Lapise, loc. cil,, p
3. Lettre, du 20 juillet 1600, du comte Ernest-Casimir au comte iSuillaume-Louis de Nassau (ap. Groen van Prinsterer, Corresp. de la maison d' Orange-Nassau, 2® série, t. II, p. 39). .
On rapporte * qu'à l'issue de la bataille, Maurice descendit de cheval, et que, les larmes aux yeux, il s'écria d'une voix assez forte pour être entendue de tous ceux qui l'entouraient : « Seigneur 1 qui sommes-nous, pauvres et mi- » sérables pécheurs , pour qu'il te plaise nous accorder » aujourd'hui un tel bonheur, à la gloire de ton nom? Que » grâces t'en soient rendues à jamais I »
On ajoute que, si la nuit survenant n'eût empêché Maurice de réunir immédiatement sur un seul point ses troupes encore disséminées, il eût prescrit que toutes aussi rendissent grâces à Dieu.
Dès le lendemain, en sa présence et en celle de tous les chefs et seigneurs qui avaient combattu avec lui ', eut lieu, en l'église d'Ostende, un service solennel, dans lequel le digne ministre Jean Wtenbogaert ' se rendit l'interprète des sentiments d'humilité et de gratitude qui, sous le regard de Dieu, animaient tous les cœurs.
Aussitôt après les états généraux prescrivirent la céle-
1. Em. de Meteren, Histoire des Pays-Bas, p. 483. — Lapise, Bist.y
loc. C!Y.,p. 689.
2. L'un de ces seigneurs écrivit alors : « On ne peut dire autrement, » sinon qu'on a veu, à l'œil, que Dieu a combattu pour nous... Le soir, » on a logé au champ de bataille, et le lendemain Son Excellence a fuit » marcher son camp vers Ostende, pour rafraischir son armée et donner » ordre aux blessés. Aussitôt qu'on y est arrivé, on est allé rendre gnVce » au bon Dieu deceste si solennelle et glorieuse victoire.» {Relation tUh bataille de Nieuport, par le comte Louis Guather. Ap. Groen van Pri«^ terer, loc. cit., 2« série, t. II, p. 23 et suiv.) — Voir à VAppemhc^^ »* M» une lettre écrite au comte Louis Gunther par le comte Guillaume^Loui» de de Nassau, en juillet d600.
3. « En l'assistance solennelle des estats et des chers de lannèe, fu^ » rent rendues grâces à Dieu d'une telle victoire, si inespt^rée» jurooédôe » de sa main seule, comme le ministre Wtenbogaert le scout bien déduîr<> » en son sermon. » (J.-F. Le Petit, La Grande Chronique de Hollande^ Zéelande, etc., t. II, p. 76o. — H,-C. Rogge, Johamm Wtet^togaev{ en ziju Ttjd. Amsterdam, 1874, in-8S Eerste Decl, p. 153 otsuiv.)
bration d*un jour déjeune et d*actions de grâces dans retendue de chacune des provinces unies.
Ce furent là de pieuses et grandes scènes, auxquelles s^associa, du fond de Tâme, Ghastillon, en qui revivaient les sentiments de profonde gratitude envers Dieu que son aïeul et son père avaient constamment manifestés.
Ces scènes, malheureusement trop rares dans Thistoire des vainqueurs, avaient été précédées d'autres scènes également émouvantes, au sein desquelle Wtenbogaert s'était, conmie toujours, montré à la hauteur des devoirs de son saint ministère ^ En voici la simple indication ' :
Tandis que Maurice de Nassau, suivi de près par la masse des forces ennemies qui allaient Tassaillir, marchait vers Nieuport, les délégués des états généraux des Provinces- Unies venaient de se réunir à Ostende pour parer aux exigences de la situation '.
En même temps qu'eux, se trouvaient dans cette ville divers ministres de TÉvangile affectés au service de l'armée néerlandaise, et parmi eux, Wtenbogaert, habituellement attaché, depuis lors, à la personne de Maurice de Nassau dans le cours de ses campagnes.
i. Yoir Appendice f n»15.