‹ Henri de Coligny, seigneur de ChastillonChapitre 35 sur 61 · Maurice de Nassau · texte numérisé non relu

Maurice de Nassau

lité de fils et de petit-fils de deux hommes émînents qui s'étaient constamment montrés amis des Provinces-Unies, et avec les sentiments desquels s'identifiaient les siens.

Gbastillon, grâce principalement à maintes commun!* cations et recommandations affectueuses, préalablement émanées de la princesse d'Orange et de son fils, n'était pas un inconnu pour Maurice de Nassau. Il aborda avec une respectueuse confiance ce grand capitaine, et ne tarda pas à voir s'étendre sur lui son bienveillant patronage.

Il sut s'en montrer digne, en réalisant, si ce n'est même en dépassant les espérances conçues par ce nouveau protecteur de sa jeunesse. On comprend aisément qu'il en fût ainsi; car Gbastillon « étoit né pour la guerre; et entre » les belles qualités qui sont nécessaires à un homme de » commandement, il eut principalement l'adresse de se » faire aimer des soldats, dont il gagna le cœur et la con- » fiance \ »

En venant servir, à titre de loyal et valeureux allié, la cause des Provinces-Unies, qui, sous plus d'un rapport, était aussi celle de la France, il pouvait, avec la double autorité de la sympathie et du dévouement, tenir aux représentants de ces provinces le même langage que leur vieil ami et chaleureux défenseur de Lanoue ' :

(( J'ai horreur et compassion, quand je considère les cai) lamités que vous avez souffertes par ceste insupportable )> et âpre nation espagnole, laquelle s'est débordée en toutes » sortes de violences sur vos peuples; ingratitude vilaine » par le service que vous lui avez fait. Vous et nous, sommes » issus de ceste très puissante nation gauloise, les armes » de laquelle se sont senties en parties les plus eslongnées ;

Page 1