‹ Henri Estienne et son œuvre françaiseChapitre 123 sur 533 · I. DÎMC. contre MàchUt^el, p · texte numérisé non relu

I. DÎMC. contre MàchUt^el, p

5. Disc, contre Machiarel, p. 33 ( et 325. Cf. Apol., II, 375 r( 376.

122 n. ESTIKXNE ÉCRIVAIN FR4ISÇA1S

raisonné sur des présomptions morales, parfois même sur des impressions sans doute trop subjectives. Nous étions en présence d'une toile, non signée, et composée de parties évidenunent disparates; nous avons cru reconnaître, à de nombreux indices, les deux ouvriers qui Tavaient exécutée. Ce qui nous parait acquis, c'est que le Discours merveilleux a été écrit par des huguenots, et à Genève, dans Tentourage de Th. de Bèze et de Henri Estienne, probablement avec ressentiment de Tun, très vraisemblablement avec la collaboration de l'autre. Ce que nous avons découvert et ce que nous estimons incontestable, cest que le Discours contre Machiavel est sorti de la même pensée politique, de la même foi morale et religieuse. Si quelque nouveau document nous apprenait un jour qulnnocent Gentillet est Tunique auteur de ces deux ouvrages, et qu'il n'a pas, pour une bonne partie du manifeste de 1575, cédé la plume à Henri Estienne, nous dirions alors qu'il s'était si bien inspiré de son devancier dans la peinture de l'italianisme, qu'il a réussi à pousser l'imitation jusqu'au pastiche. En tout cas nous ne regrets terions pas de nous être arrêté à ce livre si curieux dont la comparaison s'imposait à notre sujet : car le Discours merveilleux^ quels qu'en soient les auteurs, complète l'œuvre française de Henri Estienne; la satire y prend corps, elle s'appuie sur un exemple vivant, elle combat tout l'italianisme dans celle qui en a été la promotrice, la première en France des élèves de Machiavel.

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Los courtisans italiens et italianisés dans les Dialogues du nouveau langage, — 11. Estienne a visé expressément la cour de Henri IH quoiqu^il ne Teût pas encore vue avant d'écrire son livre. -^ Quelle part de vérité renferme ce tableau. — La i*ecrudescence de Titalianisme sous Henri HI, s'explique d'abord par le voyage du roi en Italie. — Les Italiens de la cour singés par les Français. — Portée morale de la satire d'Estienne; son témoignage complété par d'Aubigné et par TEstoile. — Vérité plus générale : Estienne partisan de la tradition. — Qualités et défauts de ce livre qui est la contrepartie du Courtisan de Castiglione.

Cent dans V Apologie le caractère même de la nation italienne que Henri Estienne a prétendu définir; c*est dans les Dialogues le portrait du courtisan italien ou français italianisé qu'il a retracé. La satire de V Apologie est dans sa généralisation autrement injuste que celle des Dialogues^ qui est plus vivante et plus historique. Cette

différence ne fait pas cependant que les deux tableaux ne se touchent par plusieurs points, et qu'il n'y ait dans chacun une part d'erreur et de vérité. Puisque nous avons marqué, au début de ce chapitre, Tordre dans lequel se sont succédé les polémiques de notre auteur, nous pouvons, sans inconvénient, considérer en premier lieu les Dialogues en allant par une marche inverse à celle qu'il a suivie, du particulier au général.

Rappelons-nous que cet ouvrage, Estienne avait achevé de récrire à la fin de 1577, et qu'il parut au commencement de 1578 ^ Cette date nous prouve d^abord que dans les Dialogues il ne saurait être question que de la cour de Henri 111, et c'est elle, en effet, que lauteur désigne expressément; quand il parle du roi, c'est de celui qui règne, et non de l'un de ses prédécesseurs ; il le nomme par son nom « nostre Henri *^ », et il en appelle à son jugement. Si nous insistons sur la date, c'est qu'à rapporter, comme on l'a fait ^, la satire d*Estienne, ou du moins ce qui s'y trouve de vérité, au règne de Henri II, on risque de fausser l'histoire par une généralisation excessive : n'oublions pas les transitions ! Nous constaterons sans doute que parmi ces nouveautés du langage et des mœurs, un certain nombre étaient beaucoup plus anciennes que Henri Estienne De le croyait ou n'avait l'air de le croire. Mais est-ce là une raison suffisante pour effacer toute différence d'aspect et d'esprit entre les deux règnes? A commencer par le costume, il n'est pas vrai qu'on s'habillât en 1547 comme en 1577. La description que les Dialogues nous en offrent est sensiblement différente de ce que nous savons de la toilette au temps de Henri II. Celtophile ^ ne reconnaît plus les seigneurs et les dames de la cour, tels qu'il les avait vus, M il y a environ trente ans ^ » c'est-à-dire en 1547. Or Henri Estienne était tout jeune, sous le règne de Henri II : il avait à peine vingt ans quand son père et lui quittèrent définitivement Paris ^. « Depuis son départ, c'est comme un nouveau monde ^ » ; c'est ce dont l'avertit PhilausonCy en dénonçant la « révolution » qu'ont

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