DiaL. II
4. y. l'étude de Flamini ouvr.citc). hcsIiencontresdesMusespBvurcnikLyonen 1604.
5. Dès SCS Amours^ Ronsard employait déjà le moi de pétrarquiser dan9 un sens
ironique :
Je ne sçauroy, veu ma peine si forte^
Tant lamenter^ ne tant petrarquiser.
(/ton*., I,p. 7l,CXXVI.;.
peler — car il ravait lue de fort près — cette pièce où le poète confesse ses premières erreurs littéraires, en raillant ceux qu'il voit s'v obstiner :
J^ay oublié Tari de pétrarquizer
Je veulx d'Amour franchement deviser,
Sans vous flatter, et sans me déguiser ^..
Mais disons ce que Henri Estienne n*a pas vu ou n*a pas voulu voir : Ronsard et Du Bellay se sont efforcés de détacher la poésie » amoureuse » et plus généralement la poésie des frivolités de Tesprit de cour, tout autant que du jargon des pétrarquistes. Contre les courtisans et les poètes courtisans, Ronsard lui-même a écrit des vers d'un mépris superbe *. Il savait que l'inspiration ne peut s'accommoder de la flatterie. Mais c'est, plus que Ronsard, J. Du Bellay qui a persiflé et flagellé les rimeurs de cour. Son Poète courtisan fut publié pour la première fois en 15f>9, à la suite d*ime autre satire, qu'il avait traduite du latin d'Adrien Turnèbe : La nouvelle manière de faire son profit des lettres^» Ces deux pièces forment un même tout ; et elles sont d*une ironie assez âpre pour avoir réconforté le cœur de Henri Estienne.
Déjà dans ses Regrets^ ^ Du Bellay songeait à défendre la cause de son école, qui était la cause même de la poésie ; c'est peut-être ce qu'on n*a pas assez dit, c'est que dans l'œuvre la plus intime et la plus détachée, en apparence, des théories ou des querelles littéraires, se retrouvent les préoccupations et les idées qui lui avaient fait écrire la Défense et illustration de la langue française. Pourquoi tant de portraits de courtisans si peu flattés, et pourquoi cette amertume contre la vie de cour? C'est que les courtisans accueillaient avec le même empressement les « épiceries » à la française, et les vers sur com-
1. Contre let Pétrarquistes^ vol. de Lyon, 193 et suiv. Jeux rustiques^ etc., p. 61 et Miiv.