‹ Henri Estienne et son œuvre françaiseChapitre 131 sur 533 · Ibid., II, 121-122, et · texte numérisé non relu

Ibid., II, 121-122, et

6. C'est rëpltre dédicatoire des Ricchezze délia lingua volgare (1^ édit. 1543). Estienne cite encore (Dtat., I, 1S3) les Epistres des princes ( « recueillies d'italien par Ruscelli et mises en françois par Fr. de Belleforest, 1572 » ). Cest Tune des sources où notre satiriste a puisé ; ce sont les mêmes formules et les mêmes italianismes que dans les Dialogues. V. la préface du traducteur des Epistres « lesquelles, dit-il à Tarchevêque de Glascow, je vous prie d'accepter pour arres de ma dévotion •.

7. Le letlere di M. Bernado Tasso. Intitolate à Monsi*' d'Aras. — In Vinegia, appresso Vincenzo Valgrisi, 1551. V., p. 486, la lettre de Caro.

semblait impossible pour sa part « de remonter le courant du siècle » et de refuser les titres d'Illustrissimo Signore à des gens qui en avaient pris Thabitude. « Tout ce siècle, comme le dit Monseigneur de la Casa, est un siècle de flatterie ' ; quiconque écrit vous donne de la Seigneurie ; quiconque reçoit une lettre attend de vous ce titre et ce ne sont pas seulement les grands, mais les gens médiocres ou du peuple qui aspirent à ces grands noms. » Si Bernardo Tasso, dans ses lettres, ne supprima pas les titres obligés, du moins en usa-t-il avec discernement, selon la qualité des personnes ^.

C*en est trop cependant, au gré de Henri Estienne. Le titre même de majesté auquel les rois de France s'étaient habitués l'offusque ; car « il n'est dû qu'à Dieu ^ » . On comprend mieux son indignation k 1 égard de ceux « qui n'ont point honte de parler ainsi » en français : « Monsieur je vous prie faire estât de moy comme de celuy des biens duquel, du corps et deTâme, vous pouvez disposer... — Voyla d'estranges protestes : au moins devroyent ils reserver leur âme à Dieu* ». C'est qu'en effet, dernière accommodation^ il faut être prêt à changer de religion incontinent selon les occurrences, et même il faut savoir n'en avoir pas du tout ^,

Notons ici encore Taccent très convaincu et très éloquent de Henri Estienne : l'indifférence religieuse d'une société vivant pour le plaisir et par la flatterie l'émeut, et il va jusqu'à la taxer d*athéisnie ; car pour lui, n'avoir cure ni de Dieu, ni de l'âme, c'est les renier. Dans la même condamnation il enveloppe les courtisans et les poètes de cour : tous « semblent avoir pour maxime de ne se formaliser d'aucime chose qui concerne le christianisme : maxime machiavélique ^ ». Estienne ne se tient pas de protester contre le machiavélisme : « Je ne sçay pas si on y trouveret ce précepte formellement : mais cela sçay je bien, que celui qui suivra la doctrine de Machiavel, il sera bien difficile qu'il ne face le saut. — Qu'appelez-vous faire le saut? — On dit aujourd'huy : faire le saut ou franchir le saut^ de ceux qui passent outre les limites de la chrestienté : c'est-à-dire qui ne se soucient plus de la religion chres-

i. « Tatto questo secolo... è adulatore ». Ibid.f p. 487.

3. V. U contre-réponse de Bernardo à Caro. Ibid,^ p. 13 et &uiv. Ce recueil ne donne pas la première lettre à Caro, qui a cependant été écrite. Estienne a fait sur certaines de ces formules des observations purement grammaticales. (V. notre 2* partie.)

3. Dial., I, 312. Cf. Ibid.y 307 et notre introduction, p. 50, note 1.

*. Ibid., II, 122.

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