‹ Henri Estienne et son œuvre françaiseChapitre 17 sur 533 · Comme le dit justement M. Uistelhuber, t. l, p. xxxi · texte numérisé non relu

Comme le dit justement M. Uistelhuber, t. l, p. xxxi

7. Il s'est défendu seulement d'irrévéi*ence envei's le corps des médecins et des chirurgiens! (v. V Avertissement de II. Estienne, ibid.)

ter à son texte des réflexions morales pour justifier ses intentions et pour imprimer à son œuvre un caractère plus sérieux. Dans ces additions il devient tout à fait grave, et il s'efforce de faire vibrer la corde religieuse. Le conte cède la place au sermon. Les cartons de V Apologie n'ont donc pas une valeur absolument négative, puisqu'ils servent à mettre en lumière la pensée qui, au fond, était celle de l'auteur, mais qui malheureusement reste encore trop obscurcie par tout ce qu'il a laissé de graveleux : la vertu sociale de la religion réformée ^ Est-il nécessaire d'observer que l'anéantissement de tous les exemplaires du texte primitif n'aurait pas été une perte grande pour la littérature française ^ ?

11 est un fait, c'est que ces corrections plus ou moins adroites, et pour nous typiques, sont perdues dans l'étendue de l'ouvrage ; il est évident aussi qu'Estienne n'avait cure d'apporter plus de changements qu'on ne lui en demandait. J'imagine qu'il se borna à reprendre les passages que les ministres avaient marqués d'un trait sévère. Ce qui parait tout à fait certain, c'est que le scandale causé par l'apparition du livre alla en s'aggravant. Aussi éprouva-t-il le besoin de porter sa propre défense devant le public, et il lança, en avril 1567, son Avertissement « touchant ceux qui, sans prendre garde à l'argument, en jugent et parlent à la volée ». Il voulait aussi protester, du même coup, contre l'impression de son livre paru à Lyon, un mois auparavant, chez le libraire Claude Ravot, avec le titre supposé de « en Anvers, par Henrich Wandellin ». \J Avertissement était suivi, comme le titre le mentionne expressément, de deux tables : l'une se rapportant aux chapitres, l'autre aux matières de V Apologie 3, Cette publication, faite sans licence, valut cette fois, à son auteur, toutes les rigueurs du Conseil : il

1. V. par exemple I, 275 ; Estienne ajoute tout un passafçe où il insiste sur la providence admirable de I>ieu qui a permis « de faire congnoistre et publier jusques A la post<^rit4$ mesmes » telles finesses inventées pour couvrir le mal. — Cf. II, 16 et 17; les propos salés de Cordetiers ont été remplacés par une réflexion toute morale de l'écrivain, etc. etc.

3. Voyez cependant un des passages réimprimés où Estienne se borne à faire allusion aux femmes qui simulent une grossesse ou opèrent une substitution d'enfants. Le texte primitif, dans sa hardiesse très brutale, est ici d'une vérité plus profonde. Apol.^ I, 388.

3. Cette plaquette ne portait pas de date ; mais il nous paraît évident qu'elle parut dans la première quinzaine d'avril 1567, puisque l'arrestation d'Estienne en fut la conséquence immédiate et qu'il adressa sa <• supplication » au Conseil le 19 de ce mois. D'autre part, il déclarait formellement dans son avertissement que l'impression de Ravot avait été publiée « depuis environ un mois ». L'édition lyonnaise dcV Apologie^ d'ailleurs datée de 1567, parut donc au mois de mars de cette année. V. notre bibliographie.

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