‹ Henri Estienne et son œuvre françaiseChapitre 162 sur 533 · Ibid,, II, 169. Cf. ibid · texte numérisé non relu

Ibid,, II, 169. Cf. ibid

CRITIQUE LinÉRAIHE OË LA PLÉIADE 161

qu'il était devant le roi *. Ajoutons cependant qu'on sent dans les compliments qu'il fait cette fois à Ronsard, une estime sincère pour 1 écrivain; il le place parmi « les plus excellens poètes françois de ce temps » et il le cite largement, quoique deux: fois seulement, en le comparant à l'Arioste '^. Il est clair que l'occasion de rendre plus nettement justice à Ronsard ne lui manquait pas dans un livre où sa thèse était de faire valoir les mérites delà poésie française en regard de la poésie italienne. Mais il a préféré saluer en bloc ces excellens poètes : « l'honneur desquels j'ay dautant plus en recommandation que je les voy s'efforcer à honorer nostre langage ^ ». Car ici, dans la Précellence^ il se garde de railler l'École, comme il l'avait fait dans V Apologie^ ou de la critiquer aussi vivement que dans ses Dialogues : il n'a plus l'air de reprocher aux maîtres leurs disciples. Le même honneur qu'il décerne à Ronsard, il l'accorde à J.-A. de Baïf, à un Amadis Jamyn, à un Desportes. Il leur donne seulement en passant un conseil, c'est de faire un usage plus discret des richesses qu'ils ont amassées : « de les semer avec la main, au lieu de les jeter à plein sac ^. » Il fait bien encore à la poésie française le reproche « de s'estre monstree depuis du Bellay] encore plus courageusement hardie ». Mais qui désigne-t-il par là? Le poète même que ses coreligionnaires prétendaient mettre au-dessus de Ronsard : Du Bartas. Henri Estienne n'a pas goûté « le ciel porte-flambeaux » du premier vers de la Semaine ^ et il le dit. Mais opposer, sans trop d'ailleurs en avoir l'air, le poète des Regrets à Ronsard : c'était plus habile et plus original ^.

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