‹ Henri Estienne et son œuvre françaiseChapitre 106 sur 533 · Apol.f I. p · texte numérisé non relu

Apol.f I. p

2. Se leva pour se lève; auquel pour  tel (bruit^: de vendre cependant cette vache^ pour de rendre cesie vache. I)iroi-je que j'ai noté trois autres charif^etnents? Jugez de leur importance : Ai>ologie : «c de grand matin et devant jour » ; Devis : « de grand matin, devant le jour. » Apologie : « comme lejour esclaircissoit >»; Devis : « comme le jour s'enclaircissoit ». Apologie : « pourles pages »; Devis : « pour lesgaiges » ; ce n'est plus ici jiu'une différence d'orthographe.

LA NOUVELLE DANS l' APOLOGIE 103

DevU détachant le conte de cet ensemble, commencent : un certain accoustumé larron^ ayant envie ^ etc., et suppriment la conclusion.

Soit encore la nouvelle ci des Joyeux Devis : du souhait que feit un certain conseiller du roy Françoys premier du nom, — Ce conseiller n^estpas ici nommé; mais chez Henri Estienne, il s'appelle Godon •. Les quelques changements faits au texte de V Apologie tiennent à cette suppression de nom, et font clairement voir que le récit original, c'est celui de H. Estienne. Et notez l'embarras de Le Duchat -^ observant « qu'on ne trouve pas dans les nouvelles éditions (de Des Périers) le nom de ce conseiller. Mais, ou H. Estienne le savoit d*ailleurs, ou peut-être se lit-il dans Tédition qu'il a suivie .» Il est beaucoup plus simple de dire que les éditeurs des Joyeux Devis ont copié V Apologie, en omettant pour une raison quelconque le nom de Godon. Il est vrai que le même Le Duchat remarque ailleurs que le conte sur les molosses devenus des mulets [molossos pour muletos) « ne se trouve pas dans l'édition de Paris 1565 (de Des Périers), et que c'est apparemment H. Estienne qui l'a fourni ^ ». Ici encore les éditeurs des Joyeux Devis (nouveye cxvi) ont supprimé le nom du personnage, auteur de cette bévue. Estienne nous dit que c'était le chancelier du Prat qui était aussi « homme d'église » et s'il a fait ce conte, c'est pour montrer qu'il ne faut pas se « formalizer » du latin des gens d'Eglise ^. Les éditeurs des Joyeux Devis reprennent le mot, mais en l'atténuant, ils lui enlèvent toute espèce de sens : « ceux qui estoient autour du roT ne lui laissèrent à bien rire, ne se voulans aucunement formaliser de son latin. »

Nous pourrions encore noter que plusieurs de ces prétendus contes de Des Périers sont puises à des sources qui étaient très familières à Estienne et d'où il a tiré d'autres sujets qui ne se trouvent pas dans les Joyeux Devis : par exemple Érasme ^ et Maillard^; que d'autre part, un plus grand nombre sont précisément parmi ceux qui dans V Apologie ont un caractère personnel, ceux où Estienne se met en scène, à titre de témoin, et auxquels il a imprimé la marque très reconnaissable de son esprit et

Page 1