Origines, p
CLAL'DE FAtCHEt 225
source de cinq ou six des meilleurs contes de Boccace ^ D'ailleurs il exagère, comme Tavait fait Estienne, sur la foi de Bembo « Tinlinité de paroUes et manières de parler toutes françoises » qui sont dans le Décaméron ^. Toutefois Fauchet n'a pas perdu Fespoir que Thonneur perdu nous soit rendu <c si les hommes doctes continuent à escrire leurs conceptions en nostre langue vulgaire ». Il constate que la langue s'enrichit tous les jours « par tant de fidèles translations^ de livres grecs et latins », mais plus... à son avis, par les œuvres de tant d'excellens poètes, « venus depuis le règne du roy François premier de ce nom » ^.
Nous avons rappelé cette « défense » de Fauchet parce qu'elle sert à éclairer celle même d'Estienne : aussi bien elle s'en est directement inspirée. Disons plus : Claude Fauchet a fait des emprunts d'idées et d'exemples à son devancier ; il a même réédité ou, si Ton veut, M arrangé » dans VOrigine^ à propos du roman d'Alexandre, trois grandes pages de la Précellence^ et sans nommer Henri Estienne ^.
Que Claude Fauchet n'ait ajouté sur la langue elle-même des remarques curieuses à celles qu'il a reproduites, nous ne le nions pas, mais c'est en suivant les traces du livre de la Précellence : nous en donnerons d'autres exemples dans le cours de cette étude ^. S'il tait le nom de Henri Estienne, Fauchet nomme a maistre Estienne Pasquier éloquent advocat en la cour de Parlement » qui lui avait prêté un « vieux livre ^ ».