Acte du 12 novembre
(Extrait dos minutes de Pierre Boutet, notaire à La Rochelle au xvi« siècle.)
« Sachent tous que pardevant Pierre Boutet ^ notaire et tabellion » royal et garde-notte , en la ville et gouvernement de La Rochelle , ont » esté présens et personnellement establiz, haulte et puissante dame » Marguerite (TAilly^ veufve de feu hault et puissant seigneur messire » FrançoySf comte de Colligny^ vivant, seigneur de Chastillon-sur-Loing^ » conseiller du roy en son conseil d'Estat et privé, admirai de Guyenne, » cappitaine de cinquante hommes d'armes de ses oî*donnances, gouver- » neur, pour Sa Majesté, en la ville de Montpellier, comme ayant icelle » dame la garde-noble de hault et puissant seigneur M. de Chastillon^ » à présent admirai de Guyenne, son fils, et dudit feu sieur admirai^ et » de messieurs ses aultres enfans et dudit feu sieur admirai, dame et » propriétaire, esdits noms, de deux vesseaulx équippez en guerre, Tung » nommé la Marguerite, du port de 400 tonneaux ou environ , et l'autre, » la Marge, du port de 40 tonneaux ou environ, estant à présent lesdits » vesseaulx à La Palisse, lez ceste ville^ d'une part ;
» Et Ardouyn Guyet, dit Chappeau-Vert, demeurant en cesie ville de )) La Rochelle, et Pierre Chasgnevert, sieur de La Jonchère, demeurante » Saint-Michel en Ladon, en Puictou; eulx deux chefs et conducteurs de » ladite navire nommée la Marguerite, et Yvon Baudeloys, demeurant )> en ceste ville, chef et conducteur de ladite barque nommée la Marge, )) qui vont lesdits vesseaulx ensemble faire la guerre aux ennemys du » roy,nostre sire, selon le congé et permission qu^lz ont obtenus de » mondit sieur admirai ;
)) Iceulx Guyet, Chasgnevert et Baudeloys ayant faict l'équipage des- » dits deux vesseaulx jusques au nombre, assavoir ledit grand vesseau, » de six vingt dix hommes, et ladite barque jusques au nombre de trente » hommes, assavoir lesdits Ardouyn et Chasgnevert, pour les quatre » cinquiesmes partyes, et ledit Baudeloys, pour une cinquiesme » partye;
t Et encores ledit Guyet advitailleur pour une moitié desditsvesseaulx, » et demoiselle Marie Gentiiz, femme et procuratrice de noble homme » Toussaintz Gouen, sieur de La Yilleaudoré, comme apparaît par
» procuration passée par mesme notaire, comme icelle présente le ,
» icelle comme advitailleur pour une quatorziesme (quatrième) partye » desdits vesseaulx, et Joseph Damolet, escuyer, seigneur de Brûlis^ » tant pour luy que pour noble homme Sébastien Bruneau, conseiller et » secrétaire du roy, demeurant en ceste ville ; eulx deux advitailleurs » aussi pour un quart desdits vesseaulx ; qui est pour chacun d'eulx deux ]i quarts; faisant tous lesdits advitailleurs le total d*icelles, d*aultre » part;
» Lesquelles partyes, de leur bon gré et volonté, ont fait, passé et D accordé entre elles le contrat, convenances, et choses subséquentes, c'est » à sçavoir :
» Que lesdits cappitaines Ardouyn, Chasgnevert et Baudeloys, cappi- 9 taines desdits vesseaulx, ont confessé avoir reçu de ladite dame, ésdits » noms, lesdits deux vesseaulx bien estanches, buniz, équippés et gar- » nys, assavoir ledit grand vesseau, de trois cables, quatre ancres, de p doubles voilles, funéians, cordages et aultres ustencilles requises et )) nécessaires au corps dudit grand vesseau, et de deux douzaines de » piques, et du nombre de vingt-six pièces de fer de fonte, appelées ver- )) teil, tant grosses que petites, deux pièces de fonte verte et deux essoyres » aussi de fonte verte, garnye ladite artillerye de tous ses affutz, roues >i et aultres choses requises pour icelle, et généralement de toutes choses )) requises et nécessaires à tel vesseau; et ladite barque, de deux cables, V de trois ancres, de doubles voilles, cordages, funéians et aultres usten- » ciles requises et nécessaires au corps de ladite barque, et de quatre » pièces de fer de fonte appelées verteils, garnye ladite artillerye aussy » de ses affûts, roues et aultres choses requises à icelle ; de manière que » desdits deux vesseaulx ainsy garniz et équippez comme dessus, iceulx » Guyet, Chasgnevert et Baudeloys, pour eulx et leurdit équipage, s'en » sont tenuz contens, et ont quicté et quictent ladite dame, ésdits » noms ;
)> Et ausây ont recogneu et confessé lesdits Guyet, Chasgnevert et » Baudeloys que lesdits deux vesseaulx sont bien et dûment advitaillés » de toutes et chascunes les victuailles nécessaires pour Tespace de » quatre mois, à conter d'aujourd'huy qui ont esté faictes lesdites vic- » tuailles, assavoir par ledit Guyet, une moitié d'icelles, par ladite Gen-
« tilz^ audit nom, un quart d'icelles et par lesdits sieurs Bruneau et » Damolet aussi un quart d*icelies dictes victuailles, qui est chacun » d'eux demy-quart; de manière que desdites victuailles desdits ves- » seaulx iceulx Guyet, Chasgnevert et Baudeloys, pour eulx et leur équipage, s'en sont tenus contens et ont quicté et quictent lesdits advi- » tailleurs, renonçant à toute quérimonie et plaintes quelconques ;
» Et lesquels vesseaulx lesdits Guyet, Ghasguevert et Baudeloys, pour » eulx et leurs équipages, qui est en nombre de huit vingt hommes, » ont promis faire voile^ au premier bon temps, et les mener et conduyre » en mer, vers la coste d'Espagne et ailleurs où ils verront faire leur » prof fit et desdits advitailleurs de iceulx, faire la guerre auxdUs ennemi mys du roy, nostre sire, pendant lesdits quatre moys et plus, si lesdites victuailles peuvent durer, de ramener lesdits vesseaulx de guerre n et prinses qui seront faictes par iceulx, en ceste ville de La Rochelle, » et non ailleurs; le tout, sauf les périls et dangers de la mer;
» Et mectre duement, pour ladite dame, ësdits noms, et advitailleurs » susdits, tout ce qui sera provenu dudict voyage, sans rien en retenir » duquel provenu des prinses et gains qui seront faicts audit voyage, les- » quels dicts vesseaulx en lèveront un tiers, les advitailleurs un aultre » tiers, et lesdicts cappitaines et équipage dcsdicts vesseaulx un aulre )) tiers; et sur le tiers qui appartiendra auxdictz vesseaulx des prinses et » gains qui seront faicts audict voyage, ladite dame, audict nom, en » donne auxdicts Guyet, Chasgnevert et Baudeloys la quarte partie » entièrement pour les bons offices qu'ils ont faicts et feront audict » voyage, et pour leur part de vin, pour eslre départy entr'eulx, selon » lespartz qui sont audict équipage desdicts vesseaulx, dont sur le total )) dudict provenu dudict voyage ledit sieur admirai lèvera ledixainpour » son droit d'admirauté ;
» Et par les mesmcs présentes lesdicts Guyet, Chasgnevert et Baude- » loys ont confessé debvoir justement et loyaulement à ladite dame » d'Ailly, ésdits noms, la somme de cinq cents escuz sols, qui est pour » lesdicts Chasgnevert et Jonchère, quatre cents, escuz, chacun d'eulx, » deux cents escuz, et ledit Baudeloys, cent escuz, à cause et pour rai- » son de prest, juste et loyal, prest à eulx faict par ladite dame, ésdits » noms, de pareille somme qu'ils ont eue et receue, puis huit jours en ça, » par un payement de prix et à l'ordonnance du roy, pour leurdit équi- » page, pourjledit voyage, comme ils ont confessé en présence desdifs )) notaires et témoings soubzscriptz et dont ils se sont tenuz confens et
» en ont quitté et quittent la dame d'ÂilIy, ésdits noms et laquelle somme u de. cinq cents escuz sols lesdits Guyet, Ghasgnevert et Baudeloys, et )) chacun d*eulzy seul pour le tout, renonçant au bénéfice de division, » d'ordre et discussion dé biens, ont promys et seront tenuz bailler et ^> payer à ladite dame d'Âilly, icy présente etconsentante, en ladite ville, » sur les droictz qui appartiendront à l'équipage des susdits vesseaulx, » des prinses qui seront faictes audit voyage, avec oultre la somme de » deux cents escuz sols, pour le profict desdits cinq cents escuz sols, » prins aussy sur lesdits droictz dudit équipage, ésdites prinses qui » seront faictes audict voyage, pour ce que ladicte dame prend les haultes » et grosses adventures desdits cinq cents escuz sols pendant ce voyage, » qui est à la raison de cinquante escuz sols pour cent, et au cas que les » droictz dudict équipage ne seroient suffisanz pour payer tous les » deniers que lesdicts cappitaines Guyet, Ghasgnevert et Baudeloy^ au- » ront emprunté et foumy pour faire ledict équipage et le proffitd'iceulx » à ladite raison de cinquante escuz pour cent, en ce cas, ladite dame D participera, au sol la livre, avec lesdicts Guyet, Ghasgnevert et Bau- » deloys, de ce qui appartiendra audit équipage; et, s'il ne se faict rien » audict voyage, en ce cas, lesdicts cinq cents esciiz de prest seront » perduz pour ladite dame, ésdicts noms, parce qu'elle en prend les )> haultes et grosses adventures pendant ledict voyage comme dict est;
» Et au cas que lesdicts cappitaines facent prinse et prinses quivallent n peyne de Tamener, et qu'ils l'amènent avec lesdicts navires de guerre, » auparavant lesdicts quatre moys expirés, en ce cas, lesdicts cappitaines » ne seront plus tenuz de retourner en mer pour achever le temps qu'il » resteroit desdicts quatre moys.
» Tout ce que dessus icelle dicte dame, ésdits noms, Guyet, Ghas- » gnevert, Baudeloys, Grentilz et Dumolet pour luy et le sieur Bruneau » stipulant et acceptant, à ce présents, chacun d'eulx en leur regard sus- » dit, et pour lesquelles choses tenir, garder et observer par iceulx con- » trwïtans, sans jamais y contrevenir, à peyne de tous despens, dom- » mages, et interests, ils ont obligé respectivement, assavoir, ladite » dame, ésdicts noms, tous ses biens, et de messieurs sesdicts enfans^ » meubles et immeubles, présens et advenir quelconques, et lesdits » Gentilz, audict nom, et Dumolet, pour luy et le sieur Bruneau, » aussy tous leurs biens présens et advenir, et lesdits Guyet, Ghas- » gnevert et Baudeloys, et chacun d'eulx seul et pour le tout, renonçant 9. au bénéfice de division, d^rdre et de discussion de biens, et au béné-
130 HENRI DE GOLIGNY.
>> fice de pleiges, etc., etc.; et ont renoncé lesdites parties contractantes i> à toutes choses contraires et préjudiciables à la teneur des présentes, » laquelle teneur ils ont promys et juré tenir et garder inviolablement. » Faict et passé en ladite Rochelle, en la maison où réside ladite dame )) d'Ailly; présens témoings à ce appelez et requis Jacques Riffault et M Isaac GoUin, demeurants en ladite Rochelle» le 12® jour de no- » vembre 1596, après midy.
» Marguerite d'Ailly, Guyet, Gbasgnbvbrtj ;Duuolet,
» Marie Gentilz, Riffallt, Boutet. »
Sur Glaude de La Trémoïile.
(E. Benoît, Histoire de Ndit de Nantes, i. I»**, p. 124, 173, 252.)
» La cour accusoit La Trimouille d'aimer la brouillent et d'être entêté ; )) mais d*autres luy rendoient témoignage 4'entendre raison, et d'être » capable de conseil, et le regardoient comme un homme dont les qua- » lités étoient grandes, et le naturel heureux, et qui n*avoit besoin, pour )) être un héros que de se meurir par un peu d'âge et d'expérience. L'hon- » neur de voir le prince de Gondé, son neveu, présomptif héritier de la » couronne parce que le roy n'avoit point d'enfans légitimes, et qu'il étoit » irréconciliable avec la reine Marguerite de Valois, sa femme, haussoit le » cœur à La Trimouille et le faisoit regarder avec plus de respect par les » réformez^ qui ne désespéroient pas de le voir, un jour, le gouverneur de )> leur maître, mais d'ailleurs cela le rendoit suspect et odieux à la cour, » où oncraignoit son génie. On y prit fort mal quelques démarches qu'il » fit à Saint- Jean-d'Angely, où on élevoit le prince de Gondé. La manière » vive et courageuse dont il appuya les affaires des réformez, dans la » suite, le rendit encore plus suspect. Le roy le haïssoit parce qu'il en » croyoit être méprisé, quoiqu'il en eût reçu de grands services; et » quand il lui échappoit quelque parole qui avoit Tair menaçant, on ne » manquoit jamais de la prendre en mauvaise part, parce qu'on le » croyoit capable de plus que de menacer.
»... Rosni, qui commençoit à disposer des finances, eût bien pu en
» prendre le fond sur d'autres que sur ceux de sa propre religion; mais, » outre qu'il n'avoit d'ami que luy-méme, et peut-être le roy, à qui sa » fortune Tattachoit, il étoit fort jaloux de tous ceux qui avoient du cré* u dit entre les réformez, et il n'étoit pas fâché de lés éloigner de la cour, » pour n'y avoir pas des concurrens de leur mérite... La Trimouillel'in- » commodoit, comme un homme qui n'étoit point esclave de la faveur p et avec qui l'avenir luy pouvoit faire des affaires.
» ... Ce fut aussi donc (par la promulgation de l'édit de Nantes), que » finit la longue guerre civile, dont la religion avoit été le prétexte4 Les n réformez commencèrent à respirer, et les esprits à se réunir. La lj[i- » mouille y encourut la haine du roy, mais s'y acquit l'estime etlacon- » fiance de son party^ par son inflexible fermeté. On le tourna de tous » les cotez pour le détacher de la cause commune, mais oii n'y put rien » gagner. Le président de Thon lui offrit des avantages incroyables » pour cela; mais il répondit généreusement que, quand on auroit taict » avec luy, cela ne serviroit de rien si on ne contentoit les réformez sur » leurs demandes; mais que, si on leur accordoit la sûreté de leurs con- » sciences et de leurs vies, on pouvoit le faire pendre à la porte de Tas- » semblée et que personne ne branleroit. On voulut aussi le piquer » d'honneur et de jalousie, quand le duc de Bouillon vint à l'assemblée, u ou La Trimouillé, Comme plus jeune, luy céda la première place, qu'il )) avoit tenue deux ans durant : mais il li'eut point de sensibilité pour » ce point d'honneur qui auroit ébranlé une âme moins grande que la » sienne, il céda sans regret et se soutint jusqu'au bout avec un courage » égal. »
Pouvoir conféré par Maurice de Nassau à Louise de Coligny.
23 octobre 1597.
(Archives de M. le duc de La Trémoïlle.)
« Nous, Maurice, prince en Orange; comté de Nassau, Yianden, Gat- » zenellenbogen, Dietz, etc., marquis de La Yere et Flessingue, gouver* » neur et capitaine général du pays et duché de Gueldres et conté de » Zutphen, d'Hollande, Zeelande, West-Frise, Ulrecht et Overissel^
132 HENRIDE COLIGNY.
» superintendant des villes et places unies auzdites provinces, admirai de » la mer, à tous ceulx qui ces présentes, noz lettres-patentes, verront, » salut I
» Comme ainsi soit que, depuis quelque temps en ça se soient préy> sentées diverses communications et entreparlers de future alliance et » mariage entre hault et puissant seigneur de La Trimouille, ducnle » Touars, prince de Talmont, et nostre très chère et très aimée sœur, » demoiselle Gharlotte-Brabantine, princesse audit Orange, comtesse de » Nassau, Yianden, Gatzenellenbogen, Dietz, et fille de feu très hault et » très puissant prince Guillaume, par la grâce de Dieu, prince d'Orange, » comte de Nassau, nostre très honoré seigneur et père, et de très » illustre feue dame Charlotte, duchesse de Bourbon, princesse d'Orange, » comtesse de Nassau, d'aultre part; lesquelles communications se » seroient avancez jusques à là que, pour en conclure et arrester, il con- » vienne d'entrer en ultérieure conférence sur les points et articles d'un » traité anté-nuptial, à l'honneur et à la gloire de Dieu et au contente- ^ ment dudict seigneur et damoyselle princesse, à laquelle conférence ne >* pouvans, ainsy que le vouldrions bien, nous trouver et y vacquer en » personne, tant à cause de noz gouvernemens et charges publiques, » qu'aultres urgentes affaires et empeschemens ;
» Sçavoir faisons que, pour ne faillir en rien à l'amour et affection » singulière que nous portons à nostredite très aimée et très chère soeur, » et pour, de nostre part, assister à Tavancement de ladite alliance et » faire paroistre combien elle nous est agréable, avons prié, requis, » député et commis, prions, requérons, députons et commettons par ces » présentes, haulte et très illustre dame Louyse de Colligny, princesse » douairière dudit Orange, comtesse de Nassau, nostre très honorée et » très chère belle-mère, pour entendre, délibérer, résouldre et conclure, » de ce, en tous points concernant ledit traité anté-nuptial, avec très » haut et très puissant prince, le duc de Montpensier, cousin germain » maternel de nostredite bonne sœur, ou celuy et ceulx qui, de sa part, » s'y entremettront et seront commis; et que ledict traicté conclu et » arresté, il plaise à nostredite très honorée et très chère belle-mère, à » la solennisation dudict mariage et le festin des nopces, estre, tenir » place et servir à nostre très chère et bien aimée sœur, de bonne mère, » en nostre nom ; donnant à ladite dame princesse, nostre très honorée » et très chère belle-mère, en tant que de besoin, plein pouvoir, mande- » ment et procure espécialle et irrévocable de faire, négotier, traicter,
» cx)nclure et arrester tous et chacuns les points concernant et eschéansr » audict traité anté-nuptial, et ce qui en dépend, et pourra aucunement » servir à Favancement, conclusion^ consommation et solennisation de » ladite alliance et mariage, tout ainsy que nous mesmes y assistans et » entreveoans en propre personne vouldrions et serions occasionnez de » faire; promettant d'avoir et tenir pour ferme et agréable tout ce que » par nostredite très honorée et très chère belle-mère y sera faict, né- » gotié et arresté, suivant la parfaite cognoissance qu'elle a de Testât des » biens, molens et de la qualité de nostredite très chère et bonne sœur, » et les mémoires et particulières déclarations que lui en avons faictes. » En signe de quoy avons souscript ces présentes de nostre main et » et y faict mettre le scel de nos armes.
» Fait au camp devant la ville d'QIdenzeel, le 23® jour du mois d*oc- » tobre, l'an 1597.
» Maurice de Nassau. »
Ph.Momay de Bauves ne resta que quelques mois dans les Provinces- Unies.. Il existe plusieurs lettres écrites par lui à sa mère et à son père, pendant le séjour qu'il y fit. On en trouve le texte à la suite des mémoires de M»'«de Moruay (édit. de 1869, t. II, p. 225 à 235). '. Voici ce que ces mémoires rapportent de la part sérieuse qu'il prit à l*un des combats livrés par les troupes de Maurice de Nassau :
« Au commencement d'août (1599), nous eusmes lettres de nostre » fils, du 19 juillet, qui s'estoit trouvé enung assaut donné à un retran- » chement des Espaignols, que M. le prince Maurice n'avoit pas adviç » qui feut en tel estât qu'il le trouva. Cet assaut fut rude, et fut tué » nombre de bons hommes. Nostre fils y donna à la teste, y feut des » premiers et derniers, y receut deux coups de pique dans ses armes, qui » par deux fois le rejetèrent du haut dans le fossé ; un gentilhomme que » nous luy avons donné, nommé La Haye, nepveu des sieurs de Cher- » ville de Beausse, qui y alla avec luy, y receut une grande mousque- >> tade dans le corps. M. de Lanoue conduisoit la teste et M. le prince