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4. • Epistolia, dialogi brèves, oratiuncula, poematia ex variis ulriusque lingua; scriptAribus •*, 1377. Les lettres grecques de Brutus sont traduites en latin à la fin du volume. Feugère ne le cite pas; il est clair cependant que les n Epistres laconiques » m étaient la traduction française.
â. ■ Brevitatis hic et elegantiœ spectare varia tibi datur certamina ». '^H. Stcphanus leclori,il>iJ.),
Où la théorie d*Estienne s^égare, jusqu'à tomber dans la puérilité, c*est quand il se met à compter les mots, pour démontrer que la traduction de Biaise de Vigenère est plus « brève » que celle de Giorgio Dati, et qu'elle s'approche ainsi de la brièveté de Tacite, le plus bref de tous les Latins ^ La harangue de Cérealis, dans Tacite, est, certes, d'une fîère énergie; mais elle est loin d*être courte!
De cette discussion retenons ceci : c'est que le grec est, au jugement de Henri Estienne, la norme, le canon des langues. Si le français est plus capable que le latin d'atteindre à cette perfection, à plus forte raison est-il par cela même supérieur à l'italien qui est tout à fait éloigné du grec. Estienne dit, au reste, que cet argument n'est bon que pour ceux qui savent le grec ^ ; aussi en produira-t-il d'autres; et si la seconde de ses thèses est encore trop savante pour les gens qui ignorent jusqu'au latin, il adressera la troisième à tout le monde, à la foule de ceux pour qui les deux langues classiques restent lettre morte.
L'intérêt de cette première thèse, c'est pour nous aujourd'hui la date à laquelle elle s*est produite. Considérons-la comme un effort très sérieux pour continuer en France et pour y affermir les progrès de l'humanisme, en démontrant leur liaison avec l'avenir même des lettres françaises ^, Après l'œuvre de Rabelais et le Plutarque d'Amyot, il n'était pas chimérique de soutenir que l'esprit français était digne de devenir l'héritier du génie grec, et cela était bon à rappeler en regard des essais de la Pléiade qui n'avaiei^ pas été également heureux. La renaissance de l'hellénisme devait se for^ tifîer au siècle suivant : l'école de Port-Royal continuera celle du G)llège de France, et Racine en sortira.
Mais à ne considérer que notre langue, n'avait-elle pas reçu, depuis longtemps déjà, une foule de mots techniques venus du grec et faits pour entretenir l'illusion des ctymologistes? Or, c'est ce fonds savant qui remplit une bonne partie du livre de la Conformité et qui en fait la solidité. Si Henri Estienne s*est complètement mépris sur la question d'origine, et si les ressemblances qu'il a cru apercevoir entre la syntaxe et les tournures des deux langues, sont pour la plupart ou trop vagues ou purement