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«. Difeiue et iUust., ch. V et VI, p. 65 et puMsim (de l'édit. Person). 7. Ronsard, t. VI, p. 33d.
202 H. ESTIENNE GIIA3tfMAIRIEN FRANÇAIS
ter insensible à l'espoir de répandre par ce moyen et de rendre plus populaires la littérature, la philosophie et la science des Grecs. Mais le service qu'Estienne attend de la traduction, c'est avant tout de rendre non seulement le sens exact de Toriginal, mais encore d'en exprimer le charme et la vie : voilà pourquoi il s'adresse, pour traduire le grec, de préférence au français. Il est donc loin de souscrire à Topinion négative de Du Bellay.
Aussi ne manque-t-il pas de louer Georges de Selves et Amyot d'avoir fait Plutarque français et « de ne lui avoir changé que la robe », sans en avoir altéré le sens *. S'il critique Claude de Seyssel, traducteur de Thucydide, et Pierre Saliat, traducteur d'Hérodote, c'est qu'ils se sont lourdement mépris sur le sens de l'original : « Laurent Valle (le traducteur latin) ayant deviné que vouloit dire Thucydide, et puis.. Claude de Seyssel ayant deviné qu'avoit voulu dire Laurent Valle ^ ». A ces trianslateurs français, Estienne reprochait donc d'être « des traducteurs de traducteurs ». Lui-même se donna beaucoup de mal pour corriger et « rabiller » les traductions latines de Valla 3. Il s'essaya à donner l'exemple et à traduire directement en français, si nous en croyons Lacroix du Maine, plusieurs discours d'Isocrate, de Dion Chrysostôme, des traités de Plutarque et des dialogues de Lucien. Ces versions, s'il les a publiées, ne nous sont point parvenues. Mais, en revanche, il nous a donné dans Y Apologie^ la traduction, en excellent français, d'un long passage d'Hérodote où il reproduit heureusement les qualités propres à son auteur préféré « autant qu'il lui a été possible d'approcher de ses paroles, en retenant la propriété et la grâce de nostre language ^ ». Un autre échantillon de bonne prose française, sinon de traduction absolument littérale, c'est l'histoire de ce capitaine de voleurs trahi par sa femme que raconte Dtion l'historien ^. Dans sa Conformité ^, Estienne traduit « tout entier » un passage de Lucien « fort propre pour montrer » comment l'aoriste grec répond dans certains cas au présent de l'indicatif français, et aussi parce que ce passage contient « une comparaison fort belle » : la vie des hommes ressemble « à ces bouteilles "^ qui sont en l'eau degout-
1. Apol., t. I.p. ^.CÎ.Ditilogneê, II, 74 (V.dcBlig^nières, i4myol,chap. IV).