CHAPITRE V
La pilace88e d'Orange se dispose à ramener en France sa belle-fille, Gharlotte-Brabantine, dont le mariage avec le duc de La Trémollle vient d'être décidé en Hollande. — Lettres de la princesse, de Henri-Frédéric, de Maurice de Nassau et des états généraux des Provinces-Unies, sur ce sujet. — Arrivée en France de la princesse, de son fils et de sa belle-fille. — Accueil que tous trois reçoivent du roi. — Ils se rendent à Chàtellerault, où doit se célébrer le mariage. — Henri de Coligny les rejoint dans cette ville. — Il ne tarde pas à se lier d'amitié avec son cousin Henri-Frédéric. — Il figure, en qualité de second témoin du duc de La Trémollle, au mariage de celui-ci.
Une grave question, celle de l'union de Charlotte-Brabantine de Nassau avec Claude de La TrémoïIIe, duc de Thouars *, parent de Henri de Coligny, venait d'être résolue, en Hollande, sous les auspices de la princesse d'Orange, prête désormais à amener en France la jeune fiancée et à tout disposer pour la célébration de son mariage.
Une lettre de cette maternelle protectrice à son beaufrère, le comte Jean de Nassau, en date du 27 octobre 1597% précisait le but du voyage qu'elle s'était décidée à entreprendre pour accomplir son affectueuse mission :
(( Monsieur mon frère, disait-elle, vous avez déjà entendu » par les lettres de M. de Bouillon la résolution de M. de La » Trimouille en la recherche de ma fille. M"® de Nassau. » Depuis, il a envoyé icy un gentilhomme pour la demander » à monsieur le prince, mon beau-fils, à messieurs les
1. « La Trimouille étoit jeune, brave, ferme, hardi, franc, généreux; » puissant dans le Poitou et traînant après lui une grande suite de » noblesse. » (E. Benoît, Histoire de VÉdit de Nantes, 1. 1, p. 121). Voir, en outre, Appendice, n° 10,