Ibid.. -i'>.1trly-Uv
1. Ibîil ■ !•"'<-■ oiar^inale de la page 433 où Estienne a transcrit les vers. Cf. p. 411, [.int!i]Dilê' 'Ir l\ome, sonnet xxii, cf. sonnet a, Marty-Lac, II, HSet 174.}
N. Dial, n. p. 137.
parle de la « divine majesté ' de Virgile » ou du « divin Platon 2 ». Aussi n*a-t-il pas laissé passer ce vers, où Du Bellay, saluant un prélat « garde des loix et des seaulx de la France » exprimait le vœu qu'il deviendrait pape :
Je souhaite qu*un jour je te puisse adorer ^
ou encore cette flatterie par trop hyperbolique à l'adresse d'un grand seigneur (d^Avanson) :
Indigne je me sens de toucher à ton loz
Sachant que Dieu ne veult qu'on prophane sa gloire *.
Que les poètes adorent dans leurs rimes une maîtresse ^, nous sommes habitués à ce style, devenu déjà monotone chez les pétrarchisants du xvi^ siècle. Mais le premier tort du pétrarchisme, cVtait aux yeux d'Estienne son sensualisme païen : il en ignorait ou il en méconnaissait les côtés plus relevés, Tesprit idéaliste et platonicien. Le cœur idolâtre du chantre d'O/iVe lui déplaît, tout autant que la :
Sacrée, saincte et céleste figure Pour qui du ciel Tadmirable et hault temple Semble courbé, à fin qu'en toy contemple Tout ce que peut son industrie et cure *.
Le platonisme ne s'alliait-il pas dans ce premier recueil au mysticisme chrétien? Mais ce mélange même était peut-être ce que notre critique réprouvait le plus. Toujours est-il que s'il n'a pas admiré, il a certainement remarqué ces beaux vers sur la Rédemption :
Dieu qui changeant avec obscure mort
Ta bien-heureuse et immortelle vie ^.
t. Vol. de Lyon, 833. {ÉpUtre à Jean Morel^ Marly-Lav., l, 333.)
3. Dial.^ Il, 133. Dans ce passa^^e Estienne s'est encore livré à une digression sur
Thistoire du mot divin dans la Bible et dans la littérature grecque ! — Sur le titre de
Majesté, V. plus haut, p. 131 et note 3.
3. Vol. de Lyon, 395, vers marqué d'un or|{jLitei>aat. Regrets^ sonnet clxi.
4. Ibid.<t 3^* Le dernier vers est souligné avec cette note, en français : flatte. Hegretë^ clxiv.)
y V. Dial., 11, 156. Cette critique tombe directement sur l'Olive.
6. Vol. de Lyon, 107. Olive xxxviu. Tous ces mots s'y trouvent soulignés. {Marty- Lav., l, 100.)
7. Vol. de Lyon, 113. Olive ex. Joignant est noté en marge, de l'écriture appliquée ée H. Estienne. (Marty-Lav,, l, 13«.)
Et il y a fait une correction qui est de la critique tbéolog^que : joignant^ au lieu de chancfeant. Il a souligné les antithèses de la fin de ce sonnet, et celles du sonnet suivant :
Et morte soit tousjours pour moy la mort ^. . . .Qui en mourant triomphe de la mort '.
Voilà qui est, sans doute, éloquent et religieux : mais qui détonne, il faut Tavouer, dans ces sonnets de YOlive,
Il est encore vrai qu'on rencontre çà et là dans Tœuvre de Du Bellay une inspiration chrétienne; et dans TÉpitre à Jean Morel, le poète annonçait le dessein qu'il avait « à fin de ne mesler les choses sacrées avec les prophanes » de disposer ses vers « en meilleur ordre que devant : les comprenant chacun selon son argument sous les tiltres de Lyre chrestienne et Lyre prophane ^ ». Il avait écrit des hymnes chrestiens :
Si je ne suys que vile pourriture, Tel que je suis, je suis ta créature *,
Ce mot de créature, ailleurs si profané, n'était-il pas ici justement placé? Était-il suspect d' « athéisme » le poète qui faisait cette expresse déclaration :
Je ne doutay jamais des poincts de nostre foy '.
Mais la foi de J. Du Bellay n'était pas tout à fait celle de Henri Estienne; en sorte que condamnant la lyre phrophane^ il n'était pas beaucoup plus satisfait par la résonance de la lyre chrestienne.