V. ci-dessous
paraison du polype et du caméléon^ on la lira dans les Dialoffues du nouveau langage *.
Le prologue du Discours est sobre et plutôt concis dans rédition de 1573, il est largement développé dans celle de 1576.
« Comme il seroil très utile que les vies de toutes personnes eslevécs en dignité ' qui en leur temps ont apporté quelque notable fruict au monde, fussent bien et diligemment escrites, tant pour recompense de leurs travaux, que pour demeurer en exemple de vertu h la postérité ', aussi pense-je certainement qu'il seroit à souhaitter que tous ceux qui n'ont prins plaisir ni employé le temps qu'à mal faire fussent ensevelis au tombeau de perpétuelle oubliance ^, tant pour punition de leurs meschancetez indignes de mémoire, que pour ne laisser aux hommes, trop enclins d'eux mesmes à embrasser le mal ', un patron de meschanceté, pour tant plustost s'y façonner. »
« Or je ne preten point (Dieu le sait) dire simplement mal d'elle •, ains je tasche d'empescher qu'elle ne nous endommage point. Je ne la veux point injurier : ce m*est assez d'advertir chacun de son impiété ^, et des torts qu'elle a faits à ce royaume... Je désire seulement prévenir la finale ruyne que de long temps elle brasse * contre tous les gens de bien de ce royaume, lesquels elle n'accuse en son cœur que d'innocence, ne hait que pour leur vertu, ne poursuit à mort que pour l'amour qu'ils ont eu au public... Je ' sçay bien aussi que quand Dieu et les hommes laisseroyent ceste femme en paix, elle n'en sera pas plus heureuse, d'autant que sa vie seule luy sera un suffisant bourreau, estant [comme elle est) corrompue et travaillée de toute meschanceté. Mais puisque tous ne voyent cela si bien que je voudrois, il faut tascher à le leur monstrer. Et d'autant que c'est à Dieu de besongner en cest endroit, je le prie qu'il nous rende à tous les yeux pour voir ceste femme, le sens pour la cognoistrc, et le C(eur pour nous en délivrer^ tandis qu'il reste encor quelque peu de vie à ce povre et désolé royaume. Nous commencerons donc par le pays et lieu de sa naissance, suivant le dire du Poète, que le naturel est caché au terroir. »
1. II. Esticnnc rapplique à ceux qui sont prcl» déchanter de reli^non selon les occurrences, « aussi vîstement que le polypus elle chamcleon changent de couleur », Dial., Il, 227.