y. notre introduction, p. 70, note
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et le livre des Prémices^ ou le « premier livre des Proverbes épigrammatizez, »
Avouons-le : parfois ces essais de traduction ne se distinguent de la prose que par la forme versifiée, par exemple ces vers traduits d'Ovide :
Vrayment ce siècle-ci, siècle d'or se peut dire : L'or donne honneurs, amis et tout ce qu'on désire *.
ou ceux-ci d^ Hésiode :
Las quel malheur ce m'est de vivre au cinquième aage ! Naistre après ou devant, m'estoit grand avantage *.
Marot lui-même qui était du métier, quand il traduit Ovide^ reste dans sa gaucherie très au-dessous de la grâce facile de son modèle ^.
Sachons leur gré cependant à tous deux de la peine qu^ils se sont donnée pour habituer le vers français à la traduction. D'ailleurs Henri Estienne n'apportait ici aucune vanité littéraire : il se faisait un jeu de rendre la même pensée en latin et en grec : et s'il s'adressait au français, c'est qu'il entendait servir les intérêts de sa langue maternelle. Dans le volume d'Épigrammes grecques aux marges duquel il a écrit ses traductions latines, on retrouve la trace de ca souci : il rend en français la quinzième épigramme :
Ores me frappez mort. Les lièvres mesmement Bravent le lion mort et frappent hardiment *.
Voilà deux vers inédits de Henri Estienne ! Encore ne sont-ils point parmi ses plus mauvais. Mais ailleurs, quand la pensée, dans l'original, s'exprime avec plus d'ampleur ou d'éclat, Estienne s'élève aussi ou se relève ; ainsi dans ces vers qu'il traduit d'Ovide :
Mais le sanglier n'est point beste si furieuse En foudroyant les chiens de sa dent escumeuse, Ni la lionne aussi ses petits allaitant,