‹ Henri Estienne et son œuvre françaiseChapitre 183 sur 533 · Précell., p. 3; cf. Conform.^ p · texte numérisé non relu

Précell., p. 3; cf. Conform.^ p

4. Ajoutons que les idées de Ronsard et de Du Bellay n'étaient pas toutes originales : les plus importantes avaient été aperçues avant eux, et par exemple par Jacques de Beaune (V. l'article de M. E. Roy : Lettre d'un Bourguignon contemporaine de la Défense et illustration^ dans la Revue d'Hist. litt. de la France^ 2* année, p. 233 et suiv.). M. Brunot a insisté à son tour avec beaucoup de raison sur ce que les deux chefs de la Pléiade devaient à des précurscui^s immédiats qu'ils eurent l'habileté de rallier, comme Pelletier du Mans; en même temps M. Brunot a mis en lumière le côté faible des théories de Ronsard et de Du Bellay. V. Hist. de la langue et de 1% litt. fr., t. IH, 22* fascicule, p. 706 et suiv. Dans la Tragédie française au XVI* s., M. E. Faguet a dit aussi que Ronsard était « plus enthousiaste que profond » (p. 32 et suiv.).

LA PKÉCELLENCE Df LAN(;A(iK FRANÇAIS \Si)

NVtflit-il pas sorti de cette école des humanistes français dont le centre avait été le Collège de France ', et où s'étaient formés Ronsiird et Du Bellav?

Dorât, au temps où il enseignait au Collège (^oqueret, venait atusHÏ chez I^zare de Baïf donner à son lils Antoine des le(;ons auxqu(*lies Ronsard assistait*-. 11 fut l'initiateur de la Pléiade, et c'est assez pour qu'il ait mérité, lui qui n'avait guère écrit que des vers Jurées et latins, d'être inscrit au nom des sept poètes fran(;ais. D'autre pari, familier de Robert Kstienne, il avait suivi les progrès étonnants du jeune Henri dans la langue grecque •^; celui-ci avait été confié aux soins d'Adrien Turnèbe qui enseignait alors au Collège de France, où Dorât fut plus tard nommé. Nous avons vu que ce même Turnèbe, l'auteur des Advorsnria et des (Inmincntaires sur (Jicéron^ s'était fait l'auxiliaire de la Pléiade^. Lazare de Baïf qui protégea Ronsard et qui était aussi de ce groupe des humanistes fran(;ais, eut pour éditeurs (Charles et Robert Kstienne •'. Nommons enfin (juillaume Budé le premier de tous, le vrai fondateur du Collège de France, dont les commentaires sur la langue grecque servirent plus tard au Trésor de Henri Kstienne. dont les travaux de lexicographie latine entrèrent pour moitié dans la composition du Dictionnaire françHiH-lntin de Robert Kstienne *'.

(^tte grande école du Collège de France avait donc également présidé aux destinées de l'humanisme et des lettres françaises. Tels étaient les liens qui rapprochaient Henri Kstienne des poètes de la Pléiade. Knsemble, ils avaient foi en l'avenir de la langue française; et ils communiaient dans le culte de la poésie antique. Avec quel

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