CHAPITRE VIII
Henri de Coligny est, sur la proposition de Maurice de Nassau, nommé par les états généraux^ en remplacement d*Odet de Lanoue, colonel du régiment français. — Il réorganise ce régiment. — Siège de Rynsberclc. — Maurice y assigne à Henri de Coligny un poste d'honneur, qu'il occupe dignement. — Henri est blessé dès la première des sorties successives de l'ennemi, qu'il repousse toutes. — Maurice de Nassau le charge d'introduire un renfort dans Ostende, assiégée par les Espagnols. — Henri de Coligny pénètre avec ses troupes dans cette place.
Un début tel que celui de Ghastillon à la bataille de Niëupôrt constituait un heureux présage. Aussi, à quelque temps de là, Maurice de Nassau saisit-il avec empressement Toccasion qui s'offrit à lui d'affermir la naissante carrière de ce jeune Français, n'ayant encore, il est vrai, que dixsept ans et demi, mais dont il appréciait la rare capacité et l'insigne valeur.
En conséquence, il proposa aux états généraux * sa promotion à un commandement important, que cessait alors d'exercer un officier français des plus distingués, Odet de Lanoue, fils du vaillant de Lanoue, surnommé Bras de Fer ^
La proposition du chef de l'armée fut favorablement ac-
1. Voir sur les attributions des états généraux des provinces unies des Pays-Bas AjopenAce, n® 16.
2. Sur les causes qui motivèrent la cessation d'exercice de ce commandement, et sur la nomination de Ghastillon, en remplacement d'Odet de Lanoue, voirie 3® volume, page 20, du Journal d* Antoine Duyck, avocat fiscal au conseil d'État, dont le manuscrit (texte hollandais, conservé à la bibliothèque royale de La Haye) a été publié par ordre du département de la guerre, avec introduction et notes, par M. Louis Mulder, La Haye, 1866.
cueillie par léd états généraux, ainsi que le prouvent les extraits suivants de leurs résolutions officielles ^ :
Séance du 13 janvier 1601. — « A été arrêté, sur l'avis » émis par Son Excellence, qu'on donne au sieur de Chas- .» tillon le régiment françois, en la place du sieur de La- )) noue. Il est jugé opportun de laisser aux capitaines dudit » régiment leurs compagnies , conformément aux commis* » sions à eux accordées. Ces compagnies devront être ren- » forcées de François véritables, bons , capables et virils » soldats ; et cela, au su des magistrats des places dans les* » quelles elles tiennent garnison. »
Séance du 18 janvier 1601. — « Le seigneur de » ChastUlon a prêté serment, en qualité de colonel du » régiment françois. »
Le nouveau colonel s'occupa avec activité de la réorganisation de son régiment, dont les cadres étaient défectueux. Il prit soin de les compléter, afin que ce corps de troupes, solidement constitué désormais, fût promptement en état d'entrer en campagne. Sa sollicitude, à cet égard, ressort nettement du texte de la Résolution suivante des états généraux :
Séance du 27 février 1601. — « Vu la requête du seigneur » de ChastiHorij il a été décidé de lui donner satisfaction, » en l'employant au service du pays. En conséquence, )) attendu que les compagnies colonnelles des troupes étran- » gères, employées audit service, ont toutes deux cents » hommes, ledit seigneur de ChastUlon est autorisé à » augmenter sa compagnie de soldats bons et bien qualifiés, » jusqu'au nombre de deux cents. »
Chastillon mit promptement à profit l'autorisation qui lui fut ainsi conférée. Le résultat de ses efi'orts pour la complète