Ibid., 376 {Regretê, cxxit
174 H. ESTIENNE ÉCRIVÂtX FRANÇAIS
Du Bellay n'a pas abusé. Voici qui est sans doute un peu chargé, et d^un tour « précieux » sans être absolument mauvais :
... L'espoir flateur, qui noz beaux ans dévore, Appaste nos désirs d*un friand hamesson * .
Ou encore cette image accentuée par la comparaison :
Semant dedans leur fantasie
Une graine de jalousie,
Qui empoisonne les pensées ^...
Estienne n'aime pas davantage « toui le malheur qui nosire aage dedore ^ » : c'est du clinquant ! — ni le « bourbier de voz vices * » : c'est banal ! — ni « tendre les mains vers le front du rivage ^ » : la métaphore est évidemment trop forcée.
Par contre les images plus simples et plus claires se pressent dans les vers de Du Bellay, et nous avons dit qu'Estienne n'avait point blâmé tout ce qu'il avait souligné.
« Qui n'admire du ciel la belle architecture *. »
« Pour m'enrichir d'ennuy, de vieillesse et de soing '^, »
« II leur a pieu (helas) qu'à ce bord estranger
Je veisse ma franchise en prison se changer,
Et la fleur de mes ans en l'hjver de ma vie ^ ».
Il n'est même pas sûr que notre critique n*ait point goûté des figures plus hardies, mais assez naturelles, comme :
Geste mer Romaine De dangereux escucils et de bancs toute pleine *
ou, au dessus des palais « de marbres elaboiu*ez »
L*orgueil de leur pointes hautaines'®.