Ibid.f I, 8, sonnet xi
n. Vol. de Lyon, 545. {Jeax ruitiqaes, etc. Ëdit. Liseux, p. 118.)
t72 H. E8TIENNB ÉCRIVAIN FRANÇAIS
Ou même sans vigueur :
Il n'est si grand'douleur qu'une douleur muette ^. ... Font aux plus patiens perdre la patience '.
Mais ailleurs Teffet n'est pas heureux, et ce n'est que de la négligence :
Si rimportunité d'un créditeur me fasche^ Les vers m'ostent l'ennuy du fascheux créditeur : Et si je suis fasché (Tun fascheux serviteur, Dessus les vers (Boucher) soudain je me dèfasche '.
On comprend ici les traits de plume !
L'un pour ne s'avancer se void estre avancé, L'autre pour s'avancer se void désavancé... ^
Cela tourne à la logomachie ! Estienne blâme encore les qui et les que ^ trop rapprochés, et Tabus disgracieux des bien que ^ et des ceulx qui ^, ou encore des j'ayme^ eije ri^ayme point ^;je nescris^je nescris^; on donne^ on donne^^ ; ces répétitions auraient justifié le mot de « prose en rime ou de rime en prose » , si elles n'avaient pas été rachetées par d'autres mérites. Il a aussi relevé des cacophonies comme « ce cœur vainqueur àeioMie adversité** » ou, « Ovide osa sa langue en barbare changer ** ».
Nous voici donc amenés à constater maintenant dans les vers de J. Du Bellay le contraire de TaiFectation et de la manière : le laisser-aller et le prosaïsme-, et c'est H. Estienne, l'admirateur de Clément Marot, qui a fait la découverte ! Mais ce qu'il faut se hâter d'ajouter, pour être juste, c'est qu'en somme ces deux défauts oppo-