Ibid., 331 (Regrets, xxvi
10. Ibid., 238 {Marty-Lav.f l, 218) le texte porte « leur » Cf. 328 xix : « Torgueil de ces monceaux pierreux ».
CRITIQUE LITTÉRAIRE DE LA PLÉIADE i75
Mais ce qui lui a plu, ce sont des comparaisons, cette fois sobrement exprimées, ou conduites avec un art facile, et toutes remplies des souvenirs de la poésie latine :
Après avoir longtemps erré sur le rivage, Où Ton voit lamenter tant de chétifs de Court, Tu as attaint le bord où tout le monde court, Fuyant de pauvreté le pénible servage...
Et Du Bellay évoque le « Nautonnier sourd » de TEnfer de Virgile, chassant bien loin les âmes qui n'ont pas un « quatrin * pour payer le naulage », avec le bois élyséen où se perdent les doctes amoureux. Il termine sur ce tercet :
Tu bois le long oubly de tes travaux passez, Sans plus penser en ceulx que tu as délaissez, Criant dessus le port, ou tirant à la rame'.
Ce sonnet est purement élégiaque; mais dans ceux qui sont avant tout satiriques, le dernier tercet prend plus d*importance : c'est là que le poète ramasse son effort, pour décocher au treizième vers le trait final, vigoureux ou acéré :
C*est pour le faire court que tu es un pédante '.
— Sans barbe et sans argent on s'en retourne en France '•.
Presque toujours et comme invinciblement la conclusion a été soulignée par le lecteur^. Et tel a été le mérite original de Du Bellay de faire servir le sonnet italien à la satire.
Malgré les réserves que nous a révélées sa lecture, nous pouvons donc conclure que Timpression de Henri Estienne avait été, en somme, assez favorable à Du Bellay, et cela d'autant plus sûrement, si nous plaçons, en regard de cette critique modérée, lexpression plus sévère de ses reproches à Tégard d'autres poètes.
Il est plus que probable qu'Estienne pensait encore à Ronsard et aussi à Bertrand Bergier et à Jodelle quand il raillait ce langage « si estrange qu'il semble sortir d'une bouche furibunde... bacchatur