’érection du diocèse. Il en informe le pape Innocent XI dans une lettre datée de Paris le 27 janvier 1679. Il lui en parle de nouveau dans une seconde lettre qu’il lui adresse, de retour à Québec, en novembre 1680 : « J'ai établi un chapitre, dit-il, comme mes bulles m’obligent de le faire : il n’est pas de légère importance, pour l’aflermissement de cette église naissante, que les peuples voient avec quelle splendeur, quelle dignité et surtout quelle piété les offices divins se célèbrent dans notre cathédrale : les nouveaux convertis, surtout, éprouvent une singulière vénération pour nos saints mystères (2). »

Si Msr de Laval attendit à l’année 1684 à ériger officiellement son chapitre, c’est uniquement parce qu’il espérait d’un moment à l’autre voir s’opérer l'union canonique de ses abbayes à son église. Il en parle dans toutes ses lettres au Souverain Pontife. Le pape l’encourage à espérer; mais enfin il lui écrit franchement que « l'affaire est hérissée de graves difficultés, à cause des dommages qui résulteraient de l'union pour deux Ordres très illustres de Religieux (3) qui ont bien mérité de l'Eglise. Jusqu'ici,

(4) Registre du chapitre.

(2) Archives de l’archevêché de Québec, Documents copiés au Vatican. (3) L'Ordre de saint Benoit, à Maubee, et l'Ordre de Citeaux, à Lestrées.

ajoute-t-il, nous. n'avons pas vu jour à vous accorder votre demande (4). »

Ce ne fut que vingt ans plus tard que M£# de Saint-Vallier réussit à obtenir l’union canonique à son église des abbayes de Maubec et de Lestrées, ainsi que de l'abbaye de Bénévent (2), que le Roi lui avait aussi accordée.

ME" de Laval était enchanté de son chapitre. Au printemps de 1685, de Paris, où il est allé porter sa démission au Roi, il écrit au Souverain Pontife : « Avant mon départ de Québec, un chapitre y a été érigé solennellement suivant le désir du Saint-Siège, des Dignités et des chanoines ont été créés; et l’oflice divin se célèbre dans la cathédrale avec encore plus de magnificence qu'auparavant. J'ai le plus grand espoir, ajoute-t-il, que le nouveau gouverneur (3) et le nouvel évêque, qui s’en vont tous deux au Canada, vont réparer les fautes qui ont été commises par d'autres, les miennes suriout, et que bientôt tout sera renouvelé dans cette Eglise (4).

Nous avons parlé de quelques misères que M£r de Saint- Vallier fit au chapitre, du temps de M. de Bernières. Elles ne furent que le prélude de plusieurs démarches regrettables où l'entraina son antipathie pour le séminaire de Québec.

Il y eut pourtant un moment de répit, à son retour de France, en 1697. Il choisit pour ses granas vicaires MM. de Maizerets, Glandelet (5) et de la Colombière: et c'est au mois d'octobre de cette année que le Roi, à sa demande, donna des lettres patentes, confirmant pour les fins civiles la bulle d’érection du diocèse de Québec, le décret pour l'établissement du chapitre et l'union de la cure au séminaire (6).

Mais l'idée de M# de Saint-Vallier est que le chapitre soit

(4; Documents inédits copiés au Vatican.

(2) De l'Ordre de saint Augustin, dans le diocèse de Limoges.

(3) M. de Denonville s’en allait remplacer M. de la Barre, qui avait succédé à Frontenac.

(4) Documents inédits copiés au Vatican, Lettre de Msr de Laval au pape Innocent XI, 20 mai 1685.

(b) « Je vous prie de demander à Dieu pour moi de le bien glorifier, dans le rang qu'il a plu à Mer l’évêque de me placer, car il m'a fait l'an de ses grands vicaires, » (Lettre de Glandelet à Boudon, 41 octobre 1697, Archives de l'évêché d'Evreux).

(6) Documents de Paris, t. 11, p. 23, Mémoire présenté à la Cour de la part de Mer de Pontbriand.

complètement séparé du séminaire, et que celui-ci n'ait rien à voir au revenu du chapitre (1). « Depuis trente-deux ans que je suis évêque, écrit-il en 1747, les chanoines de ma cathédrale n’ont jamais pu avoir le revenu de leurs canonicats (2). » Le séminaire est assez riche, « il a des biens considérables (3) : » l’évêque ne veut pas qu'il partage dans les revenus des abbayes (4).

C’est avec cette idée qu'il passe en France dans l'automne de 1700. Avant de se rendre à Rome pour l'union canonique de ses abbayes, il obtient de la Cour un brevet par lequel le Roi consent à leur suppression et à l'union de leurs revenus à lévèché et au chapitre de Québec, mais à l'exclusion du séminaire (5).

Rendu à Rome, il constate que l’on veut réduire le nombre des chanoines de Québec, — sans doute parce qu'on s'est aperçu qu'il n'y à pas de quoi faire vivre tant de monde; — et il écrit au chapitre, le 20 mai 1703, pour l'en informer. Le chapitre, dans son assemblée du 24 octobre de la mème année, proteste énergiquement contre le projet. Mais le pape Clément XI, sans s'occuper de ces protestations, réduit à sept le nombre des chanoines de Québec, par sa bulle du 7 septembre 170%; puis il unit canoniquement les trois abbayes de Maubec, Lestrées et Bénévent non seulement à l’évèché et au chapitre, mais aussi au séminaire de Québec (6).

(1) Documements de Paris, t. 1, p. 83, Lettre de Saint-Vallier au Ministre, 1747,

(2) Voici ce que l’on répondait à cela : « Dans le temps que le séminaire était uni au chapitre, l’économe percevait tous les revenus, et nourrissait tous les chanoines, sans faire de partage. » (lbid., t. n, p. 42, Mémoire de Mer Dosquet, 9 janvier 1731).

(3) Mer Dosquet écrivait au contraire en 1730 : « Sans un secours extraordinaire, il est impossible que cette maison subsiste. » (Ibid, t. 1, p. 91).

(4) Qu’arriva-t-il après que le séminaire fut complètement séparé du chapitre? 11 fallut que les deux institutions eussent chacune leur procureur en France. Or voici ce que Msr de Saint-Vallier écrivait en 1727 au sujet du procureur du chapitre en France, qui était à cette date M. Hazeur de l’Orme : « On dira peut-être qu'on devrait renvoyer leur procureur de France pour faire iei son devoir en assistant à l'office, au lieu de dépenser tous les ans cinq cents écus, sans rien faire pour le chapitre, mais travaillant uniquement à chercher quelque moyen de s'avancer et de faire fortune : paroles qui ne sont que trop véritables, n’ayant point d'autre motif de son séjour en France que celui-là. » (lbid., t. 1, p. 54, Lettre de Mer de Saint-Vallier aw ministre, 9 octobre 4727).

(5) Le brevet est du 24 décembre 1701. (Registre du chapitre).

(6) Documents de Paris, t. 1, pp. 101, 184. Deux mémoires sur l'affaire de l'évêché et du chapitre de Québec, 1715; — Registre du chapitre.

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La bulle de Clément XI, acceptée avec reconnaissance par le séminaire des Missions-Etrangères, n'arrive à Québec qu’en septembre 1707: et le chapitre, dans son assemblée du 7 novembre, refuse catégoriquement de l’accepter (4). De son côté. M£r de Saint- Vallier, encore en Europe, écrit au chapitre pour l'encourager dans son opposition. Il regarde la bulle comme non avenue. Ecrivant à ses vicaires généraux : « Les choses, dit-il, regardées ainsi comme rétablies sur l'ancien état, vous devez penser à remplir les Dignités et les canonicats vacants (2). »

Les vicaires généraux, de Maizerets et Glandelet, tout entiers à l'idée de continuer le chapitre tel que créé par M£r de Laval, ne se font pas prier; et dans le cours du mois d'octobre 1712 (3), ils remplissent le nombre des treize chanoines, en nommant MM. de la Colombière-Seré, Calvarin, Hamel, de la Bouteillerie, Le Picart, Plante et Le Blond; puis, le 12 décembre suivant, le chapitre enregistre solennellement son opposition à la bulle de Clément XI (4), qui a modifié l'institution de M£r de Laval et diminué le nombre des chanoines, « étant la dite bulle, quant aux points ci-dessus, ainsi que mon dit seigneur Evêque (Saint-Vallier) l’a reconnu, préjudiciable à son Eglise et aux libertés de l'Eglise gallicane (5). »

Voilà où en est rendue l'Eglise de Québec, sortie de la voie où l'avait mise son premier évêque!

A Québec, on veut absolument qu’il y ait treize chanoines, au lieu de sept, comme il a été réglé par la Cour de Rome : à Paris, on travaille à leur faire des revenus, en excluant le séminaire du partage des abbayes.

Une commission est nommée par la Cour, sous la présidence de l’abbé Bignon, pour faire le partage du revenu des trois abbayes entre l’évêque et le chapitre (6); puis le 15 septembre 17413, le Roi donne des lettres patentes par lesquelles il ratifie ce partage,

(4) Documents de Paris, t. 11, p. #2, Mémoire de Mer Dosquet.

(2) Registre du chapitre.

(3) M. de Maizerets, supérieur du séminaire, avait célébré le 29 septembre son jubilé sacerdotal. « Dix-neuf séminaristes vinrent pour cette fête, de Saint- Joachim, où ils étaient en vacance selon la coutume, » (L’Abeille, t, 1, ne 4).

(4) M. de la Colombière était à Montréal; M. Boulard, absent aussi, « à cause d’une rupture de jambe. » (Registre du chapitre).

(5) Registre du chapitre.

(6) Documents de Paris, t. 1, p. 83, Lettre de Mer de Saint-Vallier au ministre, 8 février 1718.

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