Dial., I. p
148 H. ESTIENNE ÉCKIVAIN FRANÇAIS
Tantôt le refrain se répète avec quelques variations :
Je parle à vous, ô courtisans...
Pensez à vous, ô courtisans *...
Même allure de la troisième pièce où les octosyllabes sont disposés par groupes de quatre, mais cette fois sans le refrain ^. La quatrième, Epistre de Monsieur Celtophile aux Ausoniens^ c'està-dire aux Italiens, est entièrement écrite en décasyllabes, à rimes plates ; c'est un très long morceau, sans aucune division. Le style en est tout à fait le môme que dans les pièces qui précèdent : il est facile et assez piquant. C*est vraiment du bon Marot :
Et n'y a mot en tout votre Boccace (Ne le prenez simplement pour menace) Lequel je n'aille incontinent cercher, Pour le vous faire à la cour escorcher *.
Malheureusement ce qui atténue Teffet de ces pièces, c'est qu'elles répètent sans y ajouter de traits saillants, ce qui est dit en excellente prose dans le corps de l'ouvrage : nous y retrouvons les mêmes plaisanteries, et les mots auxquels Fauteur tenait le plus, et qui en fait ne sont pas mauvais, mais qu'il fallait donc laisser à leur place dans le dialogue ^. Il a cependant mis, comme épigraphe à la Précellence, un douzain qui présente une image gracieuse et nouvelle sur le thème du nouveau langage ; il s'adresse cette fois aux Français :
Car de mots estrangers faisans une meslee Gardez bien qu'un matin ces mots tant pretieux, Comme oiseaux passagers ne prennent leur volée, Et cest honneur aussi ne s'envole avec eux ^.
Dans le long fragment sur la Calomnie^ l'inspiration devient plus haute, parce qu'elle est plus personnelle. Nous avons eu l'occasion d'en citer plusieurs vers qui, s'ils manquent un peu de souplesse, vibrent du moins de toute l'émotion du patriote ^.