Bcaumaj-chais Maringe de Figaro, V , A
3. V. Cramer, Extraits des registres du Consistoire^ p. 89 et suiv.
14 llfSTOlRK i>K LŒLVRK FRANÇAISE
livres « à s^avoir le 9', 11*" et 12* dWmadis des Gaules, renvoyés à Messieurs * pour eslre brûlés, attendu que cela ne sert que de corrompre et dépraver la jeunesse et, d'ailleurs, ne sont que mensonge et resverie... » (9 mars 1559) -. De tous ces livres condamnés c'est celui de Rabelais qui revient le plus souvent ; après, c'est la traduction française de VAniadis des Gaules^ par d'Herberay des Essarts, le livre à la fois licencieux et irréligieux (ou du moins jugé tel ), et le livre purement romanesque.
Ce n'est pas à dire, qu'en dépit de cette proscription, Genève n'ait pas été le centre d'une littérature satirique, dirigée contre le clergé catholique, et spécialement contre les moines, où la violence de l'attaque et la crudité du langage ne le cédaient pas à ce que nous lisons dans le Pantagruel ou dans V Apologie. Il est même certain que Henri Estienne y a puisé beaucoup plus que dans Rabelais. Rappelons notamment : YAlcoran des Cordeliers^j par Conrad Radius, l'oncle maternel de Henri Estienne — ; les Satyres chrestiennes de la cuisine papale^ imprimées par le même Badius en 15G0, écrites en vers et attribuées par les uns à Viret, par d'autres à l'éditeur lui-même *. Des satires, d'une égale violence, avaient été lancées de Genève, de Lau.sanne, de Neufchâtel et d'autres villes de la Suisse : elles réussirent à pénétrer en France. Il faut dire qu'elles n'étaient pas toutes graveleuses, et que plusieurs étaient antérieures à l'époque où nous sommes arrivés ^. Sans doute l'autorité genevoise ne les avait pas ignorées : et il est très vraisemblable qu'elle vit sans déplaisir une guerre de pamphlets qui lui était utile. Bèze lui-même ne se privait pas, à l'occasion, du trait mordant et virulent : soit dans ces épigrammes fran-