‹ Henri Estienne et son œuvre françaiseChapitre 114 sur 533 · L. Clkhkxt. — Henri Estienne. h · texte numérisé non relu

L. Clkhkxt. — Henri Estienne. h

lli II. ESTIICNNE ÉCRIVAIN FRANÇAIS

et sensiblement moins dans la réimpression de 16i3 qui cependant en a plus que la première édition !

Mais négli{^eons cette réimpression qui aussi bien a été faite sur la 2^ édition. Ce qui est plus important, c*est de rapprocher les deux éditions originales ; or la seconde n*est pas seulement « plus correcte, mieux disposée que la première, et augmentée de quelques particularitez * ». C'est une refonte complète, exécutée à toutes les pages du texte de 1375. Ce remaniement n'a pas été fait par un éditeur quelconque, mais très certainement par Tun des auteurs, sinon par tous les deux. Les changements sont avant tout littéraires : ils ont été apportés soit pour frapper plus vivement au moyen de rexpression, soit pour développer la pensée et renforcer la thèse. On sent un effort qui est le plus souvent heureux dans ces retouches de style : des phrases entières sont refaites, d*autres ajoutées. Les sentences versifiées, pour la plupart traduites d'auteurs grecs et latins, comme elles ne sont trop souvent que de la prose rimée, produisent un effet de prolixité qui gâte l'éloquence des tirades ; à ce point de vue, la réimpression de 1613 n'a pas mal fait de les supprimer. Mais par compensation la phrase dans la seconde rédaction est plus claire et plus correcte, elle est aussi plus ample que dans la première. Les mots y sont plus curieusement choisis, les métaphores plus colorées, la figure des personnages ressort davantage. Il y a donc supériorité incontest^ible du second texte sur le premier; on peut seulement regi^tter la sobriété plus énergique de certains passages de 157.^!.

On sentit tenté de donner Thonneur de ce remaniement à Henri Kstienne plutôt quà Innocent Gentillet : Tun s'étant montré, malgix' ses défauts, un écrivain de race, Tautre ne dépassant pas, dans siui Anti-Machiarel^ Thonnète médiocrité. Mais il est vraisemblable que leur colIal)onition s'est poursuivie dans la 2** édition. Prenons, l>îU' exemple, les proverbes et les sentences versifiées : si ces citations étaient tout à fait dans le goût et dans les habitudes de Henri Estienne, elles abondent aussi dans YAnti-Xtachiaveh et elles y ont ce même style lâche et prosiiïque qui dépare le Discours s'tur Catherine. On en jugera par quelques rapprochements :

L d»umio lo j>«»tHe U tVuiUc ilu liliv: HeiU'uarvI <'e^l K»r«ê À nfcopier l'énonce, en «!<;nv»î**nl v-^miuuo uU*lili.»u'«» Ic^* vlcu\ Icttix"* et lu picve lic vers doal n4.Hi» avoo» parlé V. n»»ttv uU^^Kl.. p .*'

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