I. y, notre appendice II
15i n. ESTiESyE ÉCIIIVaI5 FIU!<CC4IS
f»'en tendent assez d'elle jy-mémes, par contre, les traits de plume ne doivent être interprétés qu*avec une extrême réser\'e. Quand il se bornait à souligner, louait^il ou blâmait*il? C'est ici le cas de se reporter à ses propres ouvrages. Mais, à défaut de cette comparaison, le fait même que des mots ou des tournures avaient été remarqués par Estienne, les recommandait de toute façon à notre attention. Aussi bien cherchions-nous moins à savoir ce qu*il avait apprécié ou critiqué, que ce qui dans la langue et dans le style du poète lui avait paru, à un titre quelconque, neuf et original ^
Kn lisant Du Bellay, la plume à la main, Henri Estienne préparait des matériaux pour les ouvrages qu'il avait projeté d'écrire sur la langue française. Il est un fait : c'est que les passages les plus significatifs qu'Estienne avait relevés dans son volume, il les a cités presque textuellement dans le livre de la Précellence; il s'était servi de cette lecture dans les Dialogues, et il semble y faire allusion dans V Apologie, Or le volume de Du Bellay qu'Estienne a possédé, est l'édition in-4° qui parut en 1561 chez Frédéric Morel. Il faut donc placer son annotation entre 1561 et 1566 '^.
Avait-il lu Ronsard, d'aussi près qu'il avait fait Du Bellay ^; il est à remarquer qu'il cite peu Ronsard, mais nous allons dire les raisons de cette réserve. Si le Ronsard annoté par Henri Estienne existe quelque part, nous ne l'avons pas trouvé. Contentons-nous donc de Du Bellay !
Kn quelle estime il tenait le poète des Regrets^ Estienne nous Ta dit plusieurs fois ; et quand il reprochait « aux poètes de la Pléiade qui sont pour le jour d'huy... de se préférer à plusieurs autres de leur temps dont les muses ne courent pas ainsi à bride a volée », il pensait à Clément Marot, mais il ajoutait : « comme aussi ne couroit pas celle de Joachim Du Bellay ^ ». L'annotation du volume de Lyon ne contredit pas ce jugement, elle nous l'explique. Parmi les métaphores ou les alliances de mots ou les
1. Mttiii Hurtout, quand un mut a èiè souligné deux fois ou plus, quand il a été trnnHcril on marge, ou noté sur Tun des feuillets préliminaires où Estienne consignait ce qui l'avait le plus frnppé. nous ovons eu soin d'en prendre note à notre tour. V. noli'o appendice II.