‹ Henri Estienne et son œuvre françaiseChapitre 104 sur 533 · J. Devia^ nouv. xxxvi; ApoL, II, 250 et suiv · texte numérisé non relu

J. Devia^ nouv. xxxvi; ApoL, II, 250 et suiv

LA NOUVELLE DANS L'aPOLOGIE 103

ci*un curé de Paris. On a pensé * que ce devait être le curé de Saint- Eustache : c*est tout simplement celui de la tradition !

Non seulement H. Estienne n'a rien copié dans les 90 premières nouvelles des Joyeux Devis^ mais il n*a pas même songé à les exploiter. S*il Tavait fait, et s'il avait aussi pris dans les nouvelles suivantes, il l'aurait certainement dit. Il avait l'habitude de citer ses auteurs ; il n'a pas cherché à dissimuler les emprunts qu*il faisait à la reine de Navarre, à Boccacc, à Pogge, à Erasme. Quand il les cite textuellement, il nous en avertit. Quand il les résume, ou qu'il adopte sur la même histoire une version différente de celle qu*ils ont suivie, il le dit encore -, Il est assez remarquable qu'Es- Uenne n'ait pas mentionné une seule fois « les Nouvelles Récréations et Joyeux Devis » et que pas une seule fois il n'ait cité le nom de Bonaventure des Périers comme étant celui d'un auteur de contes ^. Mais la raison de son silence sur les Joyeux DeviSy c'est peut-être qu'Estienne ne croyait pas que Des Périers en fût l'auteur. On sait que la paternité des 90 premières nouvelles, c'est-àdire du recueil de Granjon a été fortement contestée au xvi® siècle même, en particulier par Lacroix du Maine, pour être attribuée avec plus de vraisemblance à Pelletier du Mans ou à Nicolas Denizot, ou même aux deux à la fois. Et c'est encore aujourd'hui une H question pendante )> que M. Lacour n'a tranchée en faveur de Bonaventure Des Périers que par des affirmations énergiques, mais non par des arguments probants.

Dans l'article que nous avons cité plus haut, M. Gaston Paris fait voir les graves difficultés qui empêchent d'attribuer ces nouvelles à Des Périers. <( On ne rencontre presque pas de mots, ditil, qui se lisent à la fois dans les Joyeux Devis et dans une autre des œuvres de Des Périers », et M. Paris ajoute « qu'il a gardé de la lecture du Cymhalum et de celle des Joyeux Devis l'impression d'une sensible diiTérence ». Réfléchissez aussi à ce fait que ces nouvelles ont paru quatorze ans après la mort de l'écrivain auquel pour la première fois on les attribuait. Des Périers, auteur de contes à l'adresse des moines et des curés, aurait peut-être trouvé grâce aux yeux d'Estienne ou tout au moins fait excuser quelque peu

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