‹ Henri Estienne et son œuvre françaiseChapitre 133 sur 533 · D'Aubigpné, Tragiques, p. 116. éd. Lalanne · texte numérisé non relu

D'Aubigpné, Tragiques, p. 116. éd. Lalanne

largement puisé dans les pamphlets, libelles en prose ou « pasquils », qui ont accompagné Thistoire du règne, ou plutôt qui en sont rhistoire faite par le peuple. Le journal de Pierre TEstoile complète et précise les deux œuvres ; avec moins de passion politique et religieuse , Tesprit frondeur du bourgeois de Paris a su donner une physionomie tout aussi vivante à la réalité, prise au jour le jour. Mais, pour en revenir à d'Aubigné, il avait certainement lu les Dialogues, comme il avait lu Y Apologie pour Hérodote à laquelle il a fait de nombreux emprunts dans les Tragiques , dans les Aventures du baron de Fœneste et dans la Confession de Sancy K Henri Estienne ne pouvait, pour les raisons que nous avons dites, placer dans son œuvre le portrait de Henri III, si le premier mérite que le public réclame d'un portrait, cest la ressemblance. Mais d'autres l'ont fait : Pierre TEstoile, Agrippa d'Aubigné et Le Tasse... Nous en passons! C'est encore TEstoile qui est le plus modéré ; il s'en tient à l'extérieur et représente Henri III « laissant ses chemises à grands godrons, dont il étoit auparavant si curieux, pour en prendre à colet renversé, à Titalienne : il alloit ordinairement en coche, avec la Reine, sa femme, par les rues et maisons de Paris, prendre les petits chiens damerets 2, » ou il suivait la procession des Pénitents a tout du long, disant son chapelet avec grande dévotion » avec tous ses officiers « hors les dames que le Roy ne voulut qu'elles s'y trouvassent, disant qu'où elles étoient il n'y avoit point de dévotion ^. » Mais ailleurs « il faisoit force masquarades où il se trouvoit ordinairement habillé en femme ^ ». Le Tasse lui reproche sa luxure et ses pratiques de dévotion « qui étaient plutôt l'afTaire d'un moine que d'un roi ^ ». C'est d'Aubigné qui a stigmatisé avec le plus de virulence :

Ce doubteux animal, Sans cervelle, sans front...

Son menton pinceté,

1. V. l'édition des Tragiques de Lalanne (cf. préface, p. 36) et en particulier le livre des Princes ; pour les autres ouvragées de d'Aubigné, v. Tédit. Réaume et Caussade. D'Aubigné s'est aussi souvenu du Discours merveiUeux{v» éd. Lalanne, p. 101, note 1).

J. Journal de Henri III^ par Pierre de l'Estoile (édition de Lenglet du Fresnoy), 1. 1, p. 143.

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