‹ Henri Estienne et son œuvre françaiseChapitre 160 sur 533 · Vol. de Lyon, 334, sonnet xxxi · texte numérisé non relu

Vol. de Lyon, 334, sonnet xxxi

2. Ibid.^ 328, sonnet xix. Estienne a relevé deux ou trois fois et peut-être en s'en moquant un peu la confession de Du Bellay obligé « de se mesler du ménage • chez son parent le cardinal. (Vol. de Lyon, p. 326 et 327, sonnets xvet xviu, vers transcrits dans les marges). Quant au poète satirique nous avons déjà constaté que \i. Estienne Pavait vivement goûté. Les OTifis^tu^si [nota, bene^ notez) et les «bpsiov {bien, beau !) qu'il a mis devant certains vei^s sont par eux-mêmes assez significatifs.

CRITIQUE LITTÉBAIRE DE LA PLÉIADE lt)9

regratiage auquel le poète, devenu vieux, se livra, ait été malheureux, c*est une autre question. Mais ces mêmes hommes qui si justement cherchaient tout le secret de la poésie dans Vinvention, ou, ce qui revenait au même pour eux, dans Vinspiratiorij sentaient quils devaient être aussi des ouvriers du style et du vers, lis ne méprisaient donc pas les grammairiens. Les critiques adressées par Malherbe à Desportes ont soulevé les colères de Régnier : c'est qu'alors à la Pléiade qui finissait ou mieux qui était finie s'opposait violemment un goût nouveau. Mais supposons que Malherbe eût fait paraître avant la mort de Ronsard * le commentaire que nous connaissons aujourd'hui ^, à condition qu'il n'y eût pas mis ce parti pris et cet acharnement : personne ne lui aurait reproché de « regratter les syllabes », sinon le seul Desportes, blessé dans sa vanité et troublé dans sa quiétude.

Entre les notes cursives de Henri Es tienne et le commentaire étudié et fourni de Malherbe il y a, sans doute, une certaine analogie de méthode, mais aussi pour l'esprit, une profonde différence. Tous deux ont grammaticalement analysé un poète... et, si nous supprimons la distance matérielle et morale qui sépare Du Bellay de Desportes, disons : un poète du même temps ou de la même école. Mais alors que Malherbe s'érige en censeur impitoyable et injuste, Estienne se borne au rôle de lecteur attentif et bienveillant. Lun prétend effacer tout; l'autre est heureux de ce qui lui parait bon; il ne récrimine pas contre ce qu'il désapprouve. Il se fait l'allié plutôt que l'adversaire de son poète.

L'estime où Henri Estienne, malgré certaines réserves, tenait J. Du Bellay, l'accordait-il également à Ronsard ? Il ne paraît pas qu'il soit intervenu dans la querelle qui éclata entre Ronsard, devenu poète officieux plus encore qu'officiel, et les réformés. En écrivant le Discours des misères de ce temps (1363) et la Remonstrance au peuple de France (1564), Ronsard avait dit avec force son attachement pour la royauté, ce qui était légitime, et son amour pour la France, ce qui était mieux encore. Mais en même temps il s'était fait le courtisan de Catherine de Médicis et l'adversaire des huguenots ^. Ceux-ci ne lui pardonnèrent ni l'apologie ni la satire. Aussitôt

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