‹ Henri Estienne et son œuvre françaiseChapitre 189 sur 533 · Précell.y p · texte numérisé non relu

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•i. Précell., p. 31. C'est ce qu'il montrera, en passant en revue les langages spéciaux des Arts et Métiers.

5. Sur l'histoire de cette lutte, v. le travail t*éccnt de M. Urunot (Hist.de U langue et de U lut. fr., t. III, 22« fascicule}.

LA PRÉCELLENCE DU LANGAGE FRaSçAIS 191

pas été Técho affaibli de la Pléiade : il a donné des arguments nouveaux et ingénieux, dont quelques-uns étaient solides, encore qu'il en ait tiré du grec et du latin ; il en a pris d'autres à Tétude même du français.

Le plaidoyer dont nous venons d'indiquer Tesprit, et que nous examinerons plus loin dans ses parties, Henri Estienne déclare h bon droit qu'il était à faire, parce qu*il n'avait pas encore été fait. 11 a longtemps attendu « que quelcun de ces fameux et heureux advocats » le voulût entreprendre *. C'est la froideur et le silence des autres qui l'ont décidé à parler^. Certes, avant lui, la langue française n'avait pas manqué de défenseurs ; à prendre tout d*abord les grammairiens, il serait injuste de taire ici les noms de Geoffroy Tory, de Jacques Dubois, de Louis Meigret, de Pierre Ramus et dWbel Mathieu... « Or est-il « que notre langue est aujourd'huy si i« enrichie par la profession et expérience des langues latine et w grecque, qu'il n'est point d'art, ne science si difficile et subtile, « ne même cete tant haute théologie (quoiqu'elle luy soit deffen- " due, pourtant la peine de la coulpe d'autruy) dont elle ne puysse tre- M ter amplement et élégamment ^ ». Et puisque le français est capable de tout exprimer, il est possible de le réduire en règles, d'en écrire la grammaire : telle était l'argumentation de Meigret. (^s premières grammaires françaises, de valeur inégale, rendaient à la langue le même hommage et le même service, en prouvant que le français était objet d'étude aussi bien que le latin ou le grec. Dans la 2** édition de sa grammaire française (1572), Ramus, en une préface qui est un véritable manifeste ^*, se félicite que le roi « luy « commande de poursuivre le cours des arts libéraux non seule- « ment en latin, pour les doctes de toute nation, mais en françois « pour la France, où il y a une infinité de bons esprits capables de « toutes sciences et disciplines, qui toutes fois en sont privés, pour « la difficulté des langues ». 11 espère pour sa part avoir démontré « que nostre langue était capable de tout embellissement et aornement que les autres langues ayent jamais eu ». Il n'a garde, il est vrai, d'ajouter que la 2*" édition de sa grammaire a été tirée pour une bonne part de la « Conformité du langage françois avec le grec » de Henri Estienne ; du moins rend-il hommage à son pré- (icces.seur : « et ne doubte point (s'il s'adonne à ceste élude) qu'il ne

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