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LA NOUVELLE DANS l'aPOLOGIE 101
d^autrui, les éditeurs de Des Périers, n'auraient pas manqué, en le reprenant, de protester. S'ils ont gardé le silence sur Torigine de ces nouvelles ajoutées, c'est que, précisément, elles n'étaient pas Tœuvre de leur auteur. Simple affaire de librairie : on grossit un recueil avec ce qu'on trouve, pour le faire vendre. On comprend aussi qu'Estienne, non plus, n'ait pas réclamé contre l'édition de 1568 : d'abord on ne |lui contestait pas la paternité de ses contes; ensuite on ne lui faisait qu'un tort matériel insignifiant, puisqu'on était loin de réimprimer toutes les nouvelles de VApologie. Enfin il n'était que trop habitué à se voir plagié.
Entre les deux solutions que nous opposons, celle pour laquelle penche M. Lacour (car il ne se prononce pas formellement) et la nôtre, y a-t-il place pour une troisième, à savoir qu'Estienne et Des Périers... ou les auteurs des nouvelles ajoutées ont puisé aux mêmes sources, et qu'ils ont ainsi pu se reproduire, sans se copier? Non, car il s'agit ici d'une reproduction textuelle, et non pas d'un arrangement ou d*un rajeunissement. C'est dans les Joyeux Devis et dans V Apologie le même récit, avec dans les Joyeux Devis des coupures ou, si Ton veut, dans V Apologie des additions, dans les deux ouvrages des noms omis ou ajoutés ou changés qui témoignent que Tun des deux textes est une copie de l'autre ^
Cette troisième solution conviendrait seulement, et elle convient, ^ en effet, selon nous, pour expliquer les ressemblances que présente tel ou tel conte de V Apologie avec l'une des 90 premières nouvelles de Des Périers. Or, dans la première partie des Joyeux Devis^ M. Lacour n'a relevé que deux imitations qu'Estienne aurait faites : la nouvelle lvi et la nouvelle lxi. Dans la 2" partie, il en compte jusqu'à 20, sur 39 nouvelles qu'elle contient ; il est assez singulier qu'Estienne, décidé non pas même à imiter, mais à copier Des Périers, ait choisi de préférence la 2" partie de ces nouvelles, en négligeant à peu près complètement la l**®, où cependant il aurait trouvé une matière assez ample sur les moines et sur les femmes!
Commençons par examiner les deux exemples que signale M. Lacour : la nouvelle lvi des Joyeux Devis^ « du gentilhomme qui couppa Voreille à un coupeur débourses » est tirée d'une anecdote contemporaine qu'Estienne raconte aussi dans le chapitre XV* de VApologie. Mais les deux récits diffèrent, et par les circonstances et par le style : tandis que Des Périers place son gentilhomme <( en Téglise de Nostre Dame de Paris, estant en la presse »,