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&. Nous en examinerons plus loin le c6té philolo^rique. 0. ÙUL, I, 93.
i38 H. estien?:e écrivain français
A en croire Estienne, les charlatans sont venus dlialie et aussi les voleurs : « Nos couppebourses, nos happebourses, se sont frottez aux robbes de ceux dltalie ^ ». A ce propos il raconte des anecdotes, d ailleurs fort amusantes, sur les voleurs italiens et français. Mais Estienne veut trop prouver. Il est vrai qu'il a surtout vu et décrit ritalie des aventuriers et des condottieri, qui dans la seconde moitié du xvi® siècle occupait le premier plan. L'autre Italie, celle des lettres et des arts entrait dans la pénombre. Aussi blâme-t-il maintenant ce voyage d'Italie qui était resté une habitude pour la jeunesse française, et dont il avait, lui, tant profité. Il estime que les étudiants français qui s'en vont séjourner là-bas, fréquentent plus les courtisanes que Bartole^. Le passage est piquant, et la question italienne mise à part, Estienne a des réflexions très judicieuses sur les défauts de l'éducation moderne. On fait de l'instruction un mauvais emploi : on envoie les enfants écouter des maîtres renommés , mais dans l'espérance, qu'au retour, ils obtiendront plus facilement une place. « Tant plus un François sera romanizé, ou italianizé, tant plustot il sera avancé par les grands seigneurs... » Les enfants vont à l'école plus tôt qu'autrefois, mais ils n'apprennent rien. On ne les met à l'étude que « pour les rendre plus fins et aiFettez, par le moyen de la compagnie (pour ce que les jeunes gens semblent comme s'entraguiser l'esprit), bref pour les mettre un peu aux champs 3... » Un vernis d'éducation purement mondaine, « trois ou quatre mots de latin » et par là dessus le voyage d'Italie : tel était, si nous en croyons Estienne, le « programme » suivi par les pères de famille, de l'aristocratie ou de la bourgeoisie riche, en l'an 1366. En retraçant ce tableau, évidemment noirci, il pensait sans doute aux solides études et à la discipline morale qui faisaient la force du Collège et de l'Académie de Genève. Il écrira plus tard à son ami Crato de Craftheim qui s'inquiétait des moyens propres à achever l'éducation de son fils, que c'est à Genève qu'il trouvera cette vie vraiment virile qui convient à un jeune homme, pour tremper son esprit et fortifier son caractère ; mais il le détourne de l'idée funeste d'envoyer ce fils étudier par delà les monts *.
Les Italiens auraient eu le droit d'accuser Henri Estienne d'ingratitude; mais n'a-t-il pas racheté par les beaux vers que nous avons cités, cette méconnaissance un peu forte de ce que lui-même