Du Bouchet, loc. «ï., p
4. La signature de François de Chastillon, au bas des lettres qu'il adressait à sa femme, était habituellement précédée de- ces mots si esçpressifs dans leur simplicité : « Vostre bon mari et meilleur ami. »
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pour imprimer une direction efOcace à Téducation de leurs enfants. Cette direction fut maintenue avec une persévérance qui triompha de nombreuses difficultés, inhérentes aux temps si désastreusement troublés qu'eurent à traverser les parents et les quatre frêles créatures, si chères a leurs ôœurs, alors que, d'une part, le père exposait journellement sa vie sur les champs de bataille, et que, de l'autVe, U mère, confinée avec ses fils et sa fille au foyer domestique, n y demeurait, même pas toujours à l'abri du danger, ainsi quQ le prouve, à lui seul, le fait suivant;
En 1590, Chastillon, appelé, du midi de la France, à com^ battre, désormais, aux côtés du roi, dans les régions de l'Ouest et du Centre, avait eu soin de faire sortir de Montpellier s'a femme et ses enfants, et de leur ménager, à Châtillpnsur-Loing, un asile dans le château paternel. Cet asile, à la sûreté duquel il croyait pouvoir se fier, tandis qu'il se voyait retenu au dehors sur le principal théâtre des hostilités, n'échappa pourtant pas aux atteintes de l'ennemi ; car, dans le cours du mois d'octobre de cette même année 1590, Marguerite d'Ailly y fut inopinément assaillie par une horde de ligueurs qui la supposaient dépourvue de tous moyens de défense. Mais à la brutale agression dont, au premier moment, elle fut personnellement victime, succéda bientôt uiie défaite qui tourna à son avantage. Un contemporain de l'événement en rend compte, en ces termes * : « Bourron, )) gouverneur de Montargis, se résolut de surprendre la mai- )) son de M. Chastillon, avec cinq ou six cents hommes ; » ce qu'il feit, print M""* de Chastillon prisonnière ; et, » pendant qu'ils fourrageoient la maison, quelques-uns du » lieu, en bien petit nombre, se résolurent de secourir le
1. « Mémoire de ce qui est 9dvenu en Tarmée. du roy depuid le » i5 septembre jusqu'au 4 noveml\re 1590, » (Bibl. nat.» mss. f. fr., vol. 5,045, f» 246.)
» chasteau de leur seigneur. Ils donnent dedans, avec l'aide » de quinze soldats qui estoient retirés en une tour, en » chassent les ennemis, recouvrent ladite dame et tout ce » qui avoit esté prins; et y demeura ledit Bourron prison- » nier. »
Vivement ému du danger qu'avaient couru sa femme et ses enfants, Chastillon s'occupa, depuis lorsj à mettre son château en complet état de défense. On en trouve la preuve dans ce passage d'une lettre de sa sœur, la princesse d'Orange, en date, à Middelbourg du 29 mars 1591 * : « Je » reçois lettres de mon frère; du 4 de ce mois,- du camp » devant Chartres, il y dit qu'il fait fortifier sa maison » de Ghâtillon, et qu'il la rendra si forte, que cette seule » place dans ce pays-là, seroit suffisante à le tenir en » l'obéissance du roy. Sa femme, son fils et sa belle-sœur » y sont. »
Chastillon put-il complètement réaliser le projet qu'il avait conçu de fortifier son château? On ne sait. Ce qui est certain, du moins, c'est que Marguerite d'Ailly continua à y résider, en l'absence dé son mari, qui semblait devoir se prolonger indéfiniment, et qu'une garnison ne tarda à être établie dans la ville de Châtillon-sur-Loing.
Henri IV devait au génie militaire et à l'insigne valeur de François de Chastillon la possession de Chartres : mais, à quel prix le fidèle lieutenant du monarque avait-il accompli, sous les murs de cette ville, l'un de ses plus grands exploits? Il avait, hélas! reçu une grave blessure qui, à quelques mois de là, devait causer sa mort. « Au siège de » Chartres, rapporte Brantôme', M. de Chastillon alla à » l'assaut et eut un grand coup de cartier ' sur la teste ; et,
1» Archives nat. de France, R*. 53.