‹ Henri Estienne et son œuvre françaiseChapitre 14 sur 533 · Aux nicinbroH du (lon^cil · texte numérisé non relu

Aux nicinbroH du (lon^cil

2. (j'umcr, p. 102. — Le 6 février 1570, un écolier, Lucas Copin, fils du ministre défunt Mioliel Copin, est •< renvoyé par Messieurs pour avoir abuse en ses esludes de plusieurs livres prophanes, comme Rabclex et Catulle, oultrc plusieui*s aullrcs ». J^e (^>nseil condamne ledit Lucas « au fouet dans la grande salle du Collège et  ne pas s'absenter de la ville. » V. Cramer, p. 161. Cf. Archives de (tenùve, Pi*ocès criminels, n* 1570 (an. 1570,, 10 févr. — Le 21 mai 1579 « de mauvais livres ont été importés chez, un particulier; on prie le Conseil de faire visiter la bibliothèque de celui-ci, Aymé (^happeauroupe (Cramer, p. 190), V. encore les séances des 5 févr. 1573, 29 mai*s 1575 où il a été question du même personnage et des amis auxquels il avait prêté ses livres Oanier, p. 17 4-175'. V. enfin, le 1" févr. 1582, « lecture et extraits par écrit de livres licencieux...» Cramer, p. 209\

3. 1" édit. Genève, 1556; 11. Estienne en cite un passage MpoL, H. 267.'

L Réimprimé en fac-similé chez Fick, A Genève, par les soins de Gusl. Hevilliod, 1K60.

5. V. dans la notice bibliographique de M. Th. Dufour en tète du Catéchisme fran^ çaia de Calvin « les impre.ssions genevoises de 1533 à 1510 ». V. notamment les pièces satiriques écrites par Antoine Marcourt.

LK PROCÈS DE i/aPOLOGIE 15

çaises ou latines dont II. Estienne a cité quelques-unes *, soit dans Tépître en latin macaronique de maître Passavant^ soit même dans son Histoire ecclésiastique des éf/ lises réformées du royaume^ de France"^^ où certaines figures d'inquisiteurs ne sont pas plus ménagés que dans V Apologie, Mais disons à Thonneur du Conseil qu'il se serait en tout temps refusé à accorder Testa mpil le à des écrits franchement immoraux. Il est plus que probable qu'il laissa passer le Discours merveilleux sur la vie de Catherine de Médicis^ resté d'ailleurs anonyme. Mais cette fois la hardiesse de l'attaque ne blessait pas les convenances morales. L'auteur avait dit avec éloquence et au moment opportun ce que l'histoire lui permettait de dire : ces graves moralistes étaient après tout d'assez bons politiques. Quelque respect que nous ayons delà liberté de l'écrivain, laissons à chacun le droit d'éti-e maître chez soi. Pour vivre à Genève il fallait se soumettre aux lois de Genève. Malheureusement Henri Estienne, y étant entré, ne pouvait plus en sortir de par le testament de son père; et VApolof/ie pour Hérodote n'était pas faite pour lui ouvrir la route de France.

\S Apologie pour Hérodote parut « Tan 1566, au mois de novembre ». Henri Estienne n'était pas sans prévoir les diflicultés qu'il allait rencontrer. Il essaya d'enlever par surprise l'autorisation que les édits l'obligeaient à demander. Le H novembre, il présente requête « afin de luy permettre d'exposer en vente un petit livre qu'il a composé contenant la défense d'Hérodote ^ ». H espérait que les ministres ne songeraient pas à lire « le petit livre ». En même temps il prenait les devants et envoyait à Lyon, pour y être mis en vente, un certain nombre d'exemplaires. Mais dès le 12 novembre, le Conseil, sur le rapport des ministres qui ont vu le livre, ordonne à Estienne la correction de certains feuillets « où il y a des propos vilains et parlans trop évidemment des princes en mal » ; il lui commande aussi de faire rapporter les exemplaires « qu'il a mandés à Lyon, pourestre corrigés ». — Notons, en passant, que Monsieur de Bèze était l'un de ces ministres charges d'éclairer la religion du Conseil. Et cependant, dans son interrogatoire, Estienne répondra

1. Dans VApoiogie el dans les Ùialoguex: les épigranimes françaises n'ont pas ëtc nrunies en volume; quant aux latines, v(»yez notre appendice »\xv V Affaire des Epi' grammeM. — Le Réveitle-matin des François et de leurs voisins, livre de diulo{;ues Nitiriqucs, public en 137 4 sous le nom d'Eusèbe Phihdelphe, a été attribué, mais sans preuve {Kisitive, k Th. de Bèze.

2. • Depuis l'an 1521 jusques en Tannée lâ6i. Anvers en réalilé Genève 1j80, 3 vol. in-8* »; du moins, l'ouvrage a été fait sous la direction de Th. de Bèze.

Page 1