‹ Henri Estienne et son œuvre françaiseChapitre 122 sur 533 · LE STYLE DU DISCOURS MERVEILLEUX · texte numérisé non relu

LE STYLE DU DISCOURS MERVEILLEUX

Ce fui au milieu de cet intermède que le massacre éclata K A la fin de la 3^ partie, Tauteur reprend les traits les plus significatifs de la figure de Catherine, et cherchant dans les histoires de France la femme « qui au jugement de tous semble avoir emporté le pris de meschanceté entre toutes » il fait « le parallèle de Brunehaut, Espagnole de nation, avec Catherine, Italienne et Florentine ». Que Brunehaut apparaisse aujourd'hui trop reculée dans Thistoire pour nous émouvoir, du moins le parallèle ne manque-t-il pas de relief. Et c'est ici que Tauteur ramasse contre la Brunehaut florentine tout TeiTort de son indignation, et qu'il lui assène ses derniers coups, qui ne sont pas les moins vigoureux. N'a-t-elle pas aussi son c< Proclaide? » — « un Gondy Florentin issu de race de Maranes ^, fils d'un banquier qui par deux fois fit banqueroute à Lyon, et d'une premièrement courtisane... On Ta veu suivre la mule d*un thresorier ; depuis il devint clerc d'un commissaire de vivres au camp d'Amiens. Peu après mignon de la Roine, maistre de la garde robe du Roy : et ores le void-on, sans avoir fait aucun bon service au royaume, comte de Rets, et presque seul Mareschal

de France ^... »

Or si Gentillet dans la préface de V Anti-Machiavel s'emporte contre les u Italiens ou Italianisez... qui manient les sceaux de la France, dictent les édits, font les despeches dedans et dehors le royaume, qui tiennent les plus beaux gouvernemens et les fermes du I>omaine ^ », il ne les nomme pas cependant par leurs noms propres ; il n'apporte pas à son indignation cette violence et cet esprit causûque qui circulent dans ï Apologie et qui animeront encore la Monitrix Musa de Henri Estienne. Parle-t-il de César et de Lucrèce Borgia, il devient alors plus mordant, mais en se souvenant encore de la satire de Y Apologie ; il cite et traduit les épigrammes de Pontanus, comme l'avait fait Henri Estienne et presque dans les mêmes termes ^, au point que nous nous demandons si le Discours contre Machiavel n'est pas dû, lui aussi, à la même collaboration que le Discours sur Catherine,

De tous ces rapprochements, nous ne prétendons pas tirer des conclusions absolument certaines ; pour élucider ce problème d'authenticité, à défaut de preuves matérielles et irréfragables, nous avons

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